Et si jamais on ne possède pas un BB ou un Smartphone, on ne fait pas de chatting sur WhatsApp (il y a aussi le Viber, le Tango et bientôt d’autres), on ne « tweete » pas à chaque seconde en se déplaçant d’une chambre à une autre, on ne se prend pas de photos et on ne fait pas de commentaires durant toute la journée sur Facebook, on n’est pas fan de tel acteur populaire ou de telle actrice sexy, on ne fume pas, on ne reçoit pas des injections d’acide hyaluronique et de botox après la trentaine (et même avant), si on ne passe pas chaque samedi soir au DT, à Gemmayzé ou à Hamra, on ne fait pas de « full make-up » avant même de s’habiller. Et si jamais on n’assiste pas au mariage de la cousine de ma cousine, on ne porte pas de noir pendant un deuil, on n’aime pas le rose si on est femme (car le rose est pour le féminin et le bleu pour le masculin), on ne se marie pas avant 30 ans, on ne prénomme pas son fils du même nom que celui du grand-père (parce que le nom doit rester vivant)... ?
Et si jamais tout le monde ressemblait à tout le monde ?
Le nom n’a jamais fait d’une personne ce qu’elle est réellement. Le noir n’affirme pas que je suis triste et les autres couleurs n’ont irien à voir avec mon chagrin à la suite de la perte d’un être cher.
Regardons autour de nous... Un jeu de dames avec des milliers de pions manipulés.
Le « je » en moi est perdu ; ma particularité se fond dans les clichés. Où est ma singularité dans ce labyrinthe ? On est tellement obsédé par le désir de satisfaire l’autre, de suivre au lieu de s’opposer, d’imiter au lieu d’investir nos potentialités et de stimuler notre créativité, de se consacrer à préserver le prestige et les apparences au lieu de rechercher ce qu’on veut, ce qu’on aime, ce qui nous distingue. On peut ne pas faire tout cela et s’adapter ou faire dans la modération, en se rappelant que l’être humain est singulier, pluridimensionnel, tellement beau qu’on ne peut trouver deux êtres identiques, même chez les superpuissants. Les plasticiens ne sont pas arrivés à « calquer ». On s’adapte en tolérant le désir de l’autre, en respectant ses propres convictions, en tenant compte de la manière dont on s’exprime.
Alors ? On revient à la question posée plus haut. Est-ce vrai que pour s’adapter, il faut être conformiste ? Et si jamais quelqu’un le dit, qui d’autre pourra affirmer que c’est vrai ?
Qui sera le juge ?
Nivine GEAGEA


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