Faut vraiment être rêveur occidental et angelot de pure souche pour penser que la béchamel qui va suivre débouchera sur une alternance bucolique baignant dans un gazouillis démocratique. Jusque-là, l'inventaire est d'une monotonie affligeante...
En Tunisie et en Égypte déjà, c'est le clafoutis. Dans les deux cas, le bouffon en place a été zappé, mais ses anciens sous-fifres, essentiellement des vieux bidasses compagnons de caserne, ont repris la trique. Bigre ! Il était temps. Dans le premier pays, les fuyards vers l'Europe jouaient au radeau de la méduse ; dans le second, les coptes devenaient le plat de résistance de barbus frustrés de pouvoir. À défaut de grives on mange des merles...
Cap sur la Libye, où le rigolo du coin s'accroche malgré les missiles à domicile qu'il déguste. Et pour cause : en bon chef arabe, il vit terré dans son bunker et envoie sa piétaille exotique au casse-pipe. Ce qui tranche avec son collègue yéménite, qui lui s'est pris un obus dans les grandes largeurs et a déguerpi se faire rafistoler chez son parrain saoudien. Déjà qu'il n'est pas gâté par la nature, le pauvre... Il reste que les deux comiques troupiers n'entendent pas dévier de la « ligne droite immuable » qu'ils se sont fixés. La route est droite certes, mais la pente est forte et le mur est droit devant.
Pompon sur le tromblon, la Syrie où les spadassins du Tsar local rafalent tout ce qui bouge et raflent ce qui reste. Il est toujours plus doux de donner que de recevoir. Il ont sans doute appris ça à l'école des artilleurs. On rappelle que Bachar el-Assad est médecin, une science qui consiste, selon Voltaire, « à prescrire des remèdes dont on ne sait pas grand-chose, pour soigner des maladies sur lesquelles on en sait encore moins, à des êtres dont on ne sait rien ».
Finalement, malgré la crise politique, le chômage, la dette et la stagnation économique, on n'est pas si mal chez nous. Havre de paix et cocon d'ennui, le Liban est aujourd'hui le seul pays arabe où le soleil se lève deux fois : le matin... et après la sieste.
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