Double veto au Conseil de sécurité des Nations unies, double permis de tuer octroyé à Bachar el-Assad : l’histoire retiendra qu’en cette triste journée de samedi à l’ONU, deux pays renégats ont soutenu le bourreau contre la victime, ont empêché la légalité internationale de mettre un terme au bain de sang, au crime contre l’humanité commis dans une Syrie martyrisée.
L’histoire retiendra qu’au moment même où la population de Homs était massacrée, où de nouvelles tueries étaient planifiées, deux puissances, prétendument amies des nations asservies, bloquaient toute initiative de sauvetage, donnaient au temps le temps d’accomplir ses ultimes forfaits, accordaient au fils tout loisir de parachever ce que son géniteur avait entamé...
Mais pourquoi donc cette double compromission ? Pour la simple raison que le printemps arabe fait passer des nuits blanches aux dirigeants russes et chinois, que depuis la révolte du Jasmin en Tunisie le parfum de la liberté a des relents de maladie contagieuse. Double compromission parce que les intérêts économiques et stratégiques priment, aux yeux des héritiers de Staline et de Mao, sur les considérations d’ordre banalement humanitaire ou moral...
Inutile de s’attendre à des sursauts de conscience : la Russie de Poutine ne lâchera pas facilement le morceau syrien, n’abandonnera pas les privilèges arrachés depuis des décennies, dut-elle se mettre le monde entier sur le dos, recréer les conditions d’une nouvelle guerre froide avec l’Occident. Chasse gardée : telle est la signification du veto russe opposé au projet de résolution arabo-occidental. Un niet qui a retenti comme une gifle à l’ensemble de la communauté internationale mais qui reflète en même temps le désarroi dans lequel se débat la direction postsoviétique.
Flanqué du chef des renseignements extérieurs de son pays, le ministre russe des AE, Sergueï Lavrov, arrive demain à Damas, porteur d’un projet de « réformes démocratiques » qui, dans le cas d’Assad, ne peut que tomber dans l’oreille d’un sourd. La Russie, pour préserver ses acquis, passera-t-elle alors à la vitesse supérieure, imposant à son protégé un « départ dans l’honneur », une transition au bénéfice d’une relève militaire agréée ?
Difficile dans l’état actuel des choses d’envisager un tel scénario. Trop de sang a coulé, trop de crimes ont été commis. Inévitablement, tôt ou tard, c’est à travers la rébellion que passera la solution. Mais combien d’innocents doivent encore payer de leur vie le prix de la liberté retrouvée ?


"Irrésisstibles", ces quelques résidus Niais qui croient encore aux "Bovidés-alouettes" !
05 h 19, le 07 février 2012