Rechercher
Rechercher

Reddition de comptes

De quoi est encore capable le régime syrien ? L’histoire nous a appris que dans l’escalade de la barbarie il n’y a jamais de limites, que toutes les atrocités sont envisageables, que toutes les craintes s’avèrent, tôt ou tard, fondées.
Mais quand Amnesty International annonce qu’une jeune fille de 18 ans, Zeinab al-Hosni, sœur d’un militant lui-même tué par ses geôliers, a été arrêtée, torturée en prison et rendue à sa famille la tête tranchée, amputée des deux bras et la peau arrachée du corps, on se dit que le cauchemar dépasse l’impossible et on ne doute plus que les centres carcéraux en Syrie réservent encore des surprises dignes des pires films d’épouvante.
Quand les adolescents ont la gorge tranchée pour avoir chanté la liberté, quand les enfants ont les ongles arrachés, les doigts écrabouillés pour avoir dessiné des graffitis libertaires sur les murs, quand les élèves sont poursuivis jusqu’à leurs écoles pour avoir manifesté avec leurs parents contre le régime oppresseur, c’est qu’il n’y a plus rien à espérer d’un pouvoir devenu fou.
« Vous savez, ce n’est plus la mort que l’on craint, mais la manière dont elle nous sera donnée. Nous sommes arrivés au point de souhaiter périr par balles lors des manifestations plutôt que d’être arrêtés et torturés dans les chambres noires des “chabbihas”. » Ces propos d’un militant résument à eux seuls toute la tragédie que vit la population syrienne en révolte. Ils nous rappellent, forcément, le drame que vivent des centaines de femmes libanaises dont les enfants, frères ou pères ont disparu depuis de longues années dans les prisons syriennes et qui attendent, entre larmes de sang et cris de colère, que quelqu’un daigne enfin leur donner une réponse, une indication de vie ou de mort...
Honte à tous ceux, en Syrie, qui continuent de défendre le régime oppresseur et qui, par leur soutien, couvrent les crimes dont il se rend coupable, honte à tous ceux dont le cerveau a été manipulé dans les laveries du pouvoir et qui croient, ferme, que la chute du Baas signifiera l’arrivée de hordes salafistes sanguinaires déterminées à en découdre avec la minorité chrétienne... Celle-là même qui en est arrivée, à cause de la peur instillée dans son esprit, à ranger au placard les principes sacro-saints dont elle est traditionnellement le réceptacle : droits de l’homme et liberté d’expression.
Honte à tous ceux au Liban qui applaudissent aux méfaits du clan assadiste, qui ne voient dans le « printemps syrien » que la manifestation de plans séditieux, que l’antithèse de l’État de droit, honte à tous ceux qui veulent absolument se convaincre qu’un régime dont les mains baignent dans le sang de son peuple peut encore se réformer et s’ouvrir à une démocratie qui signera inéluctablement son arrêt de mort.
La violence mène à la violence, la terreur conduit au terrorisme : c’est volontairement, c’est avec préméditation que les caciques du régime syrien poussent leur pays vers la guerre civile, c’est eux-mêmes qui sèment les germes du démembrement, seul susceptible, à leurs yeux, de préserver un réduit protecteur, de sauvegarder des privilèges acquis au fil d’années de dictature, de musèlement des libertés.
L’ineffable est à venir, la reddition de comptes aussi : de ce maelström qui secoue la Syrie émergera inévitablement un ordre nouveau, celui qui donnera le coup de grâce à la théorie fumeuse de l’alliance des minorités, un concept disqualifié dont les chrétiens de Syrie risquent de payer le prix fort.
La chute du régime est inévitable, elle est annoncée aux quatre coins de la planète. N’est-il pas temps pour les parties qui traînent des pieds ou qui ont fait de mauvais paris de reprendre leurs billes ? C’est alors qu’elles pourraient s’assurer une place privilégiée, un rôle nécessaire, naturel, dans la Syrie nouvelle.
De quoi est encore capable le régime syrien ? L’histoire nous a appris que dans l’escalade de la barbarie il n’y a jamais de limites, que toutes les atrocités sont envisageables, que toutes les craintes s’avèrent, tôt ou tard, fondées.Mais quand Amnesty International annonce qu’une jeune fille de 18 ans, Zeinab al-Hosni, sœur d’un militant lui-même tué par ses geôliers, a été arrêtée, torturée en prison et rendue à sa famille la tête tranchée, amputée des deux bras et la peau arrachée du corps, on se dit que le cauchemar dépasse l’impossible et on ne doute plus que les centres carcéraux en Syrie réservent encore des surprises dignes des pires films d’épouvante.Quand les adolescents ont la gorge tranchée pour avoir chanté la liberté, quand les enfants ont les ongles arrachés, les doigts...
commentaires (3)

