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Nos lecteurs ont la parole

Les défis du printemps arabe

Alia BERTI ZEIN
La dénomination de printemps arabe, de prime abord fascinante, paraît plutôt inadéquate au vu des milliers de victimes qui ont payé de leur vie un vaste mouvement, pacifique à l’origine, entamé par de jeunes intellectuels en quête de justice, de dignité, de liberté, de démocratie et de respect des droits de l’homme.
Étouffés et méconnus par des régimes tyranniques depuis des décennies, mais soutenus et encouragés par la nouvelle technologie leur offrant des sites d’ouverture et de communication à travers ses réseaux sociaux, ces révoltés ont réussi à surprendre et à faire éclater des systèmes rigides bien ancrés et nullement préparés à de tels soulèvements.
Ce qui explique le désarroi et le chaos qui s’ensuivirent.
Tout d’abord, l’apparition au grand jour de partis islamistes, longtemps endigués par des régimes totalitaires, se défoulant en masse, bousculant le but initial des réclamations légitimes et le transformant en mouvement religieux fondamentaliste de plus en plus extrémiste qui suscite une répression sanglante ayant abouti à des massacres et des tueries
Les résultats des premières élections en Libye, en Tunisie et en Égypte ont permis l’émergence d’intégristes, qui se sont précipités dès la première heure pour déclarer ouvertement leur attachement aux sources immuables de la religion, usant de la démagogie pour haranguer une foule effervescente, passant outre toute évolution du statut familial et prétendant consacrer à nouveau la polygamie, l’excision, le port du voile et le statut de femme au foyer ramenée à un état de soumission totale à l’égard de l’homme.
Au-delà de l’euphorie ambiante du printemps arabe, on perçoit clairement les prémices du déclin des droits de la femme arabe, partiellement obtenus après des dizaines d’années de luttes et de militantisme continus pour la faire accéder au rang d’être humain à part entière.
Les conventions internationales ratifiées par tous les États arabes, censées garantir les droits de la femme, seront-elles vidées de leur contenu par des réserves générales à l’égard de toute disposition en contradiction avec la charia, conformément à l’attitude de certains pays arabes profondément religieux ?
Comment peut-on punir la femme au nom de la religion ?
Alors qu’elle était présente dans la marche vers la libération, la femme a aussi bien risqué sa vie pour lutter contre l’oppression, à égalité avec l’homme. Il est inacceptable qu’au bout du chemin elle soit amputée de ses droits fondamentaux au nom de certains préceptes religieux mal interprétés.
Le printemps arabe, ovationné par des centaines de milliers d’opposants, finira-t-il par devenir l’automne des droits de la femme arabe et la fin de la reconnaissance de la Charte des droits humains dans cette région du monde ? Ou bien l’avenir réussira-t-il à démentir ces appréhensions en devenant plus juste, plus tolérant et plus pacifique ?

Alia BERTI ZEIN
La dénomination de printemps arabe, de prime abord fascinante, paraît plutôt inadéquate au vu des milliers de victimes qui ont payé de leur vie un vaste mouvement, pacifique à l’origine, entamé par de jeunes intellectuels en quête de justice, de dignité, de liberté, de démocratie et de respect des droits de l’homme.Étouffés et méconnus par des régimes tyranniques depuis des décennies, mais soutenus et encouragés par la nouvelle technologie leur offrant des sites d’ouverture et de communication à travers ses réseaux sociaux, ces révoltés ont réussi à surprendre et à faire éclater des systèmes rigides bien ancrés et nullement préparés à de tels soulèvements.Ce qui explique le désarroi et le chaos qui s’ensuivirent.Tout d’abord, l’apparition au grand jour de partis islamistes, longtemps endigués...
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