Le Royaume-Uni a fermé son ambassade à Téhéran et exigé la fermeture sous 48 heures de l'ambassade iranienne à Londres, en représailles au saccage de la chancellerie britannique. /
L’Europe a adopté jeudi un nouveau train de sanctions à l’encontre l’Iran en raison de son programme nucléaire controversé, en ajoutant 180 sociétés et responsables à sa liste de sanctions. Les noms des 143 sociétés et 37 personnes concernées par des gels d'avoirs et des interdictions de visa seront dévoilés vendredi dans le Journal officiel de l'Union européenne.
Ces nouvelles sanctions décidées jeudi par l'UE interviennent deux jours après le saccage de l'ambassade britannique à Téhéran et font suite au rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui vient d'étayer dans un rapport les soupçons des Occidentaux selon lesquels Téhéran, malgré ses démentis, a travaillé à la fabrication d'une arme atomique.
En parallèle, les ministres de l’UE se sont mis "d'accord pour élargir les sanctions existantes, en coopération étroite avec les partenaires internationaux, en examinant des mesures supplémentaires destinées à affecter sévèrement le système financier iranien, le secteur des transports, de l'énergie", dit le texte adopté par les ministres européens des Affaires étrangères lors d'une réunion à Bruxelles.
"Nous avons décidé de travailler sur des sanctions plus dures et sans précédent sur les secteurs financier et pétrolier", a commenté le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, devant la presse.
Le texte européen prévoit spécifiquement "des mesures contre la Garde iranienne révolutionnaire et d'autres secteurs". Ces sanctions devront être prêtes "avant le prochain conseil des ministres des Affaires étrangères" à Bruxelles en janvier.
La formulation trouvée est "assez vague" pour continuer à travailler sur l'hypothèse d'un embargo pétrolier, option soutenue par l'Allemagne et la France notamment, mais qui se heurte aux réticences de certains Etats européens dépendant du pétrole iranien, décrypte un diplomate européen interrogé par l'AFP.
A ce jour, l'UE a déjà gelé les avoirs de centaines d'entreprises iraniennes, et applique depuis juillet 2010 une interdiction des nouveaux investissements dans le secteur pétrolier et gazier.
Globalement, le programme nucléaire iranien a déjà fait l'objet de quatre séries de mesures économiques et financières adoptées par l'ONU depuis 2007. S'y ajoutent les sanctions prises séparément par les Occidentaux, qui vont plus loin.
La tension entre l'Iran et les pays occidentaux est montée d'un cran, ces derniers jours, avec le saccage mardi de la chancellerie britannique dans la capitale iranienne.
Le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a réitéré sa condamnation de cette "grave violation de la convention de Vienne" qui règle les relations diplomatiques entre pays. Et en solidarité avec Londres qui a fermé son ambassade, plusieurs capitales européennes ont rappelé leurs ambassadeurs pour consultations, à l'instar d'Amsterdam, La Haye, Paris, Rome et Berlin. Madrid a pour sa part, convoqué l'ambassadeur iranien pour lui faire part de son indignation. L’UE a de son côté, annoncé que des "mesures appropriées" allaient être prises à l'encontre de l'Iran, suite à cette attaque, sans cependant préciser de quelles mesures il s’agit. Ces décisions témoignent de "l'isolement croissant" de l'Iran, ont commenté les Etats-Unis.
Coté iranien, et contrairement au ministère des Affaires étrangères qui avait explicitement exprimé ses "regrets" après l'attaque des légations, le président du Parlement iranien Ali Larijani a affirmé que l'attitude britannique à l'égard de l'Iran était "insupportable" et "excessive". "Jusqu'à quand devrons nous accepter la présence des Britanniques en Iran (...) alors qu'ils s'immiscent dans toutes les affaires liées à l'intérêt national du pays?", a demandé M. Larijani.
Parallèlement, les autorités iraniennes ont annoncé avoir libéré "onze étudiants des universités de Téhéran arrêtés par les forces de l'ordre lors de l'attaque de l'ex-résidence britannique de Golhak", a indiqué l'agence Fars sans citer de sources. Cette libération n'a pas été confirmée officiellement ni par d'autres médias.
Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast et l'adjoint du chef de la police nationale, le général Ahmad Reza Radan, avaient annoncé mercredi des "poursuites judiciaires" contre les manifestants ayant attaqué les deux sites diplomatiques britanniques.
Les manifestants avaient "planifié l'occupation de l'ex-résidence parce qu'ils estiment qu'elle fait partie du territoire iranien, mais pas celle de la chancellerie" qui a été "spontanée", a affirmé jeudi un communiqué du collectif revendiquant les attaques de mardi.
Le Parlement iranien avait voté deux jours avant l'attaque, une loi pour expulser l'ambassadeur britannique et réduire les relations diplomatiques et commerciales avec Londres.
Ces nouvelles sanctions décidées jeudi par l'UE interviennent deux jours après le saccage de l'ambassade britannique à Téhéran et font suite au rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui vient d'étayer dans un rapport les soupçons des Occidentaux selon lesquels Téhéran, malgré ses démentis, a travaillé à la fabrication d'une arme atomique.
En parallèle, les ministres de l’UE se sont mis "d'accord pour élargir les...

