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Fantasmes niaiseux

Les Libanais sont passés maîtres dans l'art de l'esquive. Ça foire dans le planétaire ? Qu'à cela ne tienne, on opère une translation vers le terre-à-terre... Ainsi, il est de bon ton aujourd'hui chez les niaiseux d'espérer la mise sur pattes d'une équipe dite de « technocrates ». Comprendre : un trenteron d'hominidés imbuvables broutant peu ou prou auprès des mêmes tribus communautaires, mais en moins analphabètes. Ceux-ci n'auraient qu'une seule mission domestique : se pencher exclusivement sur les grandes et petites misères quotidiennes des gens. Holà, manants ! Attrapez ces bas morceaux et remerciez vos bons maîtres !
Manque de pot, le pays du Koullouna est dans une telle capilotade, que le plus petit dossier, même enfoui depuis des lustres dans un bas de laine au creux d'une caisse au fond du couloir, deuxième porte à gauche en sortant de l'ascenseur, nécessite de tirer les couteaux...
Un peu comme la mascarade sur peau de banane autour des privatisations. Agrippés aux canards boiteux du service public, certains « technos » ringards s'en iront pinailler sur les contrats et adjudications dans l'espoir sans doute de garder ces poubelles. Idem pour la réforme d'une administration-mangeoire livrée aux appétits voraces d'une brouettée de fonctionnaires feignasses, affublés pour tout diplôme d'un logo communautaire. Mauvaise graisse que de nos impôts nous payons à pantoufler. Au fait, pourquoi certains n'auraient pas tout ? Y en a qui n'ont rien. C'est la loi de l'équilibre.
Mais chut ! Pour l'heure, le Premier ministre désigné travaille. Depuis qu'il a succédé à Barbichu, champion toutes catégories du capitalisme saoudien pur dattes, lequel se repaît maintenant dans une digestion opposante autosatisfaite, Mikou est plongé dans une arithmétique épicière, comptant et recomptant des ministres réduits à l'état de croix et de croissants. Il finira bien par la former sa guirlande. Alors, patience, que diable ! Avant de sniffer ne serait-ce que quelques vapes de croissance, il ne nous restera plus qu'à dissoudre le tribunal spécial, récupérer Chebaa, Ghajar, les sept villages de Galilée, le Golan, les bords du Tibériade, Jérusalem... avant de déclarer la guerre à l'ensemble de la communauté internationale. La vie est belle, n'est-elle pas ?
C'était notre rubrique : « Le Liban est un pays d'avenir. »

gabynasr@lorientlejour.com
Les Libanais sont passés maîtres dans l'art de l'esquive. Ça foire dans le planétaire ? Qu'à cela ne tienne, on opère une translation vers le terre-à-terre... Ainsi, il est de bon ton aujourd'hui chez les niaiseux d'espérer la mise sur pattes d'une équipe dite de « technocrates ». Comprendre : un trenteron d'hominidés imbuvables broutant peu ou prou auprès des mêmes tribus communautaires, mais en moins analphabètes. Ceux-ci n'auraient qu'une seule mission domestique : se pencher exclusivement sur les grandes et petites misères quotidiennes des gens. Holà, manants ! Attrapez ces bas morceaux et remerciez vos bons maîtres !Manque de pot, le pays du Koullouna est dans une telle capilotade, que le plus petit dossier, même enfoui depuis des lustres dans un bas de laine au creux d'une caisse au fond du couloir, deuxième...
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