Adieu 2010. Encore quelques petites heures et ce sera fini. L'année qui s'achève mérite toute notre reconnaissance. Elle s'est déroulée gentiment, sans véritables catastrophes nationales. Le cas est suffisamment rare au Liban pour être marqué d'une pierre blanche. Sans être sereins sur le plan politique - il ne faut pas trop en demander non plus -, les mois qui viennent de s'écouler nous auront au moins permis de nous retourner, de sortir un peu la tête de l'eau (figure de style, bien entendu, vu la sécheresse), de penser à quelques problèmes vitaux parmi les milliers en souffrance. Et si cela n'a pas donné grand-chose, au moins en avons-nous profité pour prendre goût à la normalité. Mais si nos vaches furent cette année relativement grasses, ce n'est qu'à force de procrastination. Tous nos problèmes ayant été remis à « boukra », forcément, il n'en restait plus pour tout de suite. Sauf que « boukra », c'est déjà l'année prochaine. Nous repoussons les nuages pour éclaircir le ciel, mais ils s'accumulent un peu plus loin. C'est donc sans surprise que 2011 verra de nouveaux bras de fer autour du TSL, les mêmes problèmes d'énergie et d'eau avec un alinéa sur les réserves de gaz en Méditerranée et quelques zéros de plus au total de la dette publique. Pourvu que la sécurité tienne, tout cela, nous en avons l'habitude, ne sera que vétilles. « Tâche d'être heureux », a dit la Rose au Petit Prince avant son envol. Ce n'était pas un vœu, mais une intimation à travailler à son bonheur. L'an neuf sera ce que nous en ferons. Il devrait être enfin temps d'œuvrer à une cohabitation sans méfiance et sans haine, à la solidarité d'un peuple qui a toujours eu du mal à se percevoir comme une collectivité. Tâchons d'être heureux.
Adieu 2010. Encore quelques petites heures et ce sera fini. L'année qui s'achève mérite toute notre reconnaissance. Elle s'est déroulée gentiment, sans véritables catastrophes nationales. Le cas est suffisamment rare au Liban pour être marqué d'une pierre blanche. Sans être sereins sur le plan politique - il ne faut pas trop en demander non plus -, les mois qui viennent de s'écouler nous auront au moins permis de nous retourner, de sortir un peu la tête de l'eau (figure de style, bien entendu, vu la sécheresse), de penser à quelques problèmes vitaux parmi les milliers en souffrance. Et si cela n'a pas donné grand-chose, au moins en avons-nous profité pour prendre goût à la normalité.Mais si nos vaches furent cette année relativement grasses, ce n'est qu'à force de procrastination. Tous nos problèmes ayant été...
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