Des centaines de personnes se sont rassemblées hier soir sur le parvis du Trocadéro à Paris dans le cadre d’une « vague blanche » organisée dans toute la France pour réclamer l’arrêt des massacres en Syrie. Mehdi Fedouach/AFP
Les troupes gouvernementales syriennes ont bombardé hier plusieurs villes du pays malgré la présence d’observateurs de l’ONU. Au moins 77 personnes ont ainsi péri dans le pays, selon la chaîne satellitaire al-Jazira en dépit d’un cessez-le-feu entré en vigueur jeudi 12 avril, conformément au plan de paix de l’émissaire international Kofi Annan.
Quatre civils ont été mortellement touchés par les forces gouvernementales dans la région d’Idleb et trois ont péri dans la province de Deraa dans des bombardements sur la localité de Basr al-Harir, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Depuis l’aube, cette localité et la région d’al-Loujat, où sont retranchés des centaines de rebelles, sont visés par des « tirs à la mitrailleuse lourde et des bombardements », selon les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la mobilisation sur le terrain. À Homs, les quartiers al-Khaldiyé et Bayada ont été également bombardés, a indiqué l’OSDH.
Le cessez-le-feu semblait ainsi de plus en plus fragile, faisant douter les pays occidentaux de la volonté du président syrien d’appliquer le plan Annan. Depuis le début de la révolte populaire contre son régime en mars 2011, plus de 11 100 personnes ont été tuées dans les violences, selon l’OSDH.
Dans ce contexte, les observateurs, au nombre de huit désormais, poursuivaient leur mission pour la deuxième journée. « Les voitures des observateurs sont arrivées à Deraa, accompagnées des véhicules de l’armée », ont précisé les LCC. Le colonel Ahmad Himmiche, qui dirige la délégation, n’a pas caché que sa mission était « difficile ».
L’avenir de cette mission pourrait être compromis selon des diplomates à New York, car les observateurs n’ont pas encore obtenu l’accord du gouvernement syrien sur un « protocole » leur permettant de circuler dans tout le pays. Si la situation ne se débloque pas avant la fin de la semaine, « nous ne passerons pas à l’étape suivante qui est d’autoriser la mission complète (de 250 hommes environ) à se déployer », a affirmé un diplomate du Conseil de sécurité. Le Conseil doit adopter une nouvelle résolution pour autoriser le déploiement complet de la mission.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon doit rendre compte aujourd’hui au Conseil du travail des premiers observateurs, et le médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan doit s’adresser au Conseil de sécurité avant la fin de la semaine. Ban Ki-moon a exhorté Damas à garantir une liberté totale de mouvement aux observateurs, et mentionné des besoins en avions et hélicoptères pour leur transport. L’Union européenne s’est dit quant à elle prête à fournir tout le soutien matériel nécessaire à la mission d’observateurs.
Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a accusé le régime de procéder à des « violations flagrantes du cessez-le-feu » et appelé les observateurs à « se rendre tout de suite à Idleb et à Homs pour qu’ils découvrent (...) les tueries que le régime n’a jamais cessé de commettre ». Parallèlement, des militants antirégime ont conseillé à leurs concitoyens de préparer la visite des observateurs, notamment en désignant des interlocuteurs pour transmettre leur point de vue et en rédigeant des doléances écrites.
Selon le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad ben Jassam al-Thani, il n’y a « aucun progrès » dans l’application du plan Annan, et la presse qatarie, proche des autorités, a appelé à une intervention militaire arabe. Il a en outre déploré l’absence de « changement crucial » dans l’attitude du régime de Damas. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a reconnu pour sa part que le cessez-le-feu était « fragile » et estimé, sans les nommer, que « certains » pays souhaitaient un échec du plan Annan. Les États-Unis ont estimé de leur côté que la poursuite des violences était « inacceptable » et demandé au président Assad de faire davantage pour mettre en œuvre le plan de paix. « Cette érosion (de la situation) est inacceptable. (...) La responsabilité en incombe au régime. Il doit respecter sa part du marché » comme le fait l’opposition, a déclaré Mark Toner, porte-parole du département d’État.
Par ailleurs, la France a invité une dizaine de ministres des Affaires étrangères à participer à une réunion jeudi à Paris pour évoquer la situation en Syrie et « maintenir la pression » sur Damas, a indiqué une source gouvernementale.
Côté syrien, le ministre des Affaires étrangères Wallid Moallem sera reçu à Pékin aujourd’hui, a annoncé le ministère chinois des Affaires étrangères.
Par ailleurs, huit jihadistes sunnites ont été arrêtés en Jordanie alors qu’ils tentaient de traverser la frontière avec la Syrie pour y combattre les forces du régime du président Bachar el-Assad, a indiqué hier un haut responsable salafiste jordanien.
Enfin, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a réclamé des explications au régime Assad sur le sort de deux journalistes turcs disparus en Syrie depuis plus d’un mois, et retenus selon lui par les forces de sécurité syriennes.
Quatre civils ont été mortellement touchés par les forces gouvernementales dans la région d’Idleb et trois ont péri dans la province de Deraa dans des bombardements sur la localité de Basr al-Harir, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Depuis l’aube, cette localité et la région d’al-Loujat, où sont retranchés des centaines de rebelles, sont visés par des « tirs à la mitrailleuse lourde et des bombardements », selon les Comités locaux...



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