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Moyen Orient et Monde

« Une guerre en crampons », estime le sociologue Jean-Marie Brohm

Interrogé par l’AFP sur le drame de Port-Saïd, Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie et auteur de nombreux ouvrages sur la violence sportive, a estimé qu’« au-delà de la question politique, le football est une guerre en crampons ».
Prié d’évaluer la question politique dans le drame de Port-Saïd, M. Brohm n’a « rien » exclu « dans la mesure où l’Égypte traverse une période troublée où les forces politiques de l’ancien régime et les forces révolutionnaires s’affrontent. On sait que sur tous les terrains de football du monde, les groupes extrémistes manipulent les supporteurs et tentent d’entraîner les foules dans des actions de contestation. Le football est un facteur de troubles sociaux gravissimes, notamment en Égypte », a-t-il rappelé, déplorant l’absence « notoire » de la police à Port-Saïd. Cela suffit-il à expliquer un tel déchaînement de violence ? « Non, ce que je mets en cause, c’est la violence de l’affrontement. Quand vous avez des enjeux de football – et cela dans tous les pays du monde –, les supporteurs en viennent régulièrement aux mains. Et il y a des morts. Dans mon livre Le football, une peste émotionnelle (Gallimard), en collaboration avec Marc Perelman, j’ai listé depuis une vingtaine d’années des cas d’affrontements meurtriers, avec des paniques, tant en Belgique, qu’en Angleterre ou en Biélorussie. C’est la violence du football qui est en cause, avec des supporteurs prêts à en découdre au moindre incident. À Port-Saïd, l’équipe gagnante a battu une équipe réputée et il y a comme ça des règlements de comptes, des haines tenaces. Lorsque le match est heurté, lorsque les enjeux sont serrés, lorsqu’il y a déception ou revanche, avec une sorte de mégalomanie de la victoire, les gens en viennent aux mains », a encore expliqué le sociologue, relevant deux facteurs favorisant ces affrontements. « Il y a “l’effet de meute”. Le regroupement de ces masses excitées et fanatisées ne peut que produire tôt ou tard des déchaînements de violence. C’est l’effet de psychologie de masse. Par ailleurs, tout spectacle de la violence génère de la violence. Avec la mondialisation du football par la télévision, on observe depuis 30 ans une montée de ces phénomènes de violence. Le football est devenu une “guerre en crampons” », a conclu Jean-Marie Brohm.
Interrogé par l’AFP sur le drame de Port-Saïd, Jean-Marie Brohm, professeur émérite de sociologie et auteur de nombreux ouvrages sur la violence sportive, a estimé qu’« au-delà de la question politique, le football est une guerre en crampons ».Prié d’évaluer la question politique dans le drame de Port-Saïd, M. Brohm n’a « rien » exclu « dans la mesure où l’Égypte traverse une période troublée où les forces politiques de l’ancien régime et les forces révolutionnaires s’affrontent. On sait que sur tous les terrains de football du monde, les groupes extrémistes manipulent les supporteurs et tentent d’entraîner les foules dans des actions de contestation. Le football est un facteur de troubles sociaux gravissimes, notamment en Égypte », a-t-il rappelé, déplorant l’absence « notoire » de...
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