Et il est plus que regrettable, disons révoltant, que ces Abominations contre l’humanité ne soient même pas dénoncées du bout des lèvres par le nouveau représentant des chrétiens maronites qui exprime, dans ses tournées, son "amour pour tout le monde" en oubliant d’inclure dans ses nobles sentiments les brebis égorgées sur l’autel de la liberté. Même si ces horreurs se déroulaient sur une autre planète elles ne laisseraient pas indifférent. Comme si la responsabilité d’un berger chrétien se limitait à préserver son propre "troupeau" du loup, en apprivoisant ce dernier, et se battre l’œil des autres "troupeaux", non chrétiens. Mais les patriarches et évêques des autres églises d’Antioche et de tout l’Orient n’en sont pas moins blâmables, puisque leur silence se fait tout aussi assourdissant. Le Seigneur, Agneau de Dieu qui s’est offert en sacrifice, et qui n’hésitait pas à tancer les Pharisiens et appeler les choses par leur nom, devrait être très fier de ces représentants du christianisme qui font beaucoup moins que le monde laïc qui, lui, fait ce qu’il peut pour réfréner la Bête et qui n’hésite pas à condamner vertement sa bestialité.

Ronald Barakat

08 h 28, le 26 septembre 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Et il est plus que regrettable, disons révoltant, que ces Abominations contre l’humanité ne soient même pas dénoncées du bout des lèvres par le nouveau représentant des chrétiens maronites qui exprime, dans ses tournées, son "amour pour tout le monde" en oubliant d’inclure dans ses nobles sentiments les brebis égorgées sur l’autel de la liberté. Même si ces horreurs se déroulaient sur une autre planète elles ne laisseraient pas indifférent. Comme si la responsabilité d’un berger chrétien se limitait à préserver son propre "troupeau" du loup, en apprivoisant ce dernier, et se battre l’œil des autres "troupeaux", non chrétiens. Mais les patriarches et évêques des autres églises d’Antioche et de tout l’Orient n’en sont pas moins blâmables, puisque leur silence se fait tout aussi assourdissant. Le Seigneur, Agneau de Dieu qui s’est offert en sacrifice, et qui n’hésitait pas à tancer les Pharisiens et appeler les choses par leur nom, devrait être très fier de ces représentants du christianisme qui font beaucoup moins que le monde laïc qui, lui, fait ce qu’il peut pour réfréner la Bête et qui n’hésite pas à condamner vertement sa bestialité.

    Ronald Barakat

    08 h 28, le 26 septembre 2011

  • En septembre 1967, des établissements d’enseignement privé, et notamment de plus d’une centaine d’écoles catholiques, furent fermées ou expropriées en Syrie .Après l’arrivée au pouvoir du général Assad en novembre 1970, la situation s’est progressivement améliorée, dit-on dans les milieux chrétiens de Damas, et depuis 1972-73 il est théoriquement possible de demander l’autorisation d’ouvrir de nouvelles écoles. La chute du régime est inévitable mais le sort des chrétiens en sera -t elle aussi inévitable pour permettre aux intégristes plus dangereux de gouverner ? Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    03 h 45, le 26 septembre 2011

  • Monsieur Nagib Aoun, superbe article, comme à l'habitude. Espérons que ceux qui ont fait des paris faux s'y ressaisissent avant que sonne l'Hallali ! Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    02 h 10, le 26 septembre 2011

Retour en haut