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Recherche d’identité

La vérité est cruelle, assassine, pas toujours bonne à dire, mais il arrive un moment où la taire peut signifier participation au crime. Continuer à se complaire dans les faux-semblants, dans les prétextes mensongers, dans une vaine politique de l’autruche, c’est quasiment prendre le citoyen pour un débile mental, incapable de gérer les réalités qui conditionnent son quotidien.
Disons-le sans fioritures, en toute brutalité : le Liban vit sur une faille, une cassure qui s’étend d’est en ouest, du sud au nord, une rupture qui englobe tout le territoire national, qui le disloque dans tous ses coins et recoins. Une menace permanente, latente qui peut, du jour au lendemain, sans avertissement préalable, détruire des édifices délibérément bâtis sur des sables mouvants.
Sismique, la menace ? Elle l’est déjà dans des faits géologiquement reconnus, elle l’est encore plus dans les réalités d’une société qui implose, qui se disperse dans tous les sens, qui bâtit d’ores et déjà les remparts virtuels des combats à venir. Inutile de se voiler la face : des derniers développements liés au Tribunal spécial pour le Liban au débat parlementaire qui a brisé tous les tabous, le constat du divorce à l’échelle nationale a été clairement démontré, totalement assumé par les différents protagonistes.
Arrogance, souverain mépris des institutions légales, nationales ou internationales, refus systématique de tenir compte des réclamations des uns, des appréhensions, des angoisses des autres : le résultat en est naturellement le repli sur soi, le « recroquevillement » dans les blockhaus du négativisme.
Plus qu’une dérive politique ou sécuritaire, c’est d’un engluement dans le communautarisme qu’il s’agit alors, d’un reniement de tous les fondamentaux qui ont été à la base du Liban indépendant : pluralisme, convivialité, liberté de pensée. Un déni de mémoire qui est une insulte au Liban-message, au pays de la différence, une particularité qui lui donnait une place privilégiée dans un environnement totalitaire.
Dérive vers le communautarisme, mais aussi, tout naturellement, en toute logique, cassure culturelle et c’est là l’aspect le plus grave des développements en cours parce qu’il touche à l’essence même du Liban unifié. Ce qui était juxtaposition, enrichissement, devient alors morcellement, appauvrissement, ce qui était complémentarité devient source de conflits, de discordes, un choc « civilisationnel » qui ne dit pas son nom.
Et là on débouche sur la question essentielle, celle qui déterminera l’avenir : quel Liban voulons-nous ? Celui assujetti à des agendas externes, soumis à la loi du plus fort, prisonnier d’engagements qui lui échappent, celui qui veut se lancer dans des guerres sans fin, dans des équipées suicidaires ? Ou le Liban qui aspire à la paix, qui en a assez de verser son sang pour les autres, de voir ses enfants se sacrifier sur l’autel des folles ambitions ? Un carnage qui dure depuis des décennies, qui s’est perpétué sous les applaudissements de régimes traîtres, ceux-là mêmes qui, en ces temps troubles, vacillent sous les coups de boutoir de révolutionnaires dont les yeux viennent enfin de se dessiller.
Pays pris en otage cherche identité : voilà où en est, aujourd’hui, le Liban soixante-huit ans après la proclamation de son indépendance. Soixante-huit ans d’un travail de sape systématique pour détruire une expérience inédite, pour ligoter une nation en ébauche sans cesse malmenée par des négations renouvelées.
La vérité est cruelle, assassine, pas toujours bonne à dire, mais il arrive un moment où la taire peut signifier participation au crime. Continuer à se complaire dans les faux-semblants, dans les prétextes mensongers, dans une vaine politique de l’autruche, c’est quasiment prendre le citoyen pour un débile mental, incapable de gérer les réalités qui conditionnent son quotidien.Disons-le sans fioritures, en toute brutalité : le Liban vit sur une faille, une cassure qui s’étend d’est en ouest, du sud au nord, une rupture qui englobe tout le territoire national, qui le disloque dans tous ses coins et recoins. Une menace permanente, latente qui peut, du jour au lendemain, sans avertissement préalable, détruire des édifices délibérément bâtis sur des sables mouvants.Sismique, la menace ? Elle l’est déjà dans...
commentaires (15)

Mr. Bardawil, je ne vais pas répéter ma réponse a M. Jabbour concernant la "Libanités" de ce gouvernement, mais juste souligner que vos gens n'ont donné aucune chance aux deux précédents gouvernement dit du 14 Mars alors je ne vois franchement pas pourquoi le contraire se devrait d’être. Quand a l'identité du pays, eh bien désolé mais elle risque de se perdre avec ces gens au pouvoir. Mais rassurez vous tant qu'il y aura des "Mou" et des "Sou", le Nahar, L'OLJ et les autres, les Gemayel, Chamoun et les autres, je vous rassure que ni ce gouvernement ni quiconque ne lui fera changer son identité. Vus vous caserez les dents aux dire de Joumblatt hier soir. Bonne chance!

