Trop facile d'exiger du vieux Hosni honni de débarrasser le plancher. Encore faut-il glaner parmi les margoulins qui l'entourent, le dictateur bouche-trou qui viendra le dégoupiller. Certes, le Génie des Carpates pharaoniques n'a pas le profil « bal des petits Lits blancs » ou « chanteur à la Croix de bois ». Il a gouverné comme on le lui a toujours appris : une caserne, une police politique, un chef. Pour le reste, le brave homme a suivi le parcours fleuri de tous les nababs du voisinage : parano monomaniaque de la sécurité, opposition transformée en hachis parmentier et vernissage permanent de ses portraits sur le thème « Ma binette partout ».
Finalement, on a vraiment du pot de vivre au Proche-Orient. Y a qu'à regarder la carte : une belle brochette de pays, pour certains gorgés de brut, mais tous dirigés par des brutes, parangons de la modernité, de la démocratie et de l'alternance politique. Des militaires, des fils de militaires, des copains de militaires, et pour les civils, une pelletée de roitelets de droit divin et de princes sans rire. Alors forcément, quand la population grogne, ils cognent. Bigre ! La peste démocratique menace...
Et puis, il y a cette constante culturelle, quasi génétique chez les chefs d'État du coin : plutôt crever que de partir ! Ou alors jusqu'au lâcher final de sphincters !
Certes, les Arabes doivent choisir eux-mêmes leurs dirigeants. Mais que peut-on s'ils les choisissent comme ça ?
Seront bien attrapés les Occidentaux, le jour où le prochain pharaon issu de l'armée leur refera le coup des 99,3 %. Comme quoi, il suffit de peu pour qu'une Grande Muette devienne une petite bavarde.
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