Cette photo tirée d'une vidéo YouTube montre les forces de sécurité syriennes déployées à Damas.
De nombreuses manifestations massives contre le régime du président Bachar al-Assad ont eu lieu vendredi, malgré le déploiement massif des forces de l'ordre syriennes. Des dizaines de milliers de personnes ont notamment défilé à Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Homs, Hama (centre) et Deir Ezzor (est), sous le slogan "la grève de la dignité", en prévision d'une grève générale dimanche, selon des militants et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Selon l’ONG, 24 civils ont été tués, dont quatre enfants, en particulier à Homs.
Dix civils ont été tués à Homs, dont deux enfants de 10 et 12 ans, et un autre, un adolescent de 14 ans, près de cette ville, cinq près de Damas, quatre à Hama, deux dans la province d'Idleb et deux, dont une fillette, à Deraa, où la contestation est née il y a près de neuf mois, a précisé l'OSDH.
Cette association basée au Royaume-Uni a également fait état de "violents affrontements" entre déserteurs et forces gouvernementales à Douma et à Saqba, à 10 km de la capitale.

Cette photo tirée de YouTube montre desmanifestants
brûlant le drapeau russe et un portrait d'Assad,
vendredi à Homs.
De son côté, le Conseil national syrien (CNS), qui réunit la majorité des courants de l'opposition, a dit craindre un "massacre" à Homs, cible d'une répression violente depuis des semaines.
"Toutes les informations, les vidéos, ainsi que les militants sur le terrain affirment que le régime se prépare à commettre un massacre collectif pour faire taire la révolution à Homs, et en faire un exemple pour les autres régions", a affirmé le CNS dans un communiqué.
"Le régime prétexte des incidents confessionnels pour justifier" ses actes, a ajouté le CNS, affirmant qu'à Homs, les forces de l'ordre incendiaient des mosquées, torturaient et tuaient des jeunes, enlevait des femmes et des enfants.
Le CNS fait état également de la présence d'"importants renforts militaires qui encerclent Homs, dont des milliers de soldats, et un nombre incalculable d'engins militaires lourds".
Les Etats-Unis ont fait part de leur "profonde inquiétude" quant à ces informations. "Nous sommes profondément inquiets quant à la tournure des événements à Homs. Selon des informations diffusées aujourd'hui, le gouvernement (syrien) serait en train de préparer un assaut très important et de très grande envergure sur la ville de Homs", a affirmé la porte-parole du département d’Etat Victoria Nuland.
Elle s'est également fait l'écho des appels de la Ligue arabe en direction de Damas pour que le régime permette à des observateurs de la Ligue de se rendre dans le pays. Mme Nuland s'est enfin prononcé pour que la Syrie autorise les journalistes étrangers à entrer sur son territoire.
Le régime de Bachar al-Assad aurait ainsi "l'occasion parfaite de prouver qu'il n'est pas à l'origine des violences, mais il en a décidé autrement", a-t-elle noté. "Dans le cas où cet assaut (contre Homs) aurait lieu, (le gouvernement syrien) ne pourra pas dissimuler les responsabilités".
Sur le plan diplomatique, la Syrie a annoncé vouloir "étudier" une réponse reçue de la Ligue arabe à sa demande de levée des sanctions de l'organisation panarabe pour recevoir des observateurs de la Ligue dans le pays. Si M. Assad est sincère, il "acceptera des observateurs de la Ligue arabe", a déclaré vendredi le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.
Les sanctions, les premières de cette ampleur à l'encontre d'un membre de la Ligue, prévoient notamment un gel des transactions commerciales avec le gouvernement syrien et de ses comptes bancaires dans les pays arabes.
A l'étranger, la Suisse a annoncé avoir allongé la liste des personnes en Syrie faisant l'objet de restrictions de déplacements, en ajoutant 18 noms sur sa liste qui en compte désormais 74.
