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Noël sous les étoiles

Comment auraient-ils fait, sinon, pour la voir, cette étoile filante qui conduit à l'Enfant ? Comment aurait-ils pu, s'il neigeait ? À Noël, au-dessus de la crèche, le ciel malgré le froid était clair et piqué d'étoiles, et les étoiles, Platon l'avait su, tintaient en harmonie. Ainsi en est-il à Beyrouth, à deux mille et dix années de distance, à peu près sous la même latitude. Ceux qui viennent du blizzard ont eu le bonheur de le constater : même le climat s'est mis sur son 20-22° pour les accueillir. En haut des toits, parmi les antennes paraboliques et les mille scintillements de la nuit, la lune s'arrondit comme on se déguise. Au crépuscule, les muezzins du centre-ville lancent en canon l'appel à la prière. De l'église Saint-Maron, à moins d'une encablure, fusent les Gloria. Comme par magie, les Klaxons se taisent à cette heure d'impatience.
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'y a aucune concurrence entre clochers et minarets. C'est vers un même ciel qu'ils tendent, à la même voûte qu'ils offrent leurs piliers. Deux essences d'une même et unique forêt. C'est d'ailleurs une des coquetteries de la ville de dresser ses sapins de Noël dans la perspective d'une mosquée. Pour la photo annuelle. « La » photo qui fera une fois de plus son tour du monde des médias et des réseaux sociaux. Cliché ou vrai symbole, elle contribuera à apaiser les relations jamais évidentes entre les deux communautés, en ce millénaire religieux.
Cette cohabitation, nous en sommes fiers comme d'un exploit quand elle traverse des phases sereines. Elle est le meilleur de ce qui nous constitue. Les fêtes, le petit et le grand Eid, Achoura, Noël, nos doubles Pâques, nos innombrables petits congés grappillés sur les jours ouvrables pour célébrer des rites qui ne sont pas les nôtres, on a beau dire, créent des liens. Si la Nativité est l'une des plus populaires, ce n'est pas seulement parce que le sapin est un symbole laïc. C'est aussi parce qu'une naissance est ce qu'une société a finalement de plus beau à célébrer. L'éclosion d'une vie. La promesse d'un avenir. Une projection dans le futur. Un concentré d'espérance. La solidarité d'une famille, et de sphère en sphère, de tout un peuple, autour du plus fragile d'entre les siens. Cet être fragile, les chrétiens en ce jour l'appellent Dieu. Son autre nom est l'amour. N'oublions pas d'aimer.
Comment auraient-ils fait, sinon, pour la voir, cette étoile filante qui conduit à l'Enfant ? Comment aurait-ils pu, s'il neigeait ? À Noël, au-dessus de la crèche, le ciel malgré le froid était clair et piqué d'étoiles, et les étoiles, Platon l'avait su, tintaient en harmonie. Ainsi en est-il à Beyrouth, à deux mille et dix années de distance, à peu près sous la même latitude. Ceux qui viennent du blizzard ont eu le bonheur de le constater : même le climat s'est mis sur son 20-22° pour les accueillir. En haut des toits, parmi les antennes paraboliques et les mille scintillements de la nuit, la lune s'arrondit comme on se déguise. Au crépuscule, les muezzins du centre-ville lancent en canon l'appel à la prière. De l'église Saint-Maron, à moins d'une encablure, fusent les Gloria. Comme par magie, les Klaxons se...
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