Petrossou

10 h 16, le 12 juillet 2011

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Commentaires (15)

  • Mr. Bardawil, je ne vais pas répéter ma réponse a M. Jabbour concernant la "Libanités" de ce gouvernement, mais juste souligner que vos gens n'ont donné aucune chance aux deux précédents gouvernement dit du 14 Mars alors je ne vois franchement pas pourquoi le contraire se devrait d’être. Quand a l'identité du pays, eh bien désolé mais elle risque de se perdre avec ces gens au pouvoir. Mais rassurez vous tant qu'il y aura des "Mou" et des "Sou", le Nahar, L'OLJ et les autres, les Gemayel, Chamoun et les autres, je vous rassure que ni ce gouvernement ni quiconque ne lui fera changer son identité. Vus vous caserez les dents aux dire de Joumblatt hier soir. Bonne chance!

    Petrossou

    10 h 16, le 12 juillet 2011

  • Mr. Mroueh, culotté votre intervention en prétendant que se sont les Chrétiens du 14 Mars qui n'en veulent pas de l'application de Taef (En bref un peu ce que vous dites), mais vous oubliez que se sont eux qui ont signé Taef, même si a contre coeur, mais ils l'ont fait et respecté, comme se sont eux qui ont demandé un Sénat mais aussi une décentralisation administrative. Le plus surprenant c'est que vous aussi semblait être de ceux (Les ams et les ber) qui appui un parti a tendance et comportement Nazi et sans aucun doute .... vous êtes pour la Laïcisation et la démocratie! Seulement les Sou et les Mou n'avalent plus de couleuvres depuis belles lurettes!

    Pertossou

    10 h 07, le 12 juillet 2011

  • Mr. Jabbour n'a pas son semblable pour croire fermement que ce gouvernement est LE sauveur, "juste" dans ses actes et surtout Libanais pour la première fois! Voyons, Le Hezbollah obéi a Fakih, Le PSNS, le Tawhid, le Baas, etc.. a la Syrie et le Amal comme le CPL au Hezbollah et donc... Si c'est cela que vous appelez 100% Libanais c'est nous prendre vraiment poires!

    Petrossou

    09 h 52, le 12 juillet 2011

  • Je ne trouve pas subtil de parler en terme d'identité pour évoquer nos gouvernements. Il faut reconnaître que nous sommes quand même capables d'une chose appréciable : former des gouvernements d'union nationale, avec plus ou moins une touche de démocratie, alors que les Belges se noient dans leurs bières wallonnes et flamandes et que la politique d'ouverture des Français ne dure que quelques semaines. Notre perte d'identité, oui, parlons-en plutôt parce que cette satanée guerre nous a déracinés et déplacés, parlons-en plutôt lorsqu'on détruit le centre-ville pour le transformer en ville fantôme qui ne ressemble à rien, parlons-en aussi lorsque notre politique, déjà bien ébranlée par notre système confessionnel, est manipulée par ceux qui justement ne supportent pas de nous voir jouir d'une liberté (même si elle n'est pas parfaite) d'action et d'expression. Que dire alors des peuples victimes de régimes totalitaires dont la seule identité consiste à appartenir à leurs dirigeants tyranniques ? L'action la plus probante envers une structure identitaire est celle de la jeune génération libanaise qui ne se retrouve plus dans ce marasme politico-confessionnel, qui ne croit plus en rien et qui souhaite ériger une nation laïque basée sur le respect de la liberté de l'autre. Suivons ces jeunes, ils ont raison.

    Robert Malek

    11 h 25, le 11 juillet 2011

  • Le confessionnalisme politique produit des presidents comme Emile Lahoud et envoie a leur derniere demeure des hommes d'Etat comme Rafic Hariri. C'est un systeme pourri, a la base de la decrepitude actuelle du pays. Il est temps de s'engager dans une transition pour en finir avec cette sclerose. Si la presidence etait ouverte a tous (en l'absence de confessionnalisme politique), je voterai sans hesiter pour Okab Sakr president!

    K Saad

    10 h 38, le 11 juillet 2011

  • SUITE et FIN. Merci. . Bien plus, cette fois, il sera poussé à appuyer la politique actuelle en Syrie. Comme on le sait, son "avenir" est intimement lié au Liban. Voilà pourquoi il devait faire "tomber" la Révolution du Cèdre ! Cette "proto-néo-majorité" prend-elle vraiment ses rêves pour des réalités en considérant ce "gouvernement" comme un mouvement "réformo-laïco-religieux" à lui tout seul ? Ou se prend-elle elle-même pour ce mouvement ? Pourquoi donc cet appui acharné à ce gouvernement ? Elle cache en réalité sous cette "couverture laïco-religieuse-réformiste" son vain désir de "Vaincre" la Révolution !

    KARAMAOUN Antoine-Serge

    09 h 34, le 11 juillet 2011

  • Défaitistes et pessimistes que vous êtes! Pour la première fois dans l'histoire du Liban, nous avons une droite (majorité) et une gauche (minorité). La droite gouverne et la gauche s'oppose. C'est le B A BA de la démocratie. Les preuves que le gouvernement est syrien et hezbollahi sont chétives. Ce n'est pas parce que le 14 Mars a échoué que le Liban a perdu son identité. Je donne raison a Mr. André Jabbour. Donnons une chance au gouvernement de gauche et voyons s'il est capable de faire mieux que la droite (qui n'a pas réalisé grand-chose à part la révolution du cèdre, preuve en est que la corruption existe toujours, et que le statu quo partout n'a pas bouge d'un cran). C'est le moment ou jamais le 8 Mars doit prouver son attachement a l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité, la libre décision du Liban, et à la recherche de la vérité comme il le prétend. L'opposition est là pour surveiller avec vigilence et guêter la moindre faille dans fonctionnement du nouveau gouvernement.

    Bardawil Michel

    07 h 44, le 11 juillet 2011

  • tout à fait d'accord qu'il s'agit d'un problèmer identitaire,structurel.Les différences culturelles sont soumises à des paramètres objectifs, constants qu'on parvient ou pas à négocier durablement, selon les parties en présence et leur volonté de vivre ensemble(religion,race,langue,moeurs) il s'agit d'un processus rationnel doublé d'une démarche affective,un processus dynamique d'intériorisation ou d'identification à travers le système d'éducation et une volonté politico-éducative commune. ceci est valable autant pour notre société que pour toute autre société pluraliste,autrement dit pratiquement toutes, à l'heure de la mondialisation.

    bahjat rizk

    06 h 17, le 11 juillet 2011

  • - Il n'y a pas confessionnalisme politique. Il y a confessionnalisme tout court. Et l'arracher, commence par l'arracher des esprits d'abord. Seulement alors, on peut parler de laïcisation des sociétés. Tasso Tsiris

    Tasso Tsiris

    04 h 00, le 11 juillet 2011

  • L' identité est avant tout culturelle, elle porte sur les racines et le sang qui sont deux facteurs stables. Malheureusement soixante-huit ans après la proclamation de notre indépendance c ' est la religion les tribus et le trafic d 'influence qui ont triomphé laissant le pays en mini cantons chacun croyant un jour qu ' il pourra triompher sur une autre communauté . Vraiment triste . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    03 h 34, le 11 juillet 2011

  • Arrêtez de tourner en rond: il faut détruire le confessionnalisme politique pour bâtir un Liban moderne et uni. Les chrétiens du Liban (ceux du 14 Mars) qui se targuent d'être à la pointe de la modernité, méconnaissent ou font semblant de méconnaître, que la modernité et la justice (voir John Rawls), exigent la laicisation de la société (ce qui n'empiète pas sur les prérogatives des religions, et la création du Sénat par Taef est un des nombreux garde-fous). La vraie "révolution arabe" du Liban, c'est de déclarer immédiatement la déconfessionnalisation politique en s'assurant bien sûr par des mécanismes de protection juridiques inscrits dans la Constitution, qu'aucune des communautés n'utilisera cette avancée fondamentale pour ses propres intérêts.

    Salah MROUEH

    02 h 39, le 11 juillet 2011

  • Le Liban n'a jamais été aussi fort et aussi JUSTE , qu'il ne l'est aujourd'hui . Les pendules de la République seront bientôt remises à l'heure Libanaise , grâce au nouveau gouvernement qui pour la première fois depuis fort longtemps , n'obéit qu'à lui même , bref , qu'aux Libanais et à leur décision souveraine . Vive le Liban Libre , vive la troisième République .

    JABBOUR André

    01 h 38, le 11 juillet 2011

  • Désolé mais le seul commentaire qui me vient à l'esprtit: FASSARA EL MAKA BEL MAKI

    Namour Jean

    01 h 34, le 11 juillet 2011

  • Oui, malheureusement,pays,notre LIBAN,pris en otage cherche identite...voila ou en est le LIBAN...merci pour cet article qui met les pointe sur les "i " a quand la delivrance ca suffit...

    Najm yvette

    23 h 24, le 10 juillet 2011

  • Le 14 Mars est momentanément battu. Hariri "a été dégommé". L'armée syrienne rêve et se prélasse de nouveau sous les fenêtres du Liban, et "Divin-Fakih et Bossfeir" ruent à fond violement dans les brancards. Ce "proto-néo-gouvernement" prouvera qu'il ne fera que continuer au Liban la politique d’avant 2005, et le "Mikati Nagib, l’exégèse patentée même" mènera la même politique des "Marottes" précédentes d’avant le "Déluge", c'est-à-dire celles des "Lahoud, Karamé, Hoss

    KARAMAOUN Antoine-Serge

    19 h 14, le 10 juillet 2011

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