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À La Une - Tentative D’Assassinat

Attentat contre Geagea : les écoutes au centre d’une nouvelle polémique

L’attaque visait « la résistance à la tyrannie », affirment les FL.

Le chef des FL, Samir Geagea, au cours de la conférence de presse qu’il a tenue mercredi, quelques heures après la tentative d’assassinat contre sa personne. Photo Aldo Ayoub

La polémique sur les données des écoutes téléphoniques a ressurgi ces deux derniers jours, à la suite de l’attentat manqué, mercredi à Meerab, contre le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, alors que celui-ci continuait à recevoir des témoignages de sympathie de personnalités libanaises et étrangères.
Le ministre des Télécoms, Nicolas Sehnaoui, a pour la seconde journée consécutive démenti avoir soustrait ces données, protestant de son respect de la loi et affirmant que la décision de les transmettre « n’est pas de la responsabilité » de son ministère.


Réunis jeudi soir sous l’égide de M. Geagea, des membres du conseil central du parti des FL se sont interrogés sur « un éventuel lien entre la tentative d’assassinat et la décision (du ministre des Télécoms) de soustraire les données des écoutes téléphoniques aux forces de l’ordre – armée et FSI – depuis le 15 janvier dernier », selon un communiqué des FL.

 

« Certains ont posé la question de savoir si, de façon délibérée ou par inadvertance, ce fait n’aidait pas les auteurs de l’attentat », ajoute le texte, sans cependant aller plus loin.


De son côté, le député Ahmad Fatfat, membre du bloc du Futur, a estimé qu’il existe « une grande responsabilité dans la décision de soustraire les données des écoutes aux services de sécurité ». « Transmettre ces données est l’unique moyen de traiter les affaires d’assassinat, mais le ministre des Télécoms insiste quand même pour les soustraire », a ajouté M. Fatfat, jugeant « étrange de constater que ces données étaient soustraites en ce moment précis ». « Que se serait-il passé si la tentative d’assassinat avait réussi ? » s’est-il demandé.


Selon lui, « dans tous les pays du monde, les données des écoutes téléphoniques sont à la disposition des services de sécurité. Une responsabilité morale est donc imputable à celui qui, au Liban, prend cette affaire à la légère ».
Pour sa part, le député de Batroun, Boutros Harb, a souligné la nécessité de fournir aux services de sécurité « toutes les informations dont ils auraient besoin afin qu’ils puissent enquêter sur un crime de cette importance ». M. Harb a d’autre part fait remarquer que « la confirmation de la tentative d’assassinat de M. Geagea par le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, met un terme à toutes les rumeurs et allégations niant la véracité des faits ou tentant de les minimiser ».


Cela n’a pas empêché l’ancien ministre Abdel Rahim Mrad de déclarer qu’il n’était « pas en mesure de dire si ce qui s’est passé était une tentative d’assassinat ou pas. Il faut attendre la décision de la justice à ce sujet », a-t-il dit.
Allant nettement plus loin, Moustapha Hamdane, patron des Mourabitoun indépendants et ancien chef de la garde républicaine sous le mandat d’Émile Lahoud, s’est carrément gaussé de l’affaire, la qualifiant de « scénario de long métrage américain, sous le titre de la Panthère rose 2012 ».


Pour en revenir à la réunion du conseil central des FL, les personnes réunies ont estimé que l’attentat « ne se résumait pas à une tentative d’assassinat d’un individu ou à une attaque contre une formation politique. Il visait plutôt une politique de fermeté et de résistance contre la tyrannie. De ce fait, il s’agissait d’un complot contre les libertés au Liban et contre le système démocratique » de ce pays.


« On cherchait à modifier l’équation intérieure et à se débarrasser des forces souverainistes et indépendantistes en mesure de sauver le Liban et d’y refonder le projet de mise sur pied de l’État », poursuit le communiqué des FL.
« Le Liban est entré dans une phase dangereuse car celui qui a échoué dans cette tentative hautement professionnelle n’hésitera pas à en lancer d’autres, d’autant que ses nerfs flanchent jour après jour face (...) à la capacité de résistance des jeunes Libanais et Arabes », poursuit le texte, soulignant que « la façon de traiter avec cet événement sera un test délicat pour le pouvoir libanais et son rôle dans la protection du système démocratique libre et de la liberté de l’action politique ».


Du côté du bloc de la Réforme et du Changement, le député Nehmetallah Abi Nasr a condamné hier « l’agression subie par le chef des FL » et a déclaré se ranger « aux côtés des libertés dans la vie politique ». « Les ennemis du Liban, quels qu’ils soient, sont les bénéficiaires de l’agression contre Samir Geagea », a ajouté M. Abi Nasr.
Son collègue Farid el-Khazen a, quant à lui, émis des doutes quant à la possibilité d’un retour du Liban à sa situation antérieure de scène de règlements de comptes sur le plan de la sécurité. « Il y a aujourd’hui d’autres scènes de ce genre, comme la Syrie », a-t-il souligné, tout en n’écartant pas totalement la présence de risques au Liban.

La polémique sur les données des écoutes téléphoniques a ressurgi ces deux derniers jours, à la suite de l’attentat manqué, mercredi à Meerab, contre le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, alors que celui-ci continuait à recevoir des témoignages de sympathie de personnalités libanaises et étrangères.Le ministre des Télécoms, Nicolas Sehnaoui, a pour la seconde journée consécutive démenti avoir soustrait ces données, protestant de son respect de la loi et affirmant que la décision de les transmettre « n’est pas de la responsabilité » de son ministère.
Réunis jeudi soir sous l’égide de M. Geagea, des membres du conseil central du parti des FL se sont interrogés sur « un éventuel lien entre la tentative d’assassinat et la décision (du ministre des Télécoms) de soustraire les données des...
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