Rechercher
Rechercher

Du balai !

Onze ministres d'un coup ! Et par la même occasion, les autres qui débarrassent le plancher ! Ce ne sont plus des soldes, mais une braderie pur jus. Naguère, le pays avait bien flotté six mois durant sans chef de l'État, végété un semestre entier sans Parlement. Alors perdre un gouvernement au-dessous du niveau de la mer, dont les ministres de toute façon ne pouvaient se blairer ni au propre ni au figuré, y a pas vraiment de quoi fouetter une chatte.
Ne jamais oublier que les Libanais ont le bonheur facile. Quand il y a trente ans le pays barbotait dans la mouise guerrière, le bipède local de base se tapait un orgasme dès le retour du courant électrique. À juste titre d'ailleurs, puisque la jouissance était brève, à la mesure de la lumière prostatique qui, à l'époque, était dispensée.
« C'est notre tour pour l'eau », bêlaient aussi les imbéciles heureux quand les robinets se mettaient à gargouiller puis à dégurgiter le liquide innommable.
Vive le progrès ! Aujourd'hui, notre bonheur est tributaire d'un nouveau gouvernement. En guise de mise en bouche, on pourra déguster à nouveau le même cirque gesticulatoire : la guirlande flétrie des députés pour la causette obligatoire au Château de Sleimanie. Tous affalés dans des fauteuils, les bras ballants, aucun dossier en main.
Un pays entier est là, béat et godiche, haletant de savoir : si Barbichu va rempiler ou si l'on nous sortira un nouveau cobaye de derrière les fagots ; si les prochains ministres du Hezbollah seront rasés de près et cravatés ;
si Istiz Nabeuh va encore se goinfrer de ministères juteux et dans quelle proportion... Bref, rien que du planétaire !
En attendant, les querelles de clochers et de minarets sont à nouveau de saison, pendant que les budgets des ménages sont coupés à la hache, que l'État est mis à la diète et que le pays vagit sous le poids de la crise. Puis, comme d'habitude, les grands principes finiront dans le grand partage. À chacun sa banane et la République sera bien gardée.
On racontera un jour que toute l'histoire de ce pays n'aura été qu'un long bâillement.

gabynasr@lorientlejour.com
Onze ministres d'un coup ! Et par la même