De la même manière qu’il n’y a pas de fumée sans feu, il n’y a pas de barbe sans islamiste. Il est fascinant de constater comment il suffit parfois d’une paillasse faciale bien fournie, de quelques mugissements pseudo-théologiques et d’un chœur de quelques vociférateurs pour ramener un pays 50 ans en arrière.
Au Liban, à n’en pas douter, il y a désormais un avant et un après Ahmad al-Assir. De toutes les farces politiques qui se jouent chez nous, la sienne est en tout cas la plus réussie. Archétype du cheikh grognon et trublion, le bonhomme tient les médias par son faciès farouche et quelques agités sous les semelles de ses babouches. C’est un excité comme on les aime, fumant Dieu directement sans filtre, fanfaron et rigolo au dernier degré.
Élevé dans les cordes du oud par un père mélomane, il préfère les notes musicales échappées des cithares divines et s’en va lancer une OPA sur une mosquée de Saïda, qu’il fait aussitôt tourner à son propre compte. Un solide fonds de commerce qui vaut certainement tous les cursus universitaires.
Saad Hariri parti, Ahmad rêve de remplir le vide, mais la concurrence est rude et le pedigree du cheikhillon un peu court. Les séances de calinothérapie entreprises en direction du courant du Futur n’ayant rien donné, le jeune enturbanné emprunte la voie traditionnelle des déjantés arrivistes du monde arabe : le verbe ronflant, au milieu des gueux applaudisseurs.
Profondément vexé d’avoir été snobé par les moustachus-barbichus de Koraytem, il use et abuse d’un verbiage islamiste usé jusqu’à la corde : les élections, c’est péché ; les femmes, c’est péché ; le cinéma, c’est péché... Le tout débité dans un sabir bien à lui, dépourvu de toute syllabe étrangère, probablement parce qu’aux yeux de ce cheikh basique, les diplômes, c’est aussi péché... Un moment, il avait même pensé interdire les chrétiens, mais a dû y renoncer face aux éclats de rire.
Bref, la manif d’Ahmad al-Assir était censée faire des vagues, elle n’a provoqué qu’un clapotis. Et pour cause : l’individu est un peu trop barbu et son programme beaucoup trop barbant.
gabynasr@lorientlejour.com


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Mon cher Gaby Chez nous revenir 50 ans en arriere serait une aubaine, & non une catastrophe... Il y a 50 ans on ne souffrait pas encore de ces maux qui a present sont des maux incontournables, & non guerrissables! MJT
08 h 44, le 09 mars 2012