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Nos lecteurs ont la parole

Binationalité : l’opinion d’un jeune Français vivant au Liban

Cyprien BUTIN
La récente polémique au sujet de la proposition UMP de suppression de la « binationalité » illustre une fois la tentation de droitisation du discours du parti présidentiel autant que de profondes divisions. Dans cette affaire, les Franco-Libanais ne sont pas épargnés.
Si fin mai dernier, la présidente du Front national, Mme Le Pen, dans une lettre adressée aux députés français, se montrait favorable à la suppression de la « binationalité », affirmant sans détour : « La multiplicité des appartenances à d’autres nations contribue aujourd’hui, et d’une manière de plus en plus préoccupante, à affaiblir chez nos compatriotes l’acceptation d’une communauté de destin, et par là même à miner les fondements de l’action de l’État. Comment peut-on accepter que les mêmes citoyens participent, en raison de leur pluriappartenance, à des élections majeures dans des pays différents ? » C’est dans les rangs de l’UMP, et en particulier de son aile dure, la Droite populaire, qu’est venue la première proposition concrète sur la « binationalité ».
En effet, le 21 mai, M. Alain Goasguen, chargé en octobre 2010, lors du débat sur l’immigration d’une « mission parlementaire d’information sur la nationalité », remettait un rapport proposant un durcissement des conditions d’acquisition de la nationalité française, notamment en rendant impossible aux individus acquérant la nationalité française de conserver leur nationalité d’origine. Mais ce n’est pas tout. Dans une interview donnée au journal La Croix daté du 9 mai 2011, M. Goasguen avait précisé sa pensée : « Cela veut dire qu’on demanderait aux gens de choisir entre deux nationalités. Ou bien qu’on aille vers une limitation des droits politiques. (...) Ainsi, un binational se retrouverait en quelque sorte avec “une nationalité et demie” (sic). »
Dans la polémique qui a suivi ces déclarations fracassantes, l’UMP a tôt fait de réaliser l’impact désastreux d’une telle attaque contre les binationaux dans la perspective des élections législatives chez les Français de l’étranger. Il est patent en effet de constater que l’UMP au Liban, qui lance sur son site Internet un vibrant hommage à la binationalité, ne tient pas le même discours en métropole. C’est ainsi que le 22 juin 2011, M. Goasguen a, dans l’urgence, fait machine arrière, minimisant la portée du rapport publié la veille.
Cependant, force est de constater qu’une telle offensive n’est pas un acte isolé et qu’il s’inscrit dans le cadre plus général d’une politique qui, sous prétexte de restreindre l’immigration en France, porte atteinte au principe républicain d’égalité des citoyens, avec des motifs xénophobes à peine voilés. La récente polémique autour de la circulaire du 31 mai cosignée par MM. Claude Guéant et Xavier Bertrand – finalement retirée – qui restreint les conditions d’obtention d’un permis de travail pour les étudiants étrangers nouvellement diplômés de l’enseignement supérieur français vient le rappeler, tout comme, hors de France, la proposition de loi de mai 2011 visant « à permettre la perte de nationalité pour les citoyens non domiciliés fiscalement en France », signée dans un premier temps par l’actuel secrétaire d’État aux Français de l’étranger, Édouard Courtial, alors député, avant qu’il ne retire sa signature.
 Dans ce cadre, les déclarations de l’actuel candidat UMP à la 10e circonscription des Français établis hors de France, M. Alain Marsaud, qui dénonçait il y a quelques jours sur son blog le manque d’intérêt des socialistes à l’égard des Français de l’étranger, devrait bien revoir sa copie. Les attaques contre la binationalité, les étudiants étrangers en France, les Français résidant à l’étranger, c’est la droite, c’est l’UMP qui en est responsable. À l’inverse, la gauche, le Parti socialiste n’ont jamais cherché à remettre en cause ces acquis, et au travers de propositions concrètes, que ce soit en matière de fiscalité, de sécurité, d’éducation, de santé, cherchent à répondre aux besoins des Français de l’étranger.

    Cyprien BUTIN
La récente polémique au sujet de la proposition UMP de suppression de la « binationalité » illustre une fois la tentation de droitisation du discours du parti présidentiel autant que de profondes divisions. Dans cette affaire, les Franco-Libanais ne sont pas épargnés.Si fin mai dernier, la présidente du Front national, Mme Le Pen, dans une lettre adressée aux députés français, se montrait favorable à la suppression de la « binationalité », affirmant sans détour : « La multiplicité des appartenances à d’autres nations contribue aujourd’hui, et d’une manière de plus en plus préoccupante, à affaiblir chez nos compatriotes l’acceptation d’une communauté de destin, et par là même à miner les fondements de l’action de l’État. Comment peut-on accepter que les mêmes citoyens participent, en...
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