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Économie

La création d’un environnement propice aux affaires : mission impossible ?

Liban - Débat Rouages administratifs, corruption, instabilité politique, lois caduques, infrastructure défaillante... Les ingrédients d’un cadre répugnant pour les investisseurs et les entrepreneurs ne manquent certainement pas au Liban. Mais il ne faut point baisser les bras. Tel est en substance le message adressé par les participants à une table ronde organisée par le RDCL sur l’environnement des affaires au Liban.
07/07/2011


Dans le cadre de ses efforts continus visant à lancer des débats de fond sur l’économie libanaise, loin des tiraillements politiques et du tapage quotidien, le Rassemblement des chefs d’entreprise libanais (RDCL) a organisé mardi soir une table ronde autour du thème de l’environnement des affaires au Liban, à laquelle ont notamment pris part le directeur du département Moyen-Orient au sein de la Banque mondiale, Hedi Larbi, ainsi que de nombreux hommes d’affaires, journalistes et représentants de la société civile.
À cette occasion, les intervenants ont déploré, à l’unanimité, l’absence de soutien étatique au secteur privé ainsi que le retard dans l’application de certaines réformes-clés nécessaires à la création d’un environnement plus propice au lancement d’affaires, dénonçant, en parallèle, l’impact négatif de l’instabilité politique sur l’économie locale.
« Le Liban dispose de nombreux atouts et d’un important potentiel (...), mais il demeure néanmoins le pays de l’instabilité par excellence, ce qui empêche les investisseurs et les entrepreneurs à se lancer dans des projets à long terme qui paveraient la voie à une croissance durable », a ainsi déploré le président du RDCL, Fouad Zmokhol, au cours de son intervention. « À cela s’ajoute un système fiscal caractérisé par l’existence de nombreuses taxes indirectes, une corruption rampante et une infrastructure encore brinquebalante », a-t-il ajouté. Pour remédier à toutes ces failles, l’État se doit ainsi de définir une stratégie globale et de soutenir le secteur privé, d’autant plus que ce dernier constitue le principal moteur de l’économie locale, a-t-il poursuivi. « Notre objectif à terme devrait être d’atteindre des taux de croissance à deux chiffres (...) Pour cela, il faudra augmenter les incitations susceptibles d’attirer les investissements productifs et créateurs d’emplois qui profiteraient à tous les secteurs et à l’ensemble des régions du pays (...) La création d’un environnement favorable constitue sans doute la clé de voûte de tout progrès à ce niveau », a conclu le président du RDCL.
De son côté, le directeur du département Moyen-Orient à la Banque mondiale, Hedi Larbi, a mis l’accent, au cours de son allocution, sur le rôle crucial joué par le secteur privé dans le soutien de l’économie nationale et le financement de l’État. « Près de 90 % de la croissance au Liban est générée par le secteur privé – un taux supérieur à celui prévalant aux États-Unis – tandis que 85 à 90 % des emplois et 98 % des investissements en découlent », a-t-il indiqué à ce propos. « Il est donc nécessaire, voire vital, d’apporter un soutien à ce secteur et de favoriser son essor », a-t-il ajouté, énumérant les nombreuses failles qui entravent jusque-là son développement à plus grande échelle et l’afflux d’un plus grand nombre d’investisseurs étrangers. « À titre d’exemple, l’obtention d’un permis de construire au Liban implique le passage par trois ou quatre institutions et le paiement de quelque 12 000 dollars en moyenne, contre 3 000 dollars au Maroc et 1 200 dollars en Afrique du Sud », a-t-il indiqué, critiquant, en parallèle, les rouages administratifs et le nombre excessif de procédures légales nécessaires au lancement d’une affaire ou à sa clôture. « L’enregistrement d’une entreprise au Liban nécessite cinq jours au Liban, à partir du moment où tous les documents requis sont prêts, contre 24 à 48 heures dans d’autres pays (...) tandis que la résolution de disputes implique un délai supérieur à 600 jours et un coût estimé à plus de 30 % du contrat conclu entre les parties litigieuses, contre une moyenne mondiale de 15 % (...) Enfin, la fermeture d’une entreprise coûte environ 22 % de son chiffre d’affaires annuel, contre 2 à 3 % ailleurs », a-t-il ajouté.
Le directeur du département Moyen-Orient à la Banque mondiale a ainsi émis une série de recommandations, appelant notamment à réviser le cadre réglementaire, à alléger le poids des procédures légales et administratives, et à harmoniser les lois qui régissent le monde des affaires.
M. Larbi s’est toutefois dit confiant dans l’avenir du pays, en dépit des nombreux soubresauts sur les scènes locale et régionale, soulignant la nécessité d’entamer une relance économique après des mois de récession.
Rappelons que le Liban a reculé de 4 échelons au dernier classement du rapport « Doing Business » de la Banque mondiale (BM), après avoir déjà perdu 7 rangs l’an dernier. Il est ainsi arrivé à la 113e place sur les 183 pays recensés et à la 11e place sur 18 pays arabes en termes de facilité de faire des affaires.

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Habib Chidiac

C'est probablement le TSL...faut vraiment en aboutir, cela reglera tte corruption et absence de soutien étatique depuis tant d'annees...Non attends.

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