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En attendant Mikou

Étude anthropologique : le Libanais face aux crises régionales dont il n'a rien à braire. Sa république bananière n'a plus de bananes, son économie est mise à la diète, ses affaires courantes courent dans le néant intégral... et Nagib Mikou, qui a du temps à perdre, léchouille du 14 et du 8, entre deux génuflexions devant Michel de Sleimanie.
Encore heureux que Ban Ki-moon consent de temps à autre à nous balancer un os diplomatique, histoire de nous faire croire que le Liban est la pierre angulaire de l'architecture du Proche-Orient. Mais ça va ! On ne va pas beugler à tout-va que nous sommes la dernière bielle du train régional. Tant qu'à faire, autant prétendre qu'on en est la locomotive. On a le droit de rêver, non ?
Bon, ce n'est que partie remise pour le futur cabinet et le crêpage de moumoutes qui le précédera. Dire qu'il y a peu encore, le tenancier du Parlement, du haut de son perchoir qui lui colle aux miches depuis une vingtaine d'années, prédisait une gestation rapide des prochains lampions ministériels. Sans coups fourrés, ni coups tordus, qu'il délirait le Béribéri. On a les espoirs qu'on peut.
Révolte arabe ou pas, entente locale ou zut, ce n'est donc pas demain la veille que la nouvelle brochette verra le jour. Le Mikati mi-décati, tel un joueur de bonneteau, balance entre-temps ses combinaisons bidon qu'il jette en pâture aux gueux haletants : 24 technocrates diplômés ou 30 politiciens analphabètes ? Équipe resserrée ou équipage d'affamés ? Le suspense est insoutenable, surtout pour ceux qui ont gobé les promesses de champagne et de caviar de Barbichu et qui ont fini dans la tisane et les petits pois.
Mais le temps s'échauffe, et Orangina dont le dernier fantasme est d'engloutir la moitié des ministères surchauffe. Nagib Mikou, le grand champion du virage sur l'aile, le virtuose du tête à queue, n'était-ce pas dès le départ un grand malentendu ? Et l'Amer Michel qui s'en aperçoit seulement maintenant, un grand malentendant ?
L'Agrume de Rabieh proclame d'ailleurs devant sa claque que plus il pense à la situation du pays, plus il est inquiet. Évidemment, personne n'a encore osé lui dire qu'il n'a qu'à y penser moins souvent...

gabynasr@lorientlejour.com
Étude anthropologique : le Libanais face aux crises régionales dont il n'a rien à braire. Sa république bananière n'a plus de bananes, son économie est mise à la diète, ses affaires courantes courent dans le néant intégral... et Nagib Mikou, qui a du temps à perdre, léchouille du 14 et du 8, entre deux génuflexions devant Michel de Sleimanie.Encore heureux que Ban Ki-moon consent de temps à autre à nous balancer un os diplomatique, histoire de nous faire croire que le Liban est la pierre angulaire de l'architecture du Proche-Orient. Mais ça va ! On ne va pas beugler à tout-va que nous sommes la dernière bielle du train régional. Tant qu'à faire, autant prétendre qu'on en est la locomotive. On a le droit de rêver, non ? Bon, ce n'est que partie remise pour le futur cabinet et le crêpage de moumoutes qui le...
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