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Moyen Orient et Monde - Drame De Port-Saïd

« Ce n’est pas un incident sportif, mais un massacre militaire »

Violentes manifestations au Caire contre le pouvoir ; les Ikhwan se déchaînent ; limogeages et démissions en chaîne.

Au Caire, des milliers de supporteurs du très populaire club al-Ahly mais aussi des citoyens ordinaires ont défilé hier pour accabler le Conseil suprême des forces armées. « Ceci n’est pas un incident sportif, c’est un massacre militaire », scandait la foule à propos du drame de Port-Saïd. Khaled Desouki/AFP

Les répercussions politiques du drame de Port-Saïd n’ont pas tardé à se faire ressentir, moins de 24 heures après les violences au stade de football qui ont commencé mercredi soir après le coup de sifflet final du match au cours duquel al-Masry, un club de Port-Saïd, a fait subir à al-Ahly, une équipe du Caire, sa première défaite (3-1) de la saison. Des centaines de supporteurs d’al-Masry ont alors envahi le terrain et ont commencé à lancer des pierres et des bouteilles contre ceux d’al-Ahly. Soixante-quatorze personnes ont ainsi été tuées et des centaines d’autres blessées, un bilan qui fait de ce match l’un des plus meurtriers de l’histoire du football. En Allemagne, Mohammad Zidan, seul joueur égyptien évoluant en Bundesliga, s’est déclaré hier consterné par « les nouvelles et les images » provenant de sa ville natale.
Au Caire, des milliers de supporteurs du très populaire club cairote, mais aussi des citoyens ordinaires, ont défilé hier pour accabler le Conseil suprême des forces armées (CSFA) et son chef, Hussein Tantaoui, au pouvoir depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011. « Ceci n’est pas un incident sportif, c’est un massacre militaire », scandait la foule. Les policiers ont tiré des gaz lacrymogènes contre des groupes de manifestants qui lançaient des pierres et tentaient de s’approcher du ministère de l’Intérieur, cible de vives critiques.
En réaction, le Premier ministre Kamal al-Ganzouri, nommé par les militaires, a annoncé le limogeage de la direction de la Fédération égyptienne de football, ainsi que la démission du gouverneur de Port-Saïd et des principaux responsables de la sécurité de cette ville du nord du pays.
De son côté, le chef du Parlement, Saad al-Katatni, issu des Frères musulmans, première force politique du pays, a estimé lors d’une séance houleuse que « la révolution est face à un grand danger ». « Ce massacre est dû à une négligence énorme de la sécurité », a-t-il dit, sans aller jusqu’à demander la chute du gouvernement. Des députés ont en revanche réclamé le « limogeage » du cabinet, en faisant porter au CSFA « l’entière responsabilité » de ces évènements et en l’appelant à partir. Certains députés ont fait une comparaison avec la « bataille des chameaux », un des épisodes les plus violents de la révolte de 2011, lors duquel des partisans de M. Moubarak montés sur des chameaux et des chevaux avaient attaqué des manifestants.

Accusations de « complot » contre la révolution
Pour sa part, le CSFA a décrété un deuil national de trois jours et a tenu une réunion d’urgence pour examiner « les mesures nécessaires » après ces « évènements tragiques ». Le maréchal Tantaoui s’est voulu rassurant, en affirmant que la situation sécuritaire restait « bonne » et que « ce genre de choses peut arriver n’importe où dans le monde ». Mais ces déclarations n’ont pas empêché la colère de monter contre les dirigeants, et nombreux sont ceux en Égypte à évoquer une « conspiration contre la révolution ». « C’est clairement un complot », soutient Mohammad, un habitant de Port-Saïd, où le calme est revenu après que l’armée eut été appelée en renfort pour éviter de nouveaux troubles. « Les soldats ne font rien, laissent les gens passer, la fouille (avant le match) n’est pas faite correctement. C’est clair que c’était préparé d’avance », ajoute-t-il.
Rappelons que les « ultras » d’al-Ahly, groupe de supporteurs parmi les plus fervents et les plus organisés, ont participé à la révolte contre M. Moubarak et ont pris part aux manifestations hostiles à l’armée et la police ces derniers mois, ce qui alimente sur les réseaux sociaux les soupçons d’une « vengeance » à leur encontre. Les Frères musulmans ont accusé les partisans de M. Moubarak d’être responsables des violences.
Au niveau des réactions internationales, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé hier au gouvernement égyptien des « mesures appropriées » en réponse au drame. Il s’est déclaré « attristé » et a présenté ses condoléances aux familles des victimes. Quant à l’Union européenne, elle a demandé l’ouverture d’une « enquête indépendante » pour déterminer les causes des violences.
(Source : AFP)
Les répercussions politiques du drame de Port-Saïd n’ont pas tardé à se faire ressentir, moins de 24 heures après les violences au stade de football qui ont commencé mercredi soir après le coup de sifflet final du match au cours duquel al-Masry, un club de Port-Saïd, a fait subir à al-Ahly, une équipe du Caire, sa première défaite (3-1) de la saison. Des centaines de supporteurs d’al-Masry ont alors envahi le terrain et ont commencé à lancer des pierres et des bouteilles contre ceux d’al-Ahly. Soixante-quatorze personnes ont ainsi été tuées et des centaines d’autres blessées, un bilan qui fait de ce match l’un des plus meurtriers de l’histoire du football. En Allemagne, Mohammad Zidan, seul joueur égyptien évoluant en Bundesliga, s’est déclaré hier consterné par « les nouvelles et les images »...
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