Photo de la campagne, tirée de la page Syrian Revolution 2011.
En Syrie, les militants anti-régime ne se bornent pas à manifester dans les rues pour la chute de Bachar el-Assad. Sur des pages Facebook dédiées à leur mouvement, comme la page "The Syrian Revolution 2011", ils lancent des campagnes visant à affaiblir le régime syrien. "Nous ne payerons pas le prix du plomb... Moi je boycotte...et toi?" est l'une de ces campagnes. Postée début août sur la page du groupe "The Syrian Revolution 2011", cette campagne appelle à boycotter vise toute une liste de produits. Plus que les produits, ce sont leurs producteurs ou leurs importateurs, une trentaine de personnalités proches du régime de Bachar el-Assad, qui sont visés.
Rami Makhlouf est un des grands hommes d'affaires pris pour cible par cette campagne.

Photo AFP
Cousin germain maternel de Bachar el-Assad, Rami et son frère Ihab ont une fortune personnelle qui dépasserait, selon certaines estimations, les 3 milliards de dollars et ils contrôleraient de manière directe ou indirecte jusqu'à 60% de l'économie syrienne. Outre les télécoms, leur empire s'étend au BTP, à l'immobilier, à la banque et à la grande distribution. Un troisième frère, Hafez Makhlouf, est un haut-responsable des services de sécurité syriens. Depuis le début du mouvement de contestation, les agences de Syriatel sont prises pour cible par les manifestants qui voient en Rami Makhlouf le symbole de la corruption du régime et des inégalités qui se sont creusées dans le pays avec la privatisation de pans entiers de l'économie. Aujourd'hui, outre Syriatel, c'est la compagnie de voitures et les produits laitiers "Milk Man Rihana", dont Makhlouf est le propriétaire, qui font partie des produits à boycotter. Les États-Unis et l'Union européenne ont placé Rami Makhlouf sur leurs listes des personnes visées par des sanctions. Washington l'a inscrit en février 2008 et accuse Rami Makhlouf d'"avoir obtenu des avantages commerciaux non justifiés aux dépens des Syriens ordinaires". Les sanctions européennes ont été décidées en mai dernier. Pour les militants pro-démocratie, ces sanctions n'ont en rien affecté le régime et jugent qu'il est temps d'user d'une arme plus efficace : le boycott contre tous ceux qui entretiennent des relations avec Bachar el-Assad.
Autre cible, Firas Tlass.

Fils de l'ancien ministre syrien de la Défense, Moustafa Tlass, l'une des personnalités les plus proches du régime Assad, cet homme d'affaires est le propriétaire du groupe économique MAS (Min Ajl Souriya, en arabe. Pour le bien de la Syrie, en français). Un grand nombre de compagnies gérées par Firas Tlass et produisant, entre autres, des boîtes de conserves, de la charcuterie ou encore des produits laitiers, sont visées par les militants.
Ne se limitant pas à des produits de consommation, cette campagne vise également des centres touristiques, comme Zaman el-Khayr, des agences de presse, comme Joulia, des cafés comme La Plage ... bref, une longue liste qui recense les produits liés à tout homme proche des Assad.
Nutella. Ce chocolat adoré des enfants est dans le collimateur des Syriens anti-Assad ! Pourquoi? Parce que la compagnie responsable de l'importation, entre autres, de Nutella en Syrie appartient à Habib Batenjani et ses fils, Toni et Iyad qui ont annoncé publiquement leur "soutien à Bachar el-Assad face au complot dont la Syrie est victime". Une prise de position suffisante pour que ce produit et d'autres comme les piles Energizer figurent sur la liste noire.
Majd Suleiman, ciblé lui aussi. Fils d'un ancien officier au service de renseignements, il est le propriétaire d'un groupe médiatique, dont le quotidien libanais al-Balad.
Des analystes ont toujours estimé qu'une économie en ruine est une sérieuse menace pour le régime Assad. Comme l'a souligné "The Economist" dans un article intitulé "The squeeze on Assad" publié le 8 juillet dernier, les conséquences de la contestation sur l'économie syrienne risquent à long terme de devenir une menace réelle pour le régime autocratique. Le président lui-même a reconnu, dans son dernier discours en juin, que l'économie dirigée de son pays était menacée "d'effondrement".
Les militants s'accrochent à cette hypothèse. Bien que ni l'étendue de cette campagne ni ses répercussions ne puissent être clairement vérifiés, il est certain que les militants ont compris que le régime Assad peut être fragilisé sur le front économique.
Rami Makhlouf est un des grands hommes d'affaires pris pour cible par cette campagne.
Photo AFP
Cousin germain maternel de Bachar el-Assad, Rami et son frère...


il dont tres droles les Amerloques: "avoir obtenu des avantages commerciaux non justifiés aux dépens des Syriens ordinaires" les compagnies Americaines il semble n'ont jamais obtenu d'avantages commerciaux aux depends de populations locales. C'est beau d'etre un grand pays colonisateur
13 h 45, le 10 août 2011