Celui qui applique dans la pratique la politique étrangère est bien le ministre des Affaires étrangères.
Au Liban, il y a 4 millions de ministres des AE, et donc nous ne pouvons nous étonner que ça tiraille de partout. Des déclarations incontrôlées fusent dans tous les sens ;
quelquefois venimeuses et mortelles et ne s’inscrivant dans aucune politique sensée et contrôlée ayant pour but l’intérêt de notre pays.
Encore un secteur complètement incontrôlé, qui ne suit aucune politique claire. Les blocs politiques ont leurs propres commanditaires, la plupart des fois « financiers » et donc « fournisseurs de directives ». Comme les « fournisseurs » ont des intérêts divergents, les positions sont donc opposées et les signaux envoyés à l’extérieur et à l’intérieur donnent la claire image de la division du pays.
Plus dangereux encore, les prises de position « incontrôlées » enveniment les relations avec les tiers, ce qui fait que le Liban subit toujours les conséquences désastreuses de ces prises de position. Nous n’allons pas aller jusqu’à qualifier pareils agissements de trahison, mais au moins d’irresponsables.
Aucune personne, qu’il s’agisse d’un citoyen lambda ou d’un élu de la nation, n’a le droit de mettre le pays en danger. Les relations étrangères doivent suivre une ligne directrice et n’être utilisées que dans le cadre d’une politique générale préparée par l’ultime responsable politique du pays. Mais pouvons-nous parler de règles au Liban alors que les lois sont bafouées tous les jours et que très peu de personnes croient qu’elles sont faites pour eux ?
Comment le Liban pourrait-il trouver la sérénité quand des pays actuellement en confrontation sur la scène régionale dirigent la politique étrangère du pays par procuration, surtout que les enjeux sont aussi importants que la sécurité des pays du Golfe en particulier et celle du Moyen-Orient en général.
Nous voir sortir indemnes du dénouement de cette crise et si elle n’influera pas sur la stabilité du pays relèverait du miracle. Nous retenons notre souffle et nous célébrons des neuvaines à tous les saints pour qu’un tel miracle se produise et que les négociations prennent le dessus sur la folie meurtrière de l’homme dans cette région.
Pour avoir une mince chance de nous en sortir, le dialogue national doit immédiatement être entamé par le président de la République pour réduire l’impact des répercussions des événements actuels sur le Liban, et qu’au moins l’inquiétude en ce qui concerne notre avenir diminue et que nous décelions une petite lueur d’espoir dans le sombre avenir de
la région.
Joseph W. ZOGHBI


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