Rappelons qu’en novembre, l’ASL avait mis sur pied un conseil militaire composé de neuf officiers déserteurs, dirigé par le colonel Assaad. Ils avaient alors promulgué une déclaration par laquelle ils s’engagent à protéger les manifestants pacifiques, « à faire tomber le régime et à protéger la population de la répression (...) ainsi qu’à empêcher que le chaos s’installe lorsque le régime tombera ».
Des groupes d’insoumis avaient ainsi attaqué et détruit le mois dernier des éléments d’un convoi blindé dans la province de Deraa, tiré sur un édifice des services de renseignements dans la banlieue de Damas et tué six pilotes dans une base de l’armée de l’air. Jeudi, ils ont abattu huit personnes au cours d’une fusillade qui les a opposés pendant trois heures aux forces de sécurité, dans un centre des services de renseignements de la province d’Idlib.
Selon le colonel Assaad, l’augmentation des attaques répond à l’intensification de la répression militaire. « Depuis des mois, les forces du régime n’ont pas pénétré dans une ville ou dans un village sans ouvrir le feu contre la population, au fusil ou avec des chars. Nous avons le droit d’empêcher les troupes d’aller violer la population », a martelé M. Assaad, qui s’exprimait par téléphone de Turquie, où il s’est réfugié, ajoutant que « se défendre contre de telles brutalités, qui ne connaissent plus aucune limite, est un droit naturel ». Les insoumis, a-t-il souligné, n’attaquent pas l’armée dans ses casernes et les embuscades tendues à des convois militaires sont à ses yeux justifiées : « Les chars sont en temps normal stationnés dans leurs bases. La seule raison qu’ils ont de les quitter est d’aller massacrer la population. »
Les insoumis, dont le nombre varierait entre 20 et 30 000 selon différentes sources, cherchent aussi à s’en prendre aux édifices des services de sécurité, à l’intérieur desquels des milliers d’opposants au président Assad sont détenus, précise-t-il. De même, les centres de commandement d’où est orchestrée la répression « sont des cibles légitimes à travers le pays. Nous devons les attaquer parce que c’est de là que partent les ordres de réprimer le peuple syrien ».

