L’ex-président du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn, avec sa femme Anne Sinclair, devant le tribunal de New York, après la décision du juge d’abandonner les poursuites contre lui. Mario Tama, Getty Images/
Le juge américain Michael Obus a décidé mardi d'abandonner les poursuites contre Dominique Strauss-Kahn (DSK) pour crimes sexuels, à la demande du procureur qui a relevé des mensonges dans les accusations de la femme de chambre du Sofitel de New York. « Je ne vois aucune raison de refuser » la demande de non-lieu, a déclaré le juge lors d'une audience d'une quinzaine de minutes au tribunal pénal de Manhattan. La décision du juge met fin à trois mois d'une rocambolesque saga judiciaire qui a coûté à DSK son poste de directeur général du Fonds monétaire international et gravement entamé ses chances de briguer la présidence française.
« J'ai hâte de rentrer dans mon pays mais j’ai encore quelques petites choses à faire avant de pouvoir partir et je m’exprimerai plus longuement quand je serai de retour en France », a déclaré à la presse l'ancien patron du Fonds monétaire international en regagnant son domicile du sud de Manhattan quelques minutes après avoir bénéficié d'un non-lieu. « C’est la fin d’une épreuve terrible et injuste. Je suis soulagé pour ma femme, mes enfants, mes amis, tous ceux qui m’ont soutenu pendant cette période en m’envoyant aussi des lettres et des emails. Il faut qu’ils sachent que leur soutien a été très important », a déclaré M. Strauss-Kahn dans une déclaration écrite envoyée aux médias quelques minutes après sa sortie du tribunal pénal de Manhattan. « Ces derniers deux mois et demi ont été un cauchemar pour moi et ma famille. Je remercie tous les amis en France et aux Etats-Unis qui ont cru en mon innocence », a-t-il ajouté, en remerciant également le juge qui a classé l'affaire mardi. « Je suis profondément reconnaissant envers ma femme et ma famille, qui ont traversé cette épreuve avec moi », a-t-il encore affirmé. « Nous n'avons plus rien d'autre à dire sur cette affaire, et nous sommes impatients de retourner chez nous et de reprendre une vie plus normale », a-t-il poursuivi.
Le procureur Cyrus Vance, qui avait obtenu l'incarcération de M. Strauss-Kahn en mai, avait annoncé lundi avoir demandé au juge l'abandon des poursuites contre M. Strauss-Kahn. S'il est établi que l'ancien patron du FMI a bien eu une relation sexuelle avec son accusatrice, rien ne permet de prouver avec certitude que cette relation était forcée, avait expliqué M. Vance. L'ancien ministre français était poursuivi pour sept chefs d'accusation, dont tentative de viol, agression sexuelle et séquestration. Cyrus Vance a expliqué dans un long argumentaire de 25 pages que Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui accuse DSK de l'avoir contrainte à une fellation dans une suite du Sofitel le 14 mai, avait menti de manière répétée aux enquêteurs. Mme Diallo, selon le procureur, a donné « trois versions contradictoires » de ce qui s'est passé après sa rencontre avec DSK. Confrontée à ses contradictions, elle a affirmé n'avoir jamais tenu les propos qu'on lui prêtait. Ses mensonges ont « sérieusement entamé sa crédibilité de témoin » dans cette affaire, a ajouté le procureur qui refuse de courir le risque de perdre un procès car une condamnation au pénal à New York ne peut être obtenue que par un jury unanime, convaincu « au-delà du doute raisonnable ».

Nafissatou Diallo, la femme de chambre qui avait accusé Dominique Strauss-Kahn de l’avoir violée dans sa chambre de l’hôtel Sofitel de New York, quitte le tribunal de New York avec son avocat, Kenneth Thompson. Brendan McDermid/Reuters.
« Nous avons dit depuis le début que notre client était innocent », ont déclaré les avocats de DSK dans un bref communiqué. L'un des deux avocats, Benjamin Brafman, a déclaré à l'issue de l'audience qu'il n'y avait pas eu de « rapport forcé » entre son client et la femme de chambre Nafissatou Diallo. « On peut peut-être avoir un comportement déplacé mais c'est différent d'un crime et cette affaire a été traitée comme s'il s'agissait d'un crime », a-t-il ajouté.
Mais la recommandation du procureur a été dénoncée comme un déni de justice par l'avocat de Nafissatou Diallo. Selon lui, le procureur « a refusé le droit d'une femme à obtenir justice dans une affaire de viol ». Les avocats de la femme de chambre du Sofitel de Manhattan ont alors tenté de faire appel de la décision du juge Michael Obus. Mais cette demande a été rejetée, selon un document officiel de la cour d'appel de New York. Dominique Strauss-Kahn va donc pouvoir récupérer son passeport français « aujourd'hui », a assuré son avocat William Taylor. « Il est complètement libre », a-t-il ajouté.
En France, la recommandation du procureur de classer le dossier a été accueillie avec soulagement par les socialistes, candidats à la primaire y compris. Pour autant, l'avenir politique de Dominique Strauss-Kahn sur la scène française reste incertain et nul ne se risque à envisager qu'il soit candidat à la présidentielle de 2012.
« J'ai hâte de rentrer dans mon pays mais j’ai encore quelques petites choses à faire avant de pouvoir partir et je m’exprimerai plus longuement quand je serai de retour en France...


Ça sent pas bon cette histoire... pas nette...
17 h 02, le 23 août 2011