Bien au-delà du drame de l’immeuble de Fassouh et l’effondrement annoncé de la passerelle-dentelle de Jal el-Dib, pompeusement affublée du qualificatif de « pont », c’est l’application acharnée de ce pays à se déglinguer avec autant de soins qui force l’admiration. À chaque fois qu’une tuile nous tombe sur le ciboulot, c’est pour constater que nos structures et infrastructures sont déstructurées : en hiver les routes inondées, en été les forêts incendiées. Reste l’automne et le printemps, mais patience, ils finiront bien par trouver...
Le tout est de savoir maintenant quelle mise en scène imbécile on va nous monter pour faire passer la pilule. Pour l’heure, le Mikati mi-décati rêve d’avoir les coudées franches pour torcher tranquille ces écuries qui nous servent d’aménagement du territoire. Mais il aura beau vouloir administrer le lavement avec dextérité, associer Michel de Sleimanie et Istiz Nabeuh à la manip, il se trouvera toujours, tapis en embuscade, un ou deux ministres du courant agrume pour lui merdoyer le purgatoire. Sans oublier les bêcheurs et autres rabat-joie, qui viendront jouer les experts judiciaires en pinaillant sur des points de détail dont personne n’a rien à braire. Sale métier !
Bon, qu’avons-nous dans notre benne à ordures ? Comptons ensemble : des bâtisses populaires en ruines qui ne tiennent que par la peinture, un courant électrique parkinsonien, dont des régions entières s’arrachent les câbles pour laver les caleçons et s’électrocuter à l’œil ; une eau courante qui depuis plus de 50 ans flirte dans une allègre osmose avec les canalisations d’égouts ; et pour finir, un téléphone cellulaire dont il ne restera bientôt plus que le vibreur pour nous faire l’économie d’un vibromasseur. Et c’est ce tas d’immondices que l’État – cet objet politique non identifié – veut retaper pour se refaire du gras !
Jamais les installations du pays n’ont paru aussi délabrées que depuis que les Israéliens ont cessé de cogner dessus. Ça valait bien la peine que ces derniers dépensent des fortunes pour nous abreuver de bombes depuis des dizaines d’années, alors qu’ils n’avaient qu’à regarder bêtement les Libanais exercer leur talent.
Interminable bobine d’un film qui se dévide à reculons.
gabynasr@lorientlejour.com


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani
Il ne faut surtout pas s'étonner du " vilain langage " souvent employé par un certain roturier en habits de gentleman, qui nous impose ses balivernes à longueur de journée. Pas une nouveauté pour personne, ICI tout le monde le connait. Marie José Malha
15 h 34, le 20 janvier 2012