Le tout est de savoir tuer le temps avant qu’il ne nous tue. Le temps d’abord de voir comment tournera la bouillabaisse syrienne, le temps aussi que Kofi Annan digère les boas constrictors que Bachar el-Assad lui a donné à avaler, et qu’il découvre que les promesses du Thon de Damas ne valaient pas leur pesant de pistaches d’Alep.
Nos thons domestiques peuvent, quant à eux, s’adonner à leur passe-temps favori : Mikou contre Barbichu, islamistes chiites contre salafistes sunnites dans un frisottis de poils en bataille, le Tondu de Meerab et ses pendentifs contre l’Agrume de Rabieh et ses colifichets... S’invectivant sans cesse, les personnages prennent des poses. L’attitude est leur seconde nature. On les écoute déblatérer, on se dit que 26 lettres pour un alphabet, c’est beaucoup trop pour ces intermittents du neurone, au vu de l’usage rudimentaire qu’ils en font.
En attendant, comment fait-on pour empêcher une population de créer et produire ? La recette est on ne peut plus simple : on la laisse mijoter quelques semaines sans électricité, puis on lui refile le jus d’électrons par saccades en jurant que la bretelle de haute tension de Aïn Najem est indispensable à son bonheur. On laisse souffler un peu, puis on coupe l’eau au motif de l’entretien du chauffe-bain qui sert de réseau hydraulique. Là, le populo oublie l’électricité prostatique et supplie qu’on lui ramène la flotte. C’est ce moment qu’on choisira pour siphonner l’essence au prétexte qu’elle est chère et pousser au retour des bahuts au gazogène de grand-pépé. Le vulgaire est alors à point : il est dans le noir, transpire comme un goret et vagit prostré auprès de sa bagnole asséchée.
Tout n’est finalement qu’une question de temps. Et chez nous, le temps s’écoule peinard comme le jus qui ruisselle d’un bifteck avarié. Alors pourquoi s’en faire, puisque chaque semaine amène son paquet de nœuds, agite l’ahuri de base et améliore son ordinaire, pour le plus grand bonheur des tenants du sous-développement durable et de l’assassinat équitable...
C’était notre contribution hebdomadaire au moral de la population.
gabynasr@lorientlejour.com


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Superbe Gaby Nasr.
12 h 30, le 13 avril 2012