La Turquie a dit qu'elle allait suspendre à son tour un accord de libre échange avec la Syrie, déjà suspendu par Damas, et prendre des dispositions pour éviter la Syrie dans ses relations commerciales avec le Proche-Orient.
En outre, Paris a annoncé que la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne avaient "obtenu" que la responsable des droits de l'Homme de l'ONU, Navi Pillay, soit entendue par le Conseil de sécurité à propos de la Syrie a priori "mardi".
Le rapport récent d'une commission d'enquête internationale du Conseil des droits de l'Homme "montre que les exactions visent même les enfants et ne connaissent aucune limite", a relevé le ministère français des Affaires étrangères.
Les Européens, France en tête, plaident depuis des mois - mais en vain - pour que le Conseil de sécurité condamne la répression en Syrie.
La répression a fait selon les Nations unies, au moins 4 000 morts, dont plus de 300 enfants, un bilan crédible, a affirmé vendredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon en réponse à des déclarations du président Assad mettant en doute les Nations unies.
"Toutes les informations crédibles disponibles montrent que plus de 4 000 personnes ont été tuées par les forces" syriennes, a insisté M. Ban lors d'une visite dans des camps de réfugiés de Dadaab au Kenya. "Le haut commissaire aux droits de l'homme a été très clair à partir de différentes sources, des sources très crédibles", a-t-il dit devant des journalistes.
Dans un entretien mercredi à la chaîne américaine ABC News, M. Assad avait déclaré n'accorder aucun crédit au bilan de 4 000 morts avancé par les Nations unies. "Qui a dit que l'ONU était une institution crédible?", avait-il lancé. Le dirigeant syrien a également nié toute responsabilité dans la mort de milliers de manifestants dans son pays.
Ces propos ont été sévèrement critiqués par Washington. "Le président Assad est soit "coupé" de la réalité soit "fou", avait affirmé le département d'Etat.
De son côté, Damas a accusé la chaîne américaine d'avoir "délibérément" déformé les propos du président Assad.
Par ses choix de montage, ABC "a délibérément déformé les propos du président Assad" pour présenter la Syrie sous un jour négatif, a déclaré le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdessi, lors d'une conférence de presse. "Je ne sais pas qui a commis l'erreur. La chaîne a (supprimé) de longs extraits de l'interview (...), se contentant d'une réponse" incomplète. "C'est une erreur délibérée, car ils veulent montrer la Syrie à l'opposé de ce qu'elle est en réalité", a poursuivi M. Makdessi.
M. Makdessi a par ailleurs demandé à la communauté internationale et en particulier aux autres pays arabes, de l'aider à trouver une "sortie honorable" à la crise, en faisant cesser le flot d'armes qui arrivent dans le pays.
"Nous voulons que les autres, tous les autres, soutiennent l'évolution de la Syrie, pas la confrontation armée en Syrie", a-t-il insisté. "Si nous travaillons tous ensemble, nous pouvons trouver une sortie honorable à la crise".
Le président syrien Bachar al-Assad est "horrifié" et "attristé" par les violences meurtrières qui secouent le pays depuis près de neuf mois, et il a promis que les responsables devraient rendre des comptes, a assuré M. Makdessi.
Le régime "n'a jamais donné l'instruction claire d'utiliser des balles réelles" contre les manifestants qui se rassemblent presque tous les jours depuis la mi-mars pour réclamer la démocratie.
Selon l’ONG, 24 civils ont été tués, dont quatre enfants, en particulier à Homs. Dix civils ont été tués à Homs, dont deux enfants de 10 et 12 ans, et un autre, un adolescent de 14 ans, près de cette ville, cinq près de Damas, quatre à Hama, deux dans la province d'Idleb et deux, dont une fillette, à Deraa, où la contestation est née il y a près de...



Et, Ali, j'ajouterai : Comprenne qui pourra ! Honni qui mal y pense ! et, béni qui bien y pense ! Anastase Tsiris
06 h 38, le 10 décembre 2011