D'un côté, un diplomate chevronné, rigoureusement cartésien, qui a aiguisé son mental et élimé son futal au gré des missions qui lui ont été confiées ; de l'autre, un bas de caisse partisan, tendance Istiz Nabeuh, mais dont la tendance lutte avec le portefeuille ministériel et gagne.
Invariablement, à chaque fois que les deux hommes se retrouvent pour un brin de causette, c'est le gag devant les journalistes : Mister Ali annonce qu'il veut siphonner sur-le-champ le pétrole maritime virtuel en Méditerranée et, si possible, engloutir le gaz qui va avec, pendant que le diplomate au col amidonné l'envoie sur les roses en lui conseillant de négocier d'abord avec les Israéliens une délimitation des frontières exploitables. Bref, le dialogue du sourd-muet unijambiste et de l'aveugle cul-de-jatte.
Autant notre ministre au nom prédestiné répugne à tracer les frontières terrestres avec la Syrie, autant il est pressé de le faire en mer avec les voisins du Sud. Seulement voilà, il y a comme un petit testicule dans le consommé : avec les Hébreux, il ne veut pas négocier, mais il veut pomper le jus noir ; avec les frérots, il peut négocier, mais il va leur pomper l'air.
Ce qui fait que ce n'est pas demain la veille qu'on pourra biberonner les octanes de ce brut qui excite l'appétit des brutes. Une castagne qui tombe dans l'escarcelle du Basileus, le ministre sortant de l'Énergie, ce qui lui a donné l'occasion de jouer les utilités en se rendant aux arguments de sa collègue des Finances pour abaisser de 5 000 LL le prix de l'essence. Il lui devait bien ça, au rythme où l'EDL engloutit le fuel pour fournir le jus gratos aux alliés barbus de son beau-père...
Mais placé sous respiration artificielle, le gouvernement démissionnaire, plutôt que de se pencher sur des questions aussi terre à terre, est vraisemblablement trop occupé à faire du vent en nous servant son analyse fine sur les jacqueries d'Égypte et de Tunisie, la boucherie de Libye, la sauterie du Yémen ou encore le verbiage autiste des Occidentaux. L'appel du large, encore et toujours ! Faut croire que question carburants, les neurones de l'exécutif carburent eux aussi à tarif réduit.
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L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef