Voilà pourtant une sévérité à laquelle ne nous avaient pas habitués les poulets de la P.J. L’ordinaire ici, c’était plutôt : un, on étouffe ; deux, si ça fuite, on couvre ; trois, si ça pète, on se planque et on sacrifie un sous-fifre. Mais cette fois, c’était différent. On s’est soigneusement assuré au préalable que le parti aux vingt mille barbes avait condamné la bombinette de Saïda pour lâcher courageusement les pandores. C’est ce qui s’appelle bichonner son feu vert !
Comme de bien entendu, l’étalage de muscles a été suivi fissa des habituelles rodomontades à l’adresse des « salopards qui ont osé ». Après Mikou, le Premier ministre à long terme et aux moyens ternes, tout ce que le landernau politique local compte comme fayoteurs est monté au créneau pour condamner l’attentat. On n’attend plus que les commanditaires pour qu’ils fassent de même.
À New York entre-temps, c’est Ban Ki-moon qui commence à en avoir ras les burnes de ce pays en débandade, politiquement racketté par des barbus en vadrouille, des chefs qui magouillent et un État tombé en quenouilles... Que si ça continue, il finira par nous envoyer sur les roses et troquer une Finul, dont le prestige a viré raclure, contre un quarteron d’observateurs en pantoufles, bérets bleus et monocles. Bof, il nous demandera bien notre opinion sur la question, mais ce serait un peu comme s’il recueillait l’avis de son pompiste sur le cours du Brent sur le marché mondial ! Il prendra note et laissera braire.
Verdict : depuis 40 ans, les Libanais ont salopé tour à tour le nationalisme, le nassérisme, le arafatisme, le sionisme et l’intégrisme. Restait encore l’ONU. C’est désormais chose faite.
Mes respects, M. Ban.
gabynasr@lorientlejour.com


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Si Gaby était rentré de vacances, j'imagine qu'il aurait été généreux de son humour cuisant écrit au gré de sa vision fantaisite de l'acutalité politique. Mais patience les amis, notre attente porte en elle une consolation exquise.
19 h 42, le 18 août 2011