Faut dire que bien avant d’aller prendre la pose devant le Parlement, les 30 nouveaux tromblons se sont tellement frités autour du Tribunal international, que l’on commençait déjà à renifler les premiers remugles de disputes. Oh, pas de quoi tirer les couteaux, juste quelques petits prouts nerveux lâchés çà et là, afin que chacune des bêtes politiques puisse marquer son territoire. Avec, au final, la ponte d’un texte au minimum syndical, d’une pudeur de rosière, aussi obscur que les écrits talmudiques. Bref, un document moitié Odyssée de l’Espèce, moitié Vol au-dessus d’un nid de cocus.
Déjà, en accompagnement mélodieux de l’acte d’accusation qui vient de lui être balancé dans les gencives, le Hezbollah a dégainé la même langue de bois certifiée conforme et validée ISO 9000 : le Tribunal spécial est pourri et politisé... sauf s’il désigne les Israéliens dans l’assassinat de Rafic Hariri. Avec en prime le nouveau boa constrictor frappé du label CIA que le Sayyed Barbu, porte-parole de Dieu et en connexion Wi-Fi avec l’au-delà, vient de donner à avaler à son fan club.
Dire qu’il a fallu cinq bons mois pour monter la mayonnaise gouvernementale, au milieu des tirs croisés des porte-serviettes du Château et du Sérail, des porte-flingues du parti à barbe et de leurs pendentifs trempés dans le jus d’orange. Depuis, tout ce beau linge s’est rattrapé. Le Tsar branlant de Damas a sifflé et la classe politique s’est couchée. À plat ventre certes, mais en rangs très serrés pour que l’ennemi défaille en cherchant la faille.
Pour le reste, le Grand Mikou a truffé sa déclaration d’une chiffonnade laborieuse de belles promesses : grand ménage à la justice, coup de balai dans la fonction publique, assurances données aux investisseurs, lutte contre la corruption...
À ce train, c’est clair, dans 10 mois, il améliore le système solaire.
gabynasr@lorientlejour.com


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve