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Nos lecteurs ont la parole

Honte à ceux qui gouvernent « Balad al-Ichaa » !

Salim F. DAHDAH
Où sommes-nous aujourd’hui des Charles Hélou, Charles Malek, Philippe Takla, Ghassan Tuéni, Fouad Ammoun, Boutros Dib et bien d’autres grands qui ont fait les beaux jours de notre diplomatie nationale ?
Quelle image notre ministère des Affaires étrangères essaye-t-il d’offrir aujourd’hui au monde ?
Quelle triste et décevante vision que celle de la représentante (certainement impeccable de sa personne) de ce pays, berceau de culture, de démocratie, de rayonnement et de liberté, en train de prononcer sur la plus grande tribune du monde un discours lamentablement vide et obsessionnellement à la traîne d’un voisin dont le régime totalitaire se débat par la force des armes contre ses propres citoyens pour survivre, après avoir des années durant imposé sans état d’âme, tant chez lui qu’au Liban et dans le monde, des règles de jeu où chantages, prises d’otages et froides répressions étaient au menu de trente ans de gestion d’une des principales républiques du monde arabe et d’Orient.
«Le ridicule ne tue pas », dit le dicton, et c’est dommage. Car dans ce cas comme dans bien d’autres d’ailleurs, cet événement important aurait dû au moins interpeller notre gouvernement. Au lieu de nous vendre des sornettes à longueur de journées, nous bassinant de promesses et de déclarations contradictoires et mensongères, ces dignes représentants de la nation auraient mieux fait de se montrer dignes des responsabilités historiques qu’ils se doivent d’assumer devant leur peuple et instruire qui de droit pour voter la motion en question, comme l’ont d’ailleurs fait ses adversaires les plus acharnés. Ils auraient ainsi respecté certaines constantes nationales et confirmé les principes de démocratie, de liberté, de souveraineté et d’indépendance qui ont toujours caractérisé notre entité nationale et leur ont permis, à eux comme à tous les gouvernements qui les ont précédés, d’être au gouvernail de la République.
Comment peut-on faire avaler à tout un peuple que ce gouvernement demande à être jugé sur son vaste chantier de reconstruction des structures nationales, alors qu’il montre au travers des innombrables lacunes qui s’accumulent jour après jour dans tous les secteurs et domaines son incapacité à dominer la situation générale, et à imposer son empreinte sécuritaire, politique, sociale et même économique ?
Monsieur le Premier ministre, beaucoup de Libanais qui ne font pas partie ni du 8 ni du 14 Mars, en vous observant de façon tout à fait objective, ont tous envie de vous dire : « Arrêtez de faire la politique de l’autruche et de vous voiler les yeux, si toutefois, comme vous ne cessez de l’affirmer haut et fort, vous n’êtes inféodé à aucun courant politique. Attaquez-vous à l’abcès du mal, sinon le Liban sera, à Dieu ne plaise, entièrement gangrené. Faites le ménage devant la porte de votre gouvernement, aujourd’hui avant demain, ne laissez pas les sujets fondamentaux de désaccords s’accumuler (déjà qu’ils sont nombreux). Intervenez clairement et directement, et imposez une discipline constitutionnelle à tous ceux qui estiment qu’ils sont au-dessus des lois et qu’ils ont tous les droits, tant au niveau des actes que des paroles. Prenez des positions franches et courageuses sur les sujets fondamentaux qui séparent et qui inquiètent.
C’est à ce prix uniquement que le peuple vous suivra ainsi que beaucoup d’engagés politiques, çà et là.
Il faut donc, sauf votre respect, que cessent les joutes verbales et les déclarations catastrophiques de certains grands leaders représentés dans votre gouvernement, car non seulement elles vulnérabilisent et fragilisent les soubassements de votre action, mais plus grave encore, elles décrédibilisent l’État et le soumettent à des pressions internationales que votre gouvernement ne pourra jamais parer. »
Agissez donc, Monsieur le Premier ministre, sans attendre, pour que le peuple libanais n’ait pas à assumer un éventuel chaos républicain et peut-être l’effondrement de sa «sigha ».

Salim F. DAHDAH
Où sommes-nous aujourd’hui des Charles Hélou, Charles Malek, Philippe Takla, Ghassan Tuéni, Fouad Ammoun, Boutros Dib et bien d’autres grands qui ont fait les beaux jours de notre diplomatie nationale ?Quelle image notre ministère des Affaires étrangères essaye-t-il d’offrir aujourd’hui au monde ?Quelle triste et décevante vision que celle de la représentante (certainement impeccable de sa personne) de ce pays, berceau de culture, de démocratie, de rayonnement et de liberté, en train de prononcer sur la plus grande tribune du monde un discours lamentablement vide et obsessionnellement à la traîne d’un voisin dont le régime totalitaire se débat par la force des armes contre ses propres citoyens pour survivre, après avoir des années durant imposé sans état d’âme, tant chez lui qu’au Liban et dans le monde,...
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