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À La Une - Répression

Bahreïn : la commission d'enquête dénonce l'usage "excessif de la force"

Le gouvernement "accueille favorablement" le rapport ; l'Iran et les troupes du Golfe innocentés.

Sur cette photo datée du 22 février 2011, les manifestants bahreïnis affluent vers la place de la Perle, à Manama. Photo archives. Hamad I Mohammed/

Une Commission d'enquête indépendante sur la répression de la contestation à Bahreïn a dénoncé mercredi un "usage excessif de la force" de la part des autorités. 


Dans son rapport rendu public, cette instance chargée par les autorités d'enquêter sur les troubles qui ont secoué le royaume en février/mars a souligné que les autorités "ont eu recours à un usage injustifié de la force", notamment dans le but de "terroriser" les contestataires, a annoncé son président, le juriste Chérif Bassiouni, lors d'une cérémonie retransmise par la télévision officielle.


La Commission a également constaté que "la torture a été pratiquée de façon délibérée" à l'encontre des personnes arrêtées, dans le but de "leur arracher des aveux" ou de "les punir ou se venger". M. Bassiouni a cependant indiqué que ces pratiques avaient eu lieu "contrairement aux ordres" du gouvernement. Il a déploré que les autorités ne soient pas intervenues pour "arrêter les mauvais traitements de la part des responsables".


Le rapport a indiqué que 35 personnes -30 civils et 5 membres des forces de sécurité- avaient trouvé la mort lors des troubles.

M. Bassiouni a par ailleurs indiqué que "les preuves soumises à la commission (...) n'ont pas montré un lien clair entre les événements à Bahreïn et un rôle de l'Iran", contrairement aux accusations des autorités.

Téhéran a vivement critiqué le déploiement à Bahreïn d'unités, notamment saoudiennes, de la force conjointe des monarchies du Golfe, le "Bouclier de la Péninsule", venues épauler les forces bahreïnies pour venir à bout du mouvement de contestation.

Mais la commission a également innocenté les troupes du Golfe affirmant qu'elles n'avaient commis aucune violation des droits de l'Homme. "La commission n'a relevé aucune preuve de violations des droits de l'Homme, liées à la présence d'unités de la force du "Bouclier de la Péninsule" déployées depuis le 14 mars à Bahreïn", a dit M. Bassiouni.

 

 

Réagissant quelques minutes plus tard, le gouvernement de Bahreïn a annoncé "accueillir favorablement les résultats de l'enquête" de la Commission indépendante et "reconnaître ses critiques".

 

Le roi de Bahreïn a promis, par ailleurs, d'engager des réformes destinées à favoriser une réconciliation nationale, dans un discours prononcé à l'occasion de la publication du rapport. "Nous allons mettre en place et appliquer des réformes de nature à satisfaire toutes les composantes de notre société. C'est l'unique moyen de réaliser une entente nationale", a déclaré le souverain, Hamad Ben Issa Al-Khalifa.

 

Commentant le rapport, le roi a déclaré : "Nous regrettons d'apprendre que cela s'est effectivement produit" à Bahreïn.
Il a par ailleurs accusé l'Iran "d'avoir contribué à attiser le confessionnalisme" dans son pays, dont la majorité des habitants sont des chiites comme la population iranienne.


"C'est une ingérence flagrante et inacceptable dans nos affaires internes", a-t-il encore dit à propos de l'Iran.
Il a accusé Téhéran de mener une campagne médiatique anti-bahreïnie, "qui constitue un défi non seulement pour la stabilité et la souveraineté de notre pays mais aussi pour la sécurité et la stabilité de tous les Etats du Conseil de coopération du Golfe (CCG)". "Nous espérons que la direction iranienne reconsidérera (...) sa politique qui conduit à l'animosité et à la désunion", a encore dit le souverain bahreïni.

La commission mise en place fin juin par le roi, Hamad Ben Issa Al-Khalifa, est formée de cinq juristes renommés et présidée par M. Bassiouni, un expert en droit international et droits de l'Homme.

Une Commission d'enquête indépendante sur la répression de la contestation à Bahreïn a dénoncé mercredi un "usage excessif de la force" de la part des autorités. 
Dans son rapport rendu public, cette instance chargée par les autorités d'enquêter sur les troubles qui ont secoué le royaume en février/mars a souligné que les autorités "ont eu recours à un usage injustifié de la force", notamment dans le but de "terroriser" les contestataires, a annoncé son président, le juriste Chérif Bassiouni, lors d'une cérémonie retransmise par la télévision officielle.
La Commission a également constaté que "la torture a été pratiquée de façon délibérée" à l'encontre des personnes arrêtées, dans le but de "leur arracher des aveux" ou de "les punir ou se venger". M. Bassiouni a cependant indiqué que ces pratiques...
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