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À La Une - Révolte

Les opposants syriens en campagne pour la désobéissance civile

Au moins dix civils tués à Homs ; explosion sur un oléoduc.

Une explosion a eu lieu hier sur un oléoduc à l’ouest de Homs. SANA a accusé « un groupe terroriste armé » d’avoir mené « une opération de sabotage », alors que l’opposition a accusé les forces militaires syriennes d’avoir « bombardé l’oléoduc avec un char ».Reuters/SANA/Handout

Les militants prodémocratie en Syrie ont annoncé hier le lancement d’une campagne de désobéissance civile, pour accroître la pression sur le régime de Bachar el-Assad. Sur leur page Facebook « Syrian revolution 2011 », les militants ont demandé aux Syriens de manifester aujourd’hui contre le régime et d’observer dimanche une grève générale. « Nous appelons les employés et les ouvriers dans tous les organismes de l’État à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie à faire grève », ont-ils expliqué. « La grève (...) est un pas vers la désobéissance civile (...) pour couper les moyens financiers du régime avec lesquels il tue nos enfants », ont-ils poursuivi. Les militants appellent à une grève générale dimanche et demandent aux étudiants de ne pas assister aux cours, ont confirmé les Comités locaux de coordination (LCC), qui chapeautent les manifestants sur le terrain.

 

Dans une rare interview accordée à la chaîne américaine ABC News diffusée mercredi, le président Assad a nié toute responsabilité dans la mort de milliers de manifestants. Interpellé sur les propos de M. Assad, le porte-parole du département d’État américain, Mark Toner, a jugé « ridicule » qu’il « ose affirmer qu’il n’exerce pas d’autorité dans son pays ». Dans ce contexte, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont demandé l’audition, par le Conseil de sécurité, de la responsable des droits de l’homme de l’ONU Navi Pillay sur la répression sanglante des manifestations, ont indiqué hier des diplomates à New York. Mme Navi Pillay avait insisté vendredi dernier sur le « besoin urgent » pour la Syrie de « rendre des comptes » pour crimes contre l’humanité. Hier, M. Assad a affirmé que la Syrie, « forte de son peuple et du soutien des peuples amis », « ne modifiera ni ses positions ni ses principes quelles que soient les pressions » exercées sur elle, selon l’agence SANA. Toutefois, le ministère français des Affaires étrangères a déclaré que M. Assad « n’échappera pas à la justice ».

 

 

Médiation irakienne

D’autre part, alors que la diplomatie syrienne a demandé l’annulation pure et simple des sanctions prises le 27 novembre par la Ligue arabe contre Damas en échange de la signature du protocole arabe destiné à protéger les civils, la délégation ministérielle arabe en charge du dossier se réunira demain à Doha afin de donner sa réponse. L’Irak a indiqué de son côté qu’il allait discuter avec son voisin syrien des moyens de « lever tous les obstacles » empêchant la mise en application du plan arabe pour l’arrêt des violences.

 

Ces dernières ne faiblissent pas : hier, au moins 10 civils ont encore péri à Homs sous les tirs des forces du régime, de francs-tireurs ou dans des attaques à l’artillerie, a indiqué l’Organisation syrienne des droits de l’homme (OSDH). Huit autres civils ont été blessés par les agents de sécurité qui « ont tiré aveuglément sur les habitants à Houla », dans la province de Homs, selon la même source. Dans le gouvernorat d’Idleb, un enfant de 10 ans a été blessé lorsque les forces de sécurité ont tiré devant une boulangerie à Maaret al-Noman, où a eu lieu une manifestation d’étudiants appelant au départ du président Assad. Des affrontements se sont également déroulés à Douma près de Damas entre soldats dissidents et forces de sécurité, a précisé l’OSDH. À Deraa, selon la chaîne satellitaire al-Arabiya, les télécommunications et l’électricité ont été coupées en soirée. Par ailleurs, une explosion a eu lieu sur un oléoduc à l’ouest de Homs. SANA a accusé « un groupe terroriste armé » d’avoir mené « une opération de sabotage », alors que les LCC ont accusé les forces militaires syriennes d’avoir « bombardé l’oléoduc avec un char ». C’est le troisième incident visant des infrastructures d’acheminement d’hydrocarbures depuis mars.

 

À Paris, le caricaturiste syrien Ali Ferzat a été désigné un des lauréats 2011 du prix de la Liberté de la presse, attribué conjointement mercredi soir par le quotidien français Le Monde et Reporters sans frontières, qui a souligné que « ses dessins point(aient) du doigt les dérives d’un pouvoir aux abois et encourage(aient) les Syriens à revendiquer leur droit à s’exprimer librement ».

 

Lire aussi : En Syrie, la torture est érigée en "stratégie de gouvernement"

Les militants prodémocratie en Syrie ont annoncé hier le lancement d’une campagne de désobéissance civile, pour accroître la pression sur le régime de Bachar el-Assad. Sur leur page Facebook « Syrian revolution 2011 », les militants ont demandé aux Syriens de manifester aujourd’hui contre le régime et d’observer dimanche une grève générale. « Nous appelons les employés et les ouvriers dans tous les organismes de l’État à l’intérieur et à l’extérieur de la Syrie à faire grève », ont-ils expliqué. « La grève (...) est un pas vers la désobéissance civile (...) pour couper les moyens financiers du régime avec lesquels il tue nos enfants », ont-ils poursuivi. Les militants appellent à une grève générale dimanche et demandent aux étudiants de ne pas assister aux cours, ont confirmé les Comités...
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