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À La Une - Diplomatie

La crise anglo-iranienne s'étend à l'Europe

Londres évacue ses diplomates, Oslo ferme sa représentation, Berlin rappelle son ambassadeur.

Des manifestants iraniens ont attaqué l’ambassade britannique à Téhéran mardi en représailles aux nouvelles sanctions adoptées la semaine dernière par Londres contre le programme nucléaire iranien. Atta Kenare/AFP.

La crise entre l'Iran et la Grande-Bretagne s'est étendue aujourd'hui, touchant d'autres pays européens.

 

Ce matin, Londres a décidé d'évacuer tous ses diplomates d'Iran au lendemain de l'attaque par des manifestants de son ambassade à Téhéran. Une partie du personnel diplomatique britannique -une vingtaine de personnes– a été évacuée vers Dubaï (Émirats arabes unis) à bord d'un vol régulier, et les derniers diplomates encore à Téhéran devaient suivre dans l'après-midi, selon des sources diplomatiques occidentales à Téhéran.

L'opération se déroule avec le concours du ministère iranien des Affaires étrangères et de plusieurs ambassades européennes dont l'ambassade de France, où les diplomates britanniques ont passé la nuit après avoir été évacués sains et saufs mardi soir de la chancellerie et de l'ancienne résidence britannique, occupées et saccagées par plusieurs dizaines de manifestants.

Ces manifestants, officiellement présentés comme des "étudiants bassidjis" (miliciens islamistes), ont dans un premier temps bénéficié de la passivité des forces de l'ordre présentes en nombre devant l'ambassade alors que leur action était suivie en direct par la télévision iranienne. Ils réclamaient la fermeture de la mission britannique en représailles aux nouvelles sanctions adoptées la semaine dernière par Londres contre le programme nucléaire iranien controversé.

 

Cette attaque, au lendemain du vote par le Parlement d'une loi prévoyant l'expulsion de l'ambassadeur britannique à Téhéran et la réduction des relations entre les deux pays, a fait monter la tension déjà vive entre Téhéran et les pays occidentaux autour notamment du dossier nucléaire iranien.

Londres a averti que l'attaque contre son ambassade aurait des "conséquences graves", tandis que de nombreuses capitales, de Washington à Moscou en passant par Paris ou Berlin, ont sévèrement condamné ce que la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a qualifié "d'affront à toute la communauté internationale".

La mise à sac de l'ambassade britannique a été également fermement dénoncée par l'UE et l'ONU.

 

Outre les dénonciations, de nombreux pays ont pris des mesures contre l'Iran.

La France a décidé de "rappeler en consultation" son ambassadeur en Iran et a réitéré au chargé d'affaires iranien à Paris les plus fermes condamnations du saccage de l'ambassade britannique à Téhéran, a déclaré mercredi soir le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Les Pays-Bas ont également annoncé qu'ils rappelaient leur ambassadeur à Téhéran "pour consultations". "Le motif en est l'assaut violent de l'ambassade britannique et des résidences du personnel diplomatique hier à Téhéran", a indiqué le ministère néerlandais des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Norvège, qui a actuellement des relations tendues avec l'Iran, a annoncé avoir "fermé" provisoirement son ambassade à Téhéran tout en précisant qu'aucune décision d'évacuation de ses diplomates n'avait été prise.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a rappelé pour sa part son ambassadeur à Téhéran. L'ambassadeur iranien à Berlin avait été convoqué dans la matinée au ministère, où la secrétaire d’État Emily Haber lui a signifié que l'Allemagne condamnait avec la plus grande sévérité les attaques contre des bâtiments internationaux à Téhéran, parmi lesquels l'école allemande.

 

La Suède a, de son coté, convoqué l'ambassadeur d'Iran à Stockholm et qualifié d'"inacceptable" la mise à sac de la mission diplomatique britannique à Téhéran, selon la porte-parole du ministère Linn Duvhammar. 

Le ministre italien des Affaires étrangères Giulio Terzi a, quant à lui, affirmé que l'Italie "examine" la possibilité de fermer son ambassade à Téhéran et a convoqué l'ambassadeur iranien à Rome pour obtenir davantage d'informations.

 

Après l'attaque contre l'ambassade britannique à Téhéran, le ministère iranien des Affaires étrangères avait rapidement réagi, mardi, en exprimant "ses regrets pour le comportement inacceptable d'un petit nombre de manifestants", et a promis que l'attaque de mardi aurait des "suites judiciaires". Mais la ligne dure du régime se réclamant du Guide de la République islamique, l'ayatollah Ali Khamenei, a au contraire justifié mercredi l'action des manifestants comme une réaction légitime face à la "politique dominatrice" de Londres à l'égard de l'Iran. "La colère des étudiants est due à plusieurs décennies de politique dominatrice de la Grande-Bretagne en Iran", a affirmé le président du Parlement Ali Larijani lors d'une intervention devant le Majlis. Le président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Alaeddine Boroudjerdi, a lui aussi expliqué le saccage de l'ambassade par "l'émotion des étudiants" face au "passé historique détestable des Britanniques en Iran qui a provoqué la haine de tout le pays".

Le presse s'est abstenue mercredi de commenter l'attaque, mais lui a accordé ses gros titres en soulignant surtout "la colère des étudiants" contre la Grande-Bretagne.

La crise entre l'Iran et la Grande-Bretagne s'est étendue aujourd'hui, touchant d'autres pays européens.
 
Ce matin, Londres a décidé d'évacuer tous ses diplomates d'Iran au lendemain de l'attaque par des manifestants de son ambassade à Téhéran. Une partie du personnel diplomatique britannique -une vingtaine de personnes– a été évacuée vers Dubaï (Émirats arabes unis) à bord d'un vol régulier, et les derniers diplomates encore à Téhéran devaient suivre dans l'après-midi, selon des sources diplomatiques occidentales à Téhéran.
L'opération se déroule avec le concours du ministère iranien des Affaires étrangères et de plusieurs ambassades européennes dont l'ambassade de France, où les diplomates britanniques ont passé la nuit après avoir été évacués sains et saufs mardi soir de la chancellerie et de...
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