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Doucement le Baas !

Le printemps est là, les fleurs bourgeonnent, les insectes bourdonnent... Et au milieu de la nature riante et du pépiement des oiseaux, quelques miasmes syriens parfumés à la poudre de canon. Depuis quelques jours, Deraa est transformée en ragoût lunaire par les bons soins des chars et des blindés remplis de surprises bariolées, qui déversent leur bronca sur une population dont le régime alimentaire oscille entre la poussière et la ferraille fondue.
Voilà donc un pays qui, depuis 40 ans, vit pépère sous la brique et la trique d'un parti calcifié. Assad père claquait des doigts, et il se ramassait tout ce que le barnum local pouvait produire comme spadassins biberonnés au Baas, en âge de taper des mains et de proposer leur âme et leur sang pour solde de tout compte. Bref un pays arabe normal, où la seule liberté était celle de fermer sa gueule, où les gens d'en bas étaient payés au lance-pierres, sans droits, sans retraite, sans syndicat, sans partis politiques... Le paradis, quoi !
Puis est venu le fiston. Au temps de sa période britishe, il présentait bien pourtant. Avec son complet veston, son allure frêle et sa petite moustache, il avait un look de gentleman farmer assez avenant. Rien à voir avec les hures d'assassins des gamins de Saddam ou de Kadhafi. Jusqu'au jour où papa Assad, qui s'apprêtait à déposer son extrait de naissance, l'appela aux affaires. Pour le petit, ce fut le cursus habituel des demi-dieux exotiques arabes : un score électoral digne des potentats africains, avec pour seul émule le Tunisien Ben Ali qui le dépassait dans la caricature avec ses 99 % de suffrages, des lunettes noires, des galons militaires express mais heureusement sans bimbeloteries sur le poitrail, enfin la méthode Assimil du « savoir-faire la gueule ».
Mais les temps sont durs et les conducators amateurs de viande fraîche de moins en moins nombreux. Y a qu'à regarder la carte : un barbu décrépi dans les Caraïbes, un bigleux à talonnettes à l'autre bout de la péninsule coréenne, et quelques vestiges archéologiques éparpillés entre l'Afrique et le monde arabe. Bigre ! La peste démocratique menace.
Y a plus qu'à attendre la secousse sismique à Damas... et la réplique simiesque qui la suivra à Beyrouth !

gabynasr@lorientlejour.com
Le printemps est là, les fleurs bourgeonnent, les insectes bourdonnent... Et au milieu de la nature riante et du pépiement des oiseaux, quelques miasmes syriens parfumés à la poudre de canon. Depuis quelques jours, Deraa est transformée en ragoût lunaire par les bons soins des chars et des blindés remplis de surprises bariolées, qui déversent leur bronca sur une population dont le régime alimentaire oscille entre la poussière et la ferraille fondue.Voilà donc un pays qui, depuis 40 ans, vit pépère sous la brique et la trique d'un parti calcifié. Assad père claquait des doigts, et il se ramassait tout ce que le barnum local pouvait produire comme spadassins biberonnés au Baas, en âge de taper des mains et de proposer leur âme et leur sang pour solde de tout compte. Bref un pays arabe normal, où la seule liberté était...
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