22 ans qui n’ont pas vu les espoirs de ces enfants se réaliser mais, bien au contraire, ils ont vu un État se désintégrer, s’effondrer, à l’image de l’immeuble de Fassouh, et de tous les immeubles appelés à s’effondrer à cause de... ?
Toutes sortes de causes... qui amèneront des ponts, des tunnels, des routes, des canalisations, des poteaux électriques à tomber sur la tête des Libanais impuissants...
Je ne suis pas là pour porter un jugement, ni pour nommer des responsables, l’histoire se chargera de le faire. Mais à cause de mon statut d’être humain, je suis là pour lancer un appel afin que l’être humain dans mon pays retrouve le respect dû à un être humain.
Alors que les politiciens, les administrations, les différentes composantes de notre État ont démontré leur impuissance à assurer à l’être humain un minimum de travail, de respect de soi et de dignité, il est temps que nous nous levions, nous Libanais, sans distinction de religion, de confession, de statut social, de région, d’âge, d’appartenance politique, pour restituer au Libanais un minimum de respect de soi.
Sur Facebook, une jeune femme a écrit au lendemain de la tragédie de Fassouh : « Il est important de prier, mais cela n’est pas suffisant... » En effet, après avoir prié, il faut agir car l’action est prière et l’action peut ramener aux Libanais le respect de soi.
Et l’action peut prendre différentes formes, mais en tant que chrétiens, notre prière, notre action doivent tendre à la dignité, au respect de l’homme, fils de Dieu et créé à son image.
C’est pourquoi je crois que l’Église (non les églises et confessions), en vertu de sa vocation humaine et divine à la fois, l’Église doit être le moteur, l’instigateur, la locomotive d’un processus de renouveau du Libanais afin que tous nous retrouvions notre dignité humaine, que tous nous contribuions au développement de l’être humain dans notre pays, développement social, vital, mental. L’Église en effet ne peut rester les bras croisés devant le délabrement de la personne humaine au Liban. L’Église doit et peut unir les âmes de bonne volonté pour remettre sur pied le Libanais, pour lui rendre sa dignité et son estime de soi.
En initiant un dialogue entre toutes les composantes de la société libanaise, les chrétiens et les musulmans, les résidents et les expatriés (qui ont porté haut le nom du Liban à travers le monde), en établissant un plan de travail visant à redonner aux Libanais les valeurs de liberté, de dignité, de respect de soi, de respect de l’autre et du travail bien fait, l’Église aura appliqué les directives de Vatican II (1962) et les recommandations du synode consacré au Liban (1997).
Nous sommes tous des
Libanais.
Tous, toutes les ONG, les associations, les rassemblements, unissons nos efforts pour redonner au Libanais sa dignité humaine. Nous ne pouvons plus rester les bras croisés. Ça suffit !...


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