Nous voilà donc revenus aux délices des caniveaux hantés par nos politiciens locaux. Ceux que les journalistes appellent, depuis le début du printemps arabe, « le reste de l’actualité ». Vedette incontestable de la semaine, le quasi-inconnu Fayez Chokr, dernier avatar de la pouponnière baassiste, venu sur un plateau télé régler à la tronçonneuse son litige avec Moustapha Allouche, vieille gâchette assermentée du courant du Futur et pendentif branlant du Barbichu des sables.
En quelques minutes, le brave Fayez a réussi la gageure de ringardiser définitivement le vieux Assem Kanso, baassiste retraité au neurone orphelin, lui aussi un pur produit d’élevage syrien en batterie, moulé et démoulé à l’époque par les tendres mains de Papa Hafez. Mais les temps changent et il a bien fallu que Bachar-le-Tsar, aujourd’hui aux commandes, améliore le système.
Surnommé par ses copains « la vuvuzela d’Assadie », en raison de sa propension à lâcher brutalement ses sphincters buccaux contre les ennemis de son jeune patron, Fayez Chokr est donc devenu après un dur apprentissage la console baassiste du moment, sachant conjuguer à merveille le verbe lécher à l’arabe singulier.
Ce gauleiter, toujours tiré à quatre épingles, a connu son heure de gloire au milieu des années 90, lorsque « Rafic à fric » Hariri lui avait proposé un beau sucre d’orge : un ministère d’État sans portefeuille. Autrement dit, un ministère de rien, juste pour faire joujou et regarder passer les trains Beyrouth-Damas et retour. Un cadeau inimaginable, même du temps d’Émile 1er le Prolongé, qui n’avait jamais laissé Fayez s’ébrouer chez lui.
Loquace, pugnace et coriace, l’homme a l’amour vache et la haine féroce. Aussi, dans une de ses passes d’armes mémorables, il n’avait pas hésité, au cours d’un voyage en Roumanie il y a une quinzaine d’années, à menacer d’une dérouillée un homme d’affaires libanais qui avait eu l’outrecuidance de faire publier dans un canard local un reportage sur le Liban, sans même mentionner les bienfaiteurs syriens.
Il reste que ce baassiste de charme a déjà placé son programme politique sur orbite. Un plan réglé comme un tir de missile sur Homs et qu’il appelle « démocratie à fragmentations » : au sifflet de Bachar, toute la classe dirigeante libanaise doit se coucher. À plat ventre certes, mais en rangs très serrés pour que l’ennemi défaille en cherchant la faille.
Il est vrai que la politique a besoin de visionnaires, et les exemples sont nombreux : Alexandre le Grand, Jules César, Hannibal, Napoléon, Bismarck... Alors pourquoi pas Fayez Chokr.
gabynasr@lorientlejour.com


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- - Jalouse Paule - Renée ! Cokine va , tu ne changera jamais .
06 h 06, le 19 novembre 2011