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À La Une - Olj Junior

La mode, quelle aventure !

Une carrière dans la mode fait rêver les jeunes. Depuis quelques temps, des camps de vacances fashion sont organisés pour initier les ados aux métiers de la mode. Ils apprennent à préparer une collection mais aussi à créer leur propre compagnie. Tavi Gevinson, une pionnière, s’est imposée comme figure influente grâce à son blog thestylerookie.com. Elle lance aujourd’hui, à seulement 15 ans, son propre magazine. Mais derrière le glamour se cache du travail, de la compétition et surtout de la persévérance. Témoignages de deux jeunes Libanaises qui ont créé leur boîte de mode.

Dans l'atelier de Lara Khoury à Gemmayzé. Photo Maria Lati

Karine Tawil a lancé Karoline Lang, une marque qui se distingue par un style aérien et une qualité couture.

 

Quel a été votre parcours avant de créer votre propre marque ?

J’ai étudié à Milan et à Paris. J’ai travaillé dans ces grandes villes et à New York, d’abord dans des départements de développement d’un produit où j’ai acquis de l’expérience dans le processus de transformation d’un croquis en produit fini, en passant par les étapes de production. Puis j’ai évolué vers le stylisme. Je suis rentrée à Beyrouth au bout de dix ans et j’étais prête à me lancer. Je sentais qu’il fallait que je m’exprime. Je projette de me développer à l’étranger, en commençant par Paris. Je viens d’ailleurs de créer une première robe de mariée pour une cliente en France.

 

Quel est le concept de votre marque Karoline Lang ?

Ma marque est une histoire de femmes, de famille et d’héritage. Ma principale muse est mon arrière grand-mère autrichienne Karoline Lang, une femme belle et inspirante que j’ai eu la chance de connaître. Mes vêtements évoquent ce raffinement et s’inspirent de la danse en épousant les mouvements du corps. Je réalise deux collections de prêt-à-porter par an, mais pour moi, il n’y a pas de saison. Je conçois également des vêtements couture sur mesure qui sont des pièces uniques.

 

Une robe Karoline Lang. Photo Joe Kesrouani.

 

Quels sont les facteurs nécessaires pour réussir ?

Il faut se distinguer des autres, sortir de l’ordinaire. Le produit est primordial et doit parler de lui-même, être reconnaissable. Les connaissances et relations aident aussi dans le secteur sans oublier le facteur chance. Il faut surtout croire en ce que l’on fait, suivre son instinct jusqu’au bout. Mon père était inquiet jusqu’à la dernière minute avant mon premier défilé en octobre 2010. C’est à ce moment qu’il a compris pourquoi j’avais choisi de suivre ma passion et de me lancer dans cette aventure.

 

Qu’est-ce qui distingue Karoline Lang ?

Mon style est unique de par l’alliance du romantique et du moderne, symbolisé par les couleurs de la marque, le rose poudré pour la tendresse, la douceur et le rouge flamboyant pour la dose de fraîcheur actuelle. J’utilise uniquement des matériaux nobles: jacquard, organza, mousseline, et j’aime le contraste des matières, comme allier la dentelle au cuir pour casser l’effet romantique et lui donner du punch.

 

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Lara Khoury propose des vêtements au style minimaliste et recherché et emploie des techniques avant-gardistes.

 

Quel a été votre parcours avant de lancer votre label ?

J’ai fais mes études à Esmod Beyrouth et à Paris puis j’ai travaillé un an chez Elie Saab où j’ai eu la chance de passer par plusieurs postes. Je me suis lancée toute seule juste après car j’avais hâte de commencer à voler de mes propres ailes. Suite à mon premier défilé, Rabih Keyrouz m’a proposé de participer à un fashion show de designers émergents. Le projet a évolué en boutique au centre-ville, Starch, où chaque année des designers sont sélectionnés pour vendre leurs collections.

 

Lara Khoury peaufinant les détails d'une robe. Photo Maria Lati.

 

Qu’est-ce que vous a apporté votre passage à Starch?

Starch m’a permis d’avoir une expérience directe avec le marché libanais et de comprendre son fonctionnement. En effet, durant la première année, chacun des quatre designers sélectionnés a exposé sa collection et a géré la boutique seul pendant une période. Cela nous a permis d’avoir un contact direct et permanent avec les clients et d’analyser leurs motivations lors d’un achat. Le soutien de Rabih Keyrouz a été précieux. Il m’a aidé à avoir confiance en mon travail, à mieux cibler ma clientèle et entretenir des relations avec elle.

 

Quelle est votre stratégie marketing?

Je propose un style unique, conceptuel. Ma clientèle apprécie le travail élaboré, voire architectural dans la fabrication de mes vêtements. Le bouche-à-oreille joue un rôle important au Liban mais je cultive également le côté visuel en postant des vidéos sur Internet. Le marché de la mode est difficile. Saison après saison, il faut avoir la force de se renouveler et de poursuivre. Aujourd’hui, je commence à vendre dans les pays arabes et pense créer un label de robes de mariée.

 

Une des créations de Lara Khoury. Photo Joe Kesrouani.


Vous avez été sélectionnée pour représenter le Liban en France pour la «Maison méditerranéenne des métiers de la mode », parlez-nous de ce projet ?

Marseille sera la capitale de la culture européenne en 2013. Ce projet, qui s’étale sur quatre ans, soutient les jeunes entrepreneurs de la mode. Au Liban, une trentaine de designers ont participé au concours. Cette première étape a été très enrichissante car préparer un « business plan» m’a poussée à explorer des notions de marketing et management que je n’avais jamais abordées auparavant. Au final, cette année, huit créateurs de différents pays ont été sélectionnés. Ce projet prévoit de nombreux voyages en France, un pays que j’affectionne tout particulièrement, avec des participations à des séminaires et des visites d’entreprises. Nous aurons également l’opportunité d’y présenter nos créations.

 

 

Retrouvez l'intégralité de ce dossier, une enquête sur le cannabis, un reportage sur le premier musée de marionnettes au Liban et bien d'autres articles dans le numéro d'octobre de L'Orient-Le Jour Junior disponible dans les kiosques.
Karine Tawil a lancé Karoline Lang, une marque qui se distingue par un style aérien et une qualité couture.
 
Quel a été votre parcours avant de créer votre propre marque ?
J’ai étudié à Milan et à Paris. J’ai travaillé dans ces grandes villes et à New York, d’abord dans des départements de développement d’un produit où j’ai acquis de l’expérience dans le processus de transformation d’un croquis en produit fini, en passant par les étapes de production. Puis j’ai évolué vers le stylisme. Je suis rentrée à Beyrouth au bout de dix ans et j’étais prête à me lancer. Je sentais qu’il fallait que je m’exprime. Je projette de me développer à l’étranger, en commençant par Paris. Je viens d’ailleurs de créer une première robe de mariée pour une cliente en France.
 
Quel est le concept de...
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