Rechercher
Rechercher

Par la barbichette

Certains chefs libanais font tellement dans leur froc depuis que les Syriens pataugent dans la mouise, qu'ils se croient obligés de tresser des lauriers à l'ophtalmo contrarié de Damas. Des officiels aux officieux, jusqu'aux vétérans orphelins de la tutelle, y a pénurie de cirage et la brosse à reluire use ses poils à la vitesse grand V. Mais quelle marge de manœuvre peut avoir une classe politique quand un État voisin la tient par la barbichette ?
Et comme beaucoup ne sont pas du genre à s'étouffer par un trop-plein de dignité, ils sont là à attendre Dieu sait quel feu vert qui viendrait leur clignoter le permis de gouverner. Alors pour faire patienter les gueux assoiffés de comprendre, ils leur sortent des trucs accessibles à leur cervelle de pingouin. Du genre, « Tous pourris, sauf moi », « État de droit et des institutions », ou encore « L'Amérique et Israël n'ont qu'à bien se tenir ». Des sentences définitives qui ne mangent pas de pain, mais qui donnent l'impression d'être informé. En somme, le plus dangereux n'est pas celui qui ne sait pas... C'est celui qui prétend savoir !
Après plus de 100 jours de crise politique, le Mikati mi-décati n'est toujours pas fichu de cerner avec précision les cobayes ministériels appelés à déguster les quelques déchets qui restent du pouvoir. Sauf pour le futur tenancier de l'Intérieur où l'on va se farcir, là encore, un bidasse galonné, touche exotique indispensable pour mieux se fondre dans le voisinage arabe.
Mais va donner à téter le biberon de la démocratie à des gnoufs qui trouvent plus commode de laisser mener chaque communauté par un chef inamovible, plutôt que de se coltiner un cabinet de Babel branlant dont le Premier ministre change tous les quelques temps. En Syrie, au Yémen et en Libye au moins, c'est facile : le patron est seul, il récolte 100 % des voix, arrache 100 % des ongles et siffle 100 % des marchés publics. Sans compter les économies à la clé, puisqu'il n'y a qu'un seul portrait à tirer. Bref, rien que du bonheur pur sucre !
Sauf que chez nous, on a inventé pire que l'abus de pouvoir : c'est l'abus de vacance du pouvoir.

gabynasr@lorientlejour.com
Certains chefs libanais font tellement dans leur froc depuis que les Syriens pataugent dans la mouise, qu'ils se croient obligés de tresser des lauriers à l'ophtalmo contrarié de Damas. Des officiels aux officieux, jusqu'aux vétérans orphelins de la tutelle, y a pénurie de cirage et la brosse à reluire use ses poils à la vitesse grand V. Mais quelle marge de manœuvre peut avoir une classe politique quand un État voisin la tient par la barbichette ?Et comme beaucoup ne sont pas du genre à s'étouffer par un trop-plein de dignité, ils sont là à attendre Dieu sait quel feu vert qui viendrait leur clignoter le permis de gouverner. Alors pour faire patienter les gueux assoiffés de comprendre, ils leur sortent des trucs accessibles à leur cervelle de pingouin. Du genre, « Tous pourris, sauf moi », « État de droit et des...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut