Rechercher
Rechercher

Triangle des turpitudes

Entre les agités du Baas d’à côté qui glapissent contre les empêcheurs de massacrer en rond, Kadhafi et ses gamins qui s’accrochent à leur bout de gras libyen, et les jacqueries du Yémen, d’Égypte et de Tunisie pompeusement appelées Printemps arabes, il est réconfortant de savoir que nos débris locaux, eux, continuent encore de s’attraper pour des broutilles.
Au cœur du triangle des turpitudes : les nouvelles nominations administratives, piliers de l’État-Providence, un vieux truc inventé au temps du Jurassique chéhabiste et consistant à coups d’embauche et de débauche à fabriquer des culs-de-jatte pour consoler des unijambistes.
À l’heure d’aujourd’hui, ça coince encore dans le choix du nouveau James Bond de la Sûreté générale. Comme si le futur espion en chef allait brusquement faire frémir l’électro-encéphalogramme plat de ses subalternes qui, eux, pantouflent depuis des années à compter les larbins asiatiques aux frais du contribuable. Maronite ou chiite ? Les premiers veulent ramener le poste au bercail de la chrétienté, les seconds entendent se l’empalmer pour les siècles des siècles, espérant sans doute que l’Agrume de Rabieh finira par avaler son chapeau sur cette question pour complaire à l’Homo barbudens de la banlieue sud.
Deuxième tour de manivelle : le pétrole et le gaz, jusque-là virtuels, qui sommeillent au fond de la flotte méditerranéenne. Entre l’accord bâclé torché avec les Chypriotes et la goinfrerie des Hébreux qui entendent nous siphonner la gamelle en laissant le Liban barboter dans l’eau salée, on daignera probablement nous laisser une pipette pour aspirer les quelques gouttes qui restent. Oil pour oil dent pour dent, menace le gouvernement qui fantasme d’avoir sa tétée pour donner du carburant à notre démocratie bancale.
Alors forcément pour faire frétiller la piétaille, on fabrique des décisions qui donnent la chair de poule : une cartographie maritime sera envoyée à l’ONU. Benjamin Netanyahu en tremble encore et Ehud Barak n’a qu’à bien se tenir !
C’est ce qui s’appelle vendre du rêve au paradis du cauchemar.

gabynasr@lorientlejour.com
Entre les agités du Baas d’à côté qui glapissent contre les empêcheurs de massacrer en rond, Kadhafi et ses gamins qui s’accrochent à leur bout de gras libyen, et les jacqueries du Yémen, d’Égypte et de Tunisie pompeusement appelées Printemps arabes, il est réconfortant de savoir que nos débris locaux, eux, continuent encore de s’attraper pour des broutilles.Au cœur du triangle des turpitudes : les nouvelles nominations administratives, piliers de l’État-Providence, un vieux truc inventé au temps du Jurassique chéhabiste et consistant à coups d’embauche et de débauche à fabriquer des culs-de-jatte pour consoler des unijambistes. À l’heure d’aujourd’hui, ça coince encore dans le choix du nouveau James Bond de la Sûreté générale. Comme si le futur espion en chef allait brusquement faire frémir...
commentaires (8)

Même si ca vous prend de Vendredi à Vendredi, soit 7 jours, (vous ne pouvez quand même pas faire mieux que Dieu quand il a crée le monde) pour pondre votre article, ca en vaut drôlement la peine. Gaby vous êtes inénarrable.

Camille Saadé

05 h 15, le 22 juillet 2011

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (8)

  • Même si ca vous prend de Vendredi à Vendredi, soit 7 jours, (vous ne pouvez quand même pas faire mieux que Dieu quand il a crée le monde) pour pondre votre article, ca en vaut drôlement la peine. Gaby vous êtes inénarrable.

    Camille Saadé

    05 h 15, le 22 juillet 2011

  • Et Bahrein alors?

    Zahi Farah

    15 h 02, le 15 juillet 2011

  • M. Nasr, je prends toujours autant de plaisir à vous lire et je voudrais vous remercier pour avoir garde votre neutralité et votre liberté d'expression au sein du quotidien qui publie vos "billets". J'ai passe mon enfance a lire l'orient des Copains et j'ai développé une certaine affection envers ce quotidien francophone. Malheureusement, aujourd'hui l'Orient le Jour est devenu le porte parole de la mouvance qu'il représente et a perdu toute crédibilité quand a la couverture des événements qui se produisent au Liban. Beaucoup de libanais francophones (surtout ceux de l’étranger) ne font plus confiance a ce quotidien et ne consulte le site web que le vendredi pour se délecter en lisant vos "billets". J’espère que vous resterez au-delà de toutes ces attitudes enfantines qui ruinent notre pays et que vous continuerez a nous faire sourire...autant que faire se peut. Anthony

    Anthony Yazbeck

    05 h 08, le 15 juillet 2011

  • Vu la corruption au sein de l état libanais, il vaut mieux que ce petrole et ce gaz restent sous terre et sous eau car le citoyen libanais n en subira que la pollution et l odeur sans pouvoir en profiter....les politiciens sont interessés par les pots de vins à venir....et rien d autre!

    BOU AOUN CHARLES

    04 h 17, le 15 juillet 2011

  • - Monsieur Gaby, très bon article. Les cartographies maritimes avec délimitation des frontières maritimes unilatéralement, malheureusement, ne serviront à rien. L'ONU demandera aux deux états belligérants soit de s'asseoir ensemble et de tracer leurs frontières maritimes, conjointement avec Chypre bien sûr, soit d'aller à la cour internationale de LaHaye. Dans le premier cas il faut dialoguer directement avec son ennemi, intérêts vitaux exigent, mais qui le fera ? dans le deuxième cas la cour internationale de LaHaye demandera l'acceptation des deux parties pour pouvoir statuer sur ce cas. Sûrement Israël ne le fera pas et insistera sur des négociations directes, y incluant tous les points de discordes entre les deux pays, Hezbollah inclus. Le litige Greco-Turque sur le plateau sous marin, pour les mêmes raisons, est paralysé depuis des décennies car la Turquie n'accepte pas d'aller à LaHaye et insiste sur des négociations directes que la Grèce refuse. Et, entre la Grèce et la Turquie il n'y a pas problème de Hezbollah. Quand on se réveillera au Liban, une fois qu'on soit convaincu que les intérêts vitaux du pays doivent avoir la priorité dans les choses, j'ai peur qu'il n'y aura plus de gaz ni de pétrole à extraire. Salutations distinguées, Tasso Tsiris

    Tasso Tsiris

    02 h 20, le 15 juillet 2011

  • Comme toujours, le fond est juste, le ton est mordant et la formule assassine. Merci camarade.

    Aractingi Farid

    01 h 18, le 15 juillet 2011

  • La question se pose : Nous verra-t-il jamais cet oil ? soit qu'il sera syphonné par les voisins ou aspiré en fond de caisse de la triade. Nous on aura la faveur de l'indécision.

    Samir EL KHOURY

    00 h 56, le 15 juillet 2011

  • Dis-moi qui tu hantes je te dirai qui tu es.Victimes de notre système tribal et confessionnel ,si nous sommes incapables de désigner un haut responsable comment serons nous capables alors face aux Chypriotes et la goinfrerie des Hébreux de réclamer notre droit dans ce gaz virtuel ou ce paradis fictif . Pauvre pays. Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    00 h 52, le 15 juillet 2011

Retour en haut