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Liban

Pluie de condamnations locales contre la position officielle du Liban à l’ONU

Pour la deuxième journée consécutive, les milieux de l’opposition ont condamné la position adoptée par le Liban mercredi durant le vote du Conseil de sécurité sur la déclaration présidentielle relative aux événements en Syrie, ainsi que les agressions contre les manifestants anti-Assad mardi soir devant l’ambassade syrienne à Hamra.
Le député de Beyrouth Ammar Houri n’a pas été par quatre chemins. Il a ainsi demandé « pardon » au peuple syrien pour ce que le gouvernement a fait à l’ONU. « C’est comme si nous lui disions que nous sommes d’accord avec ce qu’il subit », a-t-il indiqué.
« Après cette position honteuse, le Liban est devenu le partenaire du régime syrien et assume avec lui la responsabilité de toute goutte de sang versée et de tout martyr qui tombe », a affirmé pour sa part le député de Tripoli, Mohammad Kabbara. « Il est étrange, ce cabinet qui place le pays en confrontation avec une position humanitaire internationale (...), qui prétend veiller aux intérêts du Liban et à sa réputation et qui le laisse seul face à tous les pays du monde, dans une attitude de protection des massacres perpétrés à l’encontre d’un peuple désarmé », a ajouté le député, qui a ensuite qualifié de « honteux » le fait de justifier cette position au nom de la « spécificité libanaise ». « Quelle est donc cette “spécificité” ? De qui se moque-t-on ? Cette “spécificité” justifie-t-elle que notre cabinet permette des agressions contre des innocents, rue Hamra ? Justifie-t-elle la protection des “chabbiha” des partis otages de la Syrie, jusqu’à empêcher toute poursuite en justice contre ces derniers ? Justifie-t-elle que les journalistes soient agressés, que l’on ne sache pas qui a organisé l’attentat de Roueiss, qui a enlevé les sept Estoniens ? Justifie-t-elle que le Liban soit le seul pays au monde à soutenir les crimes contre l’humanité commis en Syrie, ce que même la Russie n’a pas osé faire, laissant au Liban le soin de porter cette honte ? » s’est-il interrogé. « J’appelle le peuple libanais et les forces souverainistes à proclamer, dans un mémorandum à l’ONU, que ce gouvernement ne représente pas les positions du peuple libanais (...) et que le peuple syrien sache que le peuple libanais est innocent de ce gouvernement et de ses actes », a-t-il ajouté.
Le député de Denniyé, Ahmad Fatfat, a pour sa part indiqué qu’il avait appelé au téléphone l’ambassadeur du Liban à l’ONU, Nawwaf Salam, pour l’inviter à démissionner, par respect pour « son histoire d’homme intègre ». « Il est plus honorable pour lui de démissionner que d’assurer une couverture à ce genre de politique », a-t-il noté. Selon lui, M. Salam aurait répondu que sa démission serait « à l’étude ».
Le député Robert Ghanem a estimé que le Liban aurait pu aller dans le sens de la communauté internationale et adopter la déclaration, plutôt que d’aller « à l’encontre de ses principes et de ses valeurs, les libertés et la démocratie ».
Le député du Akkar Khaled Daher a estimé que la position du Liban « ne représente pas les Libanais », mais est « le résultat de la soumission de la politique étrangère du Liban au régime syrien ». Même constat chez le député de Beyrouth Jean Oghassabian, pour qui « le gouvernement est sous l’influence du pouvoir syrien ». « Il n’est pas normal que le Liban soit sélectif, qu’il accepte certaines décisions internationales et en rejette d’autres, alors que nous avons plus que jamais besoin du Conseil de sécurité pour garantir les frontières maritimes et la zone économique », a-t-il indiqué. Pour Jean Oghassabian, « cette position va se répercuter négativement sur la crédibilité de l’État et le placer hors du giron international s’il continue à vouloir faire face au monde entier ».
« Nous ne pouvons pas nous taire (...). Aucun être humain ne peut le faire », a estimé pour sa part le député du Akkar Hadi Hobeiche, pour qui la position du Liban prouve que le pays est « totalement sous l’emprise » de Damas. Pour lui aussi, la position libanaise est « honteuse ». « En fait, c’est la Syrie qui vote par le biais du Liban », a-t-il souligné. Une position partagée hier par le conseil supérieur du Courant patriotique libre au Canada (opposé à la ligne de Rabieh).
Pour le député de Beyrouth, Atef Majdalani, le Premier ministre Nagib Mikati « a choisi de rester spectateur des massacres qui se déroulent en Syrie ». M. Majdalani a condamné l’agression contre les manifestants à Hamra, ainsi que l’attitude de certains ministres qui ont appelé à museler les médias concernant la Syrie. Le député a exprimé sa volonté de faire face à toute mesure qui ramènerait le régime sécuritaire sur les devants de la scène.
L’ancien ministre Mohammad Abdelhamid Beydoun a estimé qu’en prenant cette position à l’ONU, le cabinet Mikati a prouvé qu’il « ne respecte pas le peuple libanais, les peuples arabes et le peuple syrien ». « Puisqu’il a préféré rester en réserve, que le Liban démissionne du Conseil de sécurité, et qu’un pays arabe qui se respecte prenne sa place », a-t-il souligné.
De son côté, le Parti national libéral (PNL) a joint sa voix aux partis chrétiens qui condamnent la répression dans les différentes villes syriennes. Dans un communiqué à l’issue de sa réunion sous la présidence du chef du parti, le député Dory Chamoun, le PNL a stigmatisé « la répression du régime syrien qui contredit ses allégations de réformes (...) et trompe constamment la communauté internationale ». « Nous saluons le combat des révolutionnaires pour la liberté et leurs sacrifices face à la machine répressive qui s’abat sur eux en violation des principes religieux, humains et moraux, et appelons le régime syrien à tirer les leçons de l’expérience des régimes despotiques et totalitaires qui font désormais partie de l’histoire », a indiqué le PNL, qui a également appelé le monde arabe et la communauté internationale à « sortir de leur silence et de leurs positions timides (...) », dans la mesure où « ils assument une grande part de responsabilité dans les crimes qui sont commis ».
Le PNL a également condamné « l’agression caractérisée » contre les manifestants, rue Hamra, mardi dernier, qui est aussi une agression contre « les fondations même du Liban, à commencer par la liberté d’expression et d’opinion ».
À ce sujet, le député Marwan Hamadé s’en est pris à l’ambassade syrienne, qui « se comporte avec les manifestants comme s’il s’agissait d’une direction de la Sûreté à Deraa ou Hama ». « Cette ambassade est devenue un périmètre de sécurité. Sous le prétexte de la protéger, certains partis empêchent tout mouvement de solidarité avec le peuple syrien. Même les cierges sont considérés comme une menace », a-t-il conclu.
Pour la deuxième journée consécutive, les milieux de l’opposition ont condamné la position adoptée par le Liban mercredi durant le vote du Conseil de sécurité sur la déclaration présidentielle relative aux événements en Syrie, ainsi que les agressions contre les manifestants anti-Assad mardi soir devant l’ambassade syrienne à Hamra. Le député de Beyrouth Ammar Houri n’a pas été par quatre chemins. Il a ainsi demandé « pardon » au peuple syrien pour ce que le gouvernement a fait à l’ONU. « C’est comme si nous lui disions que nous sommes d’accord avec ce qu’il subit », a-t-il indiqué. « Après cette position honteuse, le Liban est devenu le partenaire du régime syrien et assume avec lui la responsabilité de toute goutte de sang versée et de tout martyr qui tombe », a affirmé pour sa part le...
commentaires (2)

La position de principe su Liban ne devrait en aucun cas etre affectee par la nature de ceux qui risqueraient de remplacer le regime syrien. Ceci sans oublier que la nature cruelle des uns ou des autres reste a determiner, Par contre la mesure sage reside dans le fait que le Liban a refuse de prendre partie entre le regime (il aurait pu voter contre) et le peuple syrien (en votant pour) car le peuple libanais lui meme est divise sur la question. Meme si je ne suis pas d'accord le vote du Liban reflete tres precisemnt la position du peuple libanais et des etats arabes q'il represente au sein du CS de l'ONU

Jihad Mouracadeh

05 h 27, le 06 août 2011

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Commentaires (2)

  • La position de principe su Liban ne devrait en aucun cas etre affectee par la nature de ceux qui risqueraient de remplacer le regime syrien. Ceci sans oublier que la nature cruelle des uns ou des autres reste a determiner, Par contre la mesure sage reside dans le fait que le Liban a refuse de prendre partie entre le regime (il aurait pu voter contre) et le peuple syrien (en votant pour) car le peuple libanais lui meme est divise sur la question. Meme si je ne suis pas d'accord le vote du Liban reflete tres precisemnt la position du peuple libanais et des etats arabes q'il represente au sein du CS de l'ONU

    Jihad Mouracadeh

    05 h 27, le 06 août 2011

  • La neutralité bienveillante du gouvernement à ne pas prendre partie pour maintenir son rôle en dehors des conflits internes en Syrie reste une mesure sage face aux courants qui se profilent à l ’ horizon comme les Frères musulmans qui sont de loin plus cruels et intégristes s ’ ils prendront le pouvoir . Nazira.A.Sabbagha

    Sabbagha.A.Nazira

    01 h 21, le 06 août 2011

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