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Moyen Orient et Monde - Révolte

Pour Moscou, la condamnation du régime syrien à l’ONU est « inacceptable »

Manifestations massives à travers tout le pays ; au moins 13 tués.

Homs était en ébullition hier, 17 quartiers de la ville ayant manifesté contre le régime de Bachar el-Assad.                   Photo YouTube

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté hier contre Bachar el-Assad aux quatre coins de la Syrie.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les manifestations les plus importantes se sont déroulées dans la région de Homs, principal foyer de la contestation antirégime, et dans la ville de Hama. « Dans 17 quartiers de Homs et dans au moins neuf localités avoisinantes, des dizaines de milliers de personnes ont appelé à la mise en place d’une zone tampon pour assurer leur protection », a précisé le président de l’OSDH Rami Abdel Rahmane, ajoutant que « Hama a connu hier ses plus importantes manifestations depuis l’entrée de l’armée dans cette ville en août » pour mater la contestation.
D’autres manifestations massives ont eu lieu à Alep, Heesh, Kafrsajna, Maarzeita, Lattaquié, Der ez-Zor, Idlib, Qudsaya, Qusayr, Talbissé, Darraya, Qamishli, Darbasiya, Amouda, dans la province de Damas et dans la région de Deraa. « L’ASL me protège, la zone tampon me protège », pouvait-on lire sur une pancarte brandie par un manifestant à Alep, en référence à l’Armée syrienne libre et à la possibilité envisagée par la Turquie de créer une zone tampon à la frontière.
Parallèlement, des marches pro-Assad ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment à Damas et dans les villes côtières de Jablé et Tartous, pour « dénoncer les mesures prises par la Ligue arabe contre la Syrie et rejeter les tentatives d’ingérence dans ses affaires intérieures », selon l’agence de presse officielle SANA.
Les mesures adoptées contre le régime de Damas ne semblent cependant pas avoir réussi à faire cesser les violences qui ont fait au moins 13 nouvelles victimes civiles, selon la chaîne de télévision al-Arabiya.
Ainsi, à Homs, une femme et un homme âgé ont été tués et 18 autres personnes ont été blessées par des tirs des forces de sécurité à des points de contrôle, selon l’OSDH, qui a fait état de « dissensions entre militaires ». À Hama, plus au nord, un homme de 35 ans a péri sous les balles d’un franc-tireur, a indiqué la même source qui fait état aussi de la mort d’un homme, tué par les tirs des forces gouvernementales à Saraqeb (région d’Idleb) et d’un autre à Deir Atiyyé (région de Damas).
Les opposants ont en outre indiqué que les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des manifestations notamment à Zamalka, Nahr Aïcha, Rastan, Khaldiyeh, Alep, Douma, Abou Kamel, tandis que Baraza a été prise d’assaut et que les chabbiha ont brûlé plusieurs maisons à Tall Kalakh.
Face à ces violences, le chef du Conseil national syrien (CNS) Burhan Ghalioun a estimé, depuis Sofia, que « seule une action collective de la communauté internationale est capable de persuader la mafia syrienne, qui est aujourd’hui au pouvoir, de quitter le pays ou de céder devant la lutte du peuple syrien. Ce qui est important aujourd’hui c’est que cette aide internationale devienne de plus en plus concrète ».

Le Conseil des droits de l’homme entérine la résolution
Sur le plan diplomatique, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a condamné hier le régime de Damas pour les atrocités commises, avec au moins 4 000 personnes dont plus de 300 enfants morts aux mains des forces de sécurité. « La répression brutale » des autorités syriennes, « si on n’y met pas un terme maintenant », peut plonger le pays dans « une guerre civile à part entière », a averti Navi Pillay, haut commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU, à l’ouverture d’une session extraordinaire du Conseil.
Dans une résolution adoptée par l’écrasante majorité de ses 47 membres – 37 voix pour, six absentions et quatre voix contre, à savoir Cuba, la Russie, l’Équateur et la Chine –, le Conseil a donc endossé les recommandations de la commission internationale d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme. Elle a en conséquence décidé de transmettre son rapport au secrétaire général de l’ONU et à tous les organes pertinents de l’ONU pour prendre les mesures adéquates.
M. Pillay a également plaidé auprès de la communauté internationale pour la protection de la population syrienne, évoquant le rapport accablant de la commission d’enquête faisant état de crimes contre l’humanité. Relevant qu’un premier rapport de la commission de l’ONU avait conclu que des crimes contre l’humanité pourraient avoir été commis en Syrie, il a dit « encourager le Conseil de sécurité » à faire un rapport sur la situation en Syrie devant la Cour pénale internationale (CPI).
La résolution demande en outre la création d’un mandat de Rapporteur spécial des droits de l’homme. Toutefois, une référence explicite à l’Assemblée générale de l’ONU et au Conseil de sécurité a été retirée du projet initial de résolution.
Dans un communiqué, le ministère russe des Affaires étrangères avertit que « les positions (exprimées) dans le document, qui émettent d’une manière voilée la possibilité d’une intervention militaire étrangère sous prétexte de défendre la population de Syrie, sont inacceptables ». L’ambassadeur russe Valéri Lochtchinine a, pour sa part, dénoncé un texte « unilatéral et politisé » qui « outrepasse le mandat du Conseil », jugeant la résolution « partiale ».
La France a de son côté salué l’adoption de la résolution et a appelé « à ce que toutes les suites soient données rapidement à cette résolution ». Mais l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch considère que les actions du Conseil sont « bien en deçà de ce qui est nécessaire », regrettant notamment que le Conseil « ne soit pas allé jusqu’à chercher le soutien du Conseil de sécurité pour que les experts de la commission puissent entrer en Syrie ».
Le vice-président américain Joe Biden, en visite en Turquie, a quant à lui sommé le président Assad de quitter le pouvoir afin de permettre une « transition pacifique » et a salué la fermeté d’Ankara à l’égard de Damas.

Pétrole, ministres, médias... la liste des sanctionnés par l’UE s’allonge
Par ailleurs, rappelons que l’UE avait annoncé jeudi de nouvelles sanctions contre 12 personnes et 11 sociétés en raison de la poursuite de la répression. Selon la nouvelle liste qui a été publiée hier dans le Journal officiel de l’UE, sont notamment concernés les ministres des Finances, Mohammad al-Jleilati, de l’Économie et du Commerce, Mohammad Nidal al-Shaar, ainsi que plusieurs haut gradés de l’armée « impliqués dans les violences commises à Homs », dont le général Fahid al-Jassim, chef d’état-major.
La « liste noire » touche également le secteur pétrolier, avec deux sociétés d’État chargées de l’exploitation et de l’exportation (General Petroleum Corporation, Syria Trading Oil Company), et l’entreprise commune al-Furat Petroleum Company, qui « apportent un soutien financier au régime ».
Les sanctions touchent en outre le Centre d’études et de recherches syrien (CERS) et cinq sociétés écrans travaillant avec cet organisme qui acquiert « du matériel servant directement à la surveillance et à la répression des manifestants ».
Les Européens ont aussi ciblé al-Watan, l’unique quotidien politique privé, ainsi que Cham Press TV, tous deux accusés de « désinformation » et d’« incitation à la violence contre les manifestants ». Paradoxalement, les trois journaux gouvernementaux Techrine, al-Baas et as-Saoura n’ont pas subi la même sanction.
Suite à la liste européenne, le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell a annoncé que « nous allons cesser nos activités en Syrie afin de nous conformer aux sanctions ». Peu après cette annonce, Total a indiqué que les nouvelles sanctions européennes avaient un « impact » sur ses activités en Syrie, mais que celles-ci se poursuivaient.
(Sources : agences et rédaction)
Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté hier contre Bachar el-Assad aux quatre coins de la Syrie.Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les manifestations les plus importantes se sont déroulées dans la région de Homs, principal foyer de la contestation antirégime, et dans la ville de Hama. « Dans 17 quartiers de Homs et dans au moins neuf localités avoisinantes, des dizaines de milliers de personnes ont appelé à la mise en place d’une zone tampon pour assurer leur protection », a précisé le président de l’OSDH Rami Abdel Rahmane, ajoutant que « Hama a connu hier ses plus importantes manifestations depuis l’entrée de l’armée dans cette ville en août » pour mater la contestation.D’autres manifestations massives ont eu lieu à Alep, Heesh, Kafrsajna, Maarzeita, Lattaquié,...
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