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Nos lecteurs ont la parole

Je suis indigné...

Par Georges MOUKHEIBER
... Indigné par l’attitude de la communauté chrétienne de Syrie, qui se solidarise avec un pouvoir criminel.
Il s’agit d’un régime despote, au demeurant mis en place par les grandes puissances il y a 49 ans, qui n’a cessé de perpétrer des crimes sur sa population. On compte par centaines de milliers les victimes de ce régime au cours des dernières décennies. Dans ses prisons, pleines de détenus pour délits d’opinion, la torture et la mort sont pratiquées au quotidien sur des individus arrivés là sur simple dénonciation et sans aucune forme de procès.
Un de mes amis a été arrêté en 1978 alors qu’il venait de rentrer après avoir terminé ses études en France, sur dénonciation, dit-on, d’un des agents du régime, soucieux de remplir son quota ; il n’a plus réapparu depuis. D’autres que je connais bien, lors d’une simple visite à leur famille en Syrie, ont subi le même sort. Les plus chanceux d’entre eux ont pu être libérés après y avoir passé dix ans. Moi-même, j’ai eu le « privilège » de visiter leurs geôles alors que j’avais à peine 19 ans.
Les archives d’Amnesty International débordent de dossiers sur la Syrie. Ils ne datent pas d’aujourd’hui et il est aisé pour n’importe qui de les consulter.
Mais alors que se passe-t-il aujourd’hui ? Tous les peuples des pays arabes se soulèvent comme par enchantement, alors que pendant cinquante ans ils étaient soumis et ne manquaient pas la moindre occasion pour élever à cor et à cri leurs tyrans au rang des divinités. Les régimes arabes tombent comme des dominos, au milieu de mises en scène qui ne sont pas sans nous rappeler les chutes successives des régimes est-européens, notamment celui de Roumanie où le jeu théâtral était si mauvais qu’on croyait entendre le souffleur...
Qui étaient ces gouvernants arabes que tout le monde maudit aujourd’hui ? Simplement les meilleurs amis de l’Occident, du moins ils l’étaient naguère : les villégiatures de l’intelligentsia occidentale en Tunisie, les transactions avec la Libye, les accords commerciaux, notamment sur le gaz, avec l’Égypte et qui ont contribué à gonfler la tirelire de son président, Kadhafi accueilli chaleureusement (avec sa tente) à Paris, Assad invité aux festivités du 14 juillet – la Syrie qui n’a manqué aucune occasion pour séduire l’Occident, surtout après la perte de son soutien soviétique. Le monde entier a vu à la télévision Jacques Chirac et Madeleine Albright s’incliner devant la dépouille du plus grand criminel de l’histoire de la Syrie moderne, qui avait cédé à son fils non seulement son trône mais aussi le droit de tuer.
Ils étaient tous les amis de l’Occident. Même Saddam Hussein n’a pas échappé à cette règle jusqu’à la fin de sa guerre contre l’Iran. Tout à coup, ce même Occident se hâte de venir au secours des peuples opprimés. On a déplacé toute une armada multinationale pour frapper la Libye, par amour du peuple libyen sans doute ! On soutient le peuple syrien, alors qu’en 1982 les événements de Hama, qui avaient fait environ 50 000 morts en une seule journée, n’avaient même pas fait le titre des journaux. Il faut croire que la donne a changé. Aujourd’hui, on a toutes les raisons de croire qu’il s’agit d’une mise en place du plan, dont Condoleezza Rice avait laissé échapper l’information, de création du « New Middle East ».
Il a été constaté que depuis trente ans au Moyen-Orient, pas un régime laïc ne s’en est allé sans être remplacé par un régime religieux : l’Iran, la Tunisie, la Libye, l’Égypte et bientôt la Syrie. Oui on s’en doute, mais de là à se solidariser avec les criminels qui ont commis toutes les exactions depuis 49 ans, cela équivaut en Europe à ceux qui ont collaboré avec les nazis par crainte du communisme.
Le projet du « nouveau Moyen-Orient » commence à se dessiner : faire basculer des peuples entiers dans l’obscurantisme religieux, non par un coup d’État comme on faisait jadis, mais par la volonté des peuples grâce à des élections libres.
Toutefois, n’oublions pas que les plus grands crimes contre l’humanité ont été commis par un régime démocratiquement élu en 1933.
... Indigné par l’attitude de la communauté chrétienne de Syrie, qui se solidarise avec un pouvoir criminel.Il s’agit d’un régime despote, au demeurant mis en place par les grandes puissances il y a 49 ans, qui n’a cessé de perpétrer des crimes sur sa population. On compte par centaines de milliers les victimes de ce régime au cours des dernières décennies. Dans ses prisons, pleines de détenus pour délits d’opinion, la torture et la mort sont pratiquées au quotidien sur des individus arrivés là sur simple dénonciation et sans aucune forme de procès.Un de mes amis a été arrêté en 1978 alors qu’il venait de rentrer après avoir terminé ses études en France, sur dénonciation, dit-on, d’un des agents du régime, soucieux de remplir son quota ; il n’a plus réapparu depuis. D’autres que je connais...
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