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À La Une - La femme de la semaine

Au nom des Algériennes, Zohra Drif-Bitat crie à l'injustice

La vice-présidente du Sénat révoltée par l'abaissement du quota de femmes sur les listes électorales, décidé par l'Assemblée populaire nationale.

Zohra Drif-Bitat, une femme qui ne fait pas de concessions. Photo archives/

La vice-présidente du Conseil de la nation (Sénat) algérien, Zohra Drif-Bitat, personnalité issue de la révolution algérienne, critique vivement, dans la presse de jeudi, l'amendement du projet présidentiel sur la représentation féminine en politique.


Mme Bitat a exprimé sa colère concernant les modifications apportées au projet de loi par l'Assemblée nationale. "Le projet transmis au Sénat, a-t-elle déclaré au quotidien francophone l'Expression, a été déstructuré et amputé de l'esprit des réformes politiques initiées par le président de la République" Abdelaziz Bouteflika dont elle est une proche. Plus grave, elle estime que le texte tel qu’il est présenté actuellement constitue une "violation des dispositions de la Constitution".

 

L'Assemblée populaire nationale (APN) algérienne a rejeté l'obligation inscrite dans le projet initial de proposer un quota de 33% de femmes sur toutes les listes électorales et fait un forcing pour le réduire à 20%. L'APN a également écarté la nécessité de placer les femmes en tête de liste ou de leur accorder un pourcentage sur le nombre de sièges remportés. Le projet amendé prévoit des taux de représentativité de femmes variables, selon la taille de la circonscription.

 

Selon elle, le taux de 33% accordé aux femmes dans le projet initial n'est pas de la charité. "La femme algérienne s'est imposée dans la société et dans tous les domaines", a-t-elle dit.

"De quel droit on consacre à une région un taux de 40% et on marginalise les autres?", s'est-elle interrogée, en déplorant l'émiettement du taux de représentativité des femmes au niveau des Assemblées élues.


"Au nom des femmes qui ont sacrifié leur vie pour ce pays, je demande au président de la République d'exploiter ses prérogatives constitutionnelles pour ordonner une deuxième lecture du projet de loi", a-t-elle déclaré lors d'une séance au Sénat mercredi en présence du ministre de la Justice Tayeb Belaiz. "Le président de la République s'est engagé à promouvoir la place de la femme dans la société, mais malheureusement ses orientations n'ont pas été respectées", a-t-elle martelé.



Avocate de 77 ans, Zohra Drif-Bitat est épouse du Moudjahid Rabah Bitat, un fondateur du Front de Libération Nationale (FLN), plusieurs fois ministre et Président de la république par intérim durant 45 jours en 1978.

En 1981, lors de l'adoption par la chambre des députés du premier code de la famille très défavorable aux femmes, elle était allée manifester devant le Parlement alors que son mari en était le président.

La vice-présidente du Conseil de la nation (Sénat) algérien, Zohra Drif-Bitat, personnalité issue de la révolution algérienne, critique vivement, dans la presse de jeudi, l'amendement du projet présidentiel sur la représentation féminine en politique.
Mme Bitat a exprimé sa colère concernant les modifications apportées au projet de loi par l'Assemblée nationale. "Le projet transmis...
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