Que la République se recueille et fasse silence : une nouvelle expérience est en marche et des neurones orphelins carburent à plein régime. Si l’histoire, dit-on, ne repasse jamais les mêmes plats, chez nous en tout cas elle dégueule salement.
Les vieilles badernes politiques auront ainsi passé deux bonnes semaines à tenter de torcher le gros belon lâché du fond de sa flore trachéenne par le ministre de la Défense, au sujet d’éléments présumés barbus d’el-Qaëda. Tellement présumés d’ailleurs que l’hypothétique hypothèse a viré à la certitude chez ceux qui ne demandaient qu’à y croire. Il est vrai pourtant qu’il n’y a pas de fumée présumée sans feu présumé.
Le temps de digérer l’anaconda, ministres et députés se sont aussitôt lancés dans un verbiage gesticulateur d’où il ressort un scoop selon lequel nous sommes, paraît-il, imperméables à ces OGM islamistes... sauf peut-être s’ils sont cravatés et rasés de près. Le sommet du cirque a été atteint quand Fayez Ghosn a pratiquement avalé son chapeau devant les commissions parlementaires. Comme il est de tradition dans le monde arabe, il s’est courageusement défaussé sur les médias qui auraient, selon lui, sorti sa bafouille de son contexte. Un cliché usé jusqu’à la ficelle.
Pendant que l’opposition lâchait ses pitbulls contre l’infortuné ministre, lequel voulait probablement fanfaronner en montrant qu’il détient des infos inaccessibles au commun des gueux et des manants, son mentor du Nord et ses appendices faisaient bloc et phosphoraient pour lui trouver ce qu’on appelle chez nous un « makhraj ». Une sorte de concept intestinal visant à trouver au gaffeur bavard une « issue honorable ». D’où l’idée largement répandue dans nos régions, qui veut que ce soit toujours au responsable de produire la boulette et que c’est à la piétaille imbécile de la lui récurer. Bienvenue dans le 3e millénaire...
Bref, encore une semaine pour rien ! Ni budget, ni salaires, ni électricité, ni nominations... et une dette en érection préfigurant un priapisme durable.
Qu’il est bon de se sentir gouverné !
gabynasr@lorientlejour.com


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
M. Sabbagha a trouvé un nouveau jeu : remettre les mots dans le bon ordre (je vous charrie bien amicalement).
07 h 41, le 13 janvier 2012