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Jean Claude Boulos, le jongleur de mots, n’est plus

Disparition Jean Claude Boulos, JCB pour les proches, homme de télévision, jongleur de mots, d’idées et homme de publicité, est décédé hier matin, à l’âge de 78 ans. Né à Iskenderun, en Turquie, le 13 avril 1934, Jean Claude Boulos a vécu les plus belles années de la télévision et de la publicité libanaises.
OLJ
05/03/2012

Rien pourtant ne le prédestinait à une carrière d’« exhibitionniste », comme il se plaisait à la qualifier. Rien, si ce n’est un talent d’acteur inné, un penchant pour la parodie et la chanson, et l’amour du spectacle.
Détenteur d’un diplôme d’ingénieur civil de l’École supérieure d’ingénieurs de Beyrouth (ESIB), Jean Claude Boulos travaille au ministère des Travaux publics, se transformant la nuit, passion oblige, en animateur dans une boîte en vogue, le « Flamenco ».


Difficile pourtant d’allier ces deux mondes aux rythmes si différents. Le compromis idéal arrive en 1958. Le PDG de la Compagnie libanaise de télévision lui propose de devenir « ingénieur de la télévision ». Sa tâche : superviser les travaux de ce bâtiment en construction, durant un an. Puis lui donner une âme, « faire de la télévision ». JCB accepte. D’ingénieur surveillant tous les détails de la construction, il devient « commercial », avant d’être nommé directeur des programmes, à l’âge de 25 ans. Il va concevoir, mais aussi présenter des émissions, car personne ne peut mieux que lui jouer avec ses mots.


Le 28 mai 1959, la télévision prend vie, diffusant pour la première fois au Liban l’image en noir et blanc d’une inconnue, Najwa Kazaoun. JCB la rejoindra rapidement, pour animer sa première émission de divertissement, Let’s have a party, et de jeux, Quel est mon jeu ?


Durant de nombreuses années, il s’amusera à faire jouer et chanter le public du petit écran. De Pêle-mêle, en 1960, à Ailat 75, en passant par Le Grand Jeu, Visez juste, Le vrai divertissement, Malaeb 1982, Olympiades et bien d’autres. Des programmes qu’il présentera seul, avec son compère Gaston Chikhani et plus tard avec sa fille, Josyane. On se souviendra surtout de nombreux duos et une « manière de faire à la française ».

La publicité et l’écriture
En 1961, Jean Claude épouse Blanche Kiwan dont il aura trois enfants, Josyane, Naji et Myrna. Le 31 mars 1970, il quitte la CLT, tout en poursuivant la production d’émissions télévisées. Trois ans plus tard, JCB se tourne vers la publicité, un monde encore vierge au Liban et une « suite logique » à sa carrière télévisée. Il fonde avec sa femme une société de régie publicitaire, Inter Régie, devenue plus tard agence. « Je n’ai pu faire de la publicité que par le biais de la télévision qui m’a offert la facilité du contact, surtout au début », avait-il déclaré. Mais la concurrence se fait de plus en plus grande, ainsi que la nécessité d’insuffler un air nouveau. Son fils Naji rejoint l’équipe en 1993, après des études en marketing et une expérience professionnelle de sept ans en France.


Son nom est étroitement lié à celui de l’IAA (International Advertising Association) dont il présidera le chapitre libanais à quatre reprises (1986, 1991, 1993 et 1999). Il sera élu vice-président - directeur régional pour le Moyen-Orient et l’Afrique en 1996 et 1998. En 2000, il est nommé vice-président - président mondial de l’IAA, et en 2002, il est élu président mondial de l’IAA pour un mandat de deux ans. En 2008, au cours du congrès mondial de l’IAA qui s’est tenu à Washington DC, le Prix Samir Fares lui a été décerné, en récompense de sa longue carrière au service de la communication publicitaire et dans les médias.


Il fut le fondateur de la télévision irakienne Alsumaria.


Jean Claude Boulos est détenteur du titre d’officier de l’ordre des Arts et des Lettres du gouvernement français (en 1998) et des insignes de chevalier de l’ordre du Cèdre (en 2004).


Jean Claude Boulos, qui a collaboré pendant plusieurs années avec L’Orient-Le Jour, compte à son actif plusieurs ouvrages, notamment Amertumes (1990), La télé, quelle histoire ! (1997), La télé, quel enfer ! (2007) et Recueils : œuvre d’une vie en huit volumes (2010) qui regroupe tous ses écrits (poèmes, articles, blogs, sketches...).
« À cet auteur d’une œuvre qui est un hommage à la liberté de parole, de pensée et d’action, à cet ingénieur tout court, je dis : “Bravo l’artiste ! ”. » Des mots écrits par Ghassan Tuéni dans la préface de l’un des volumes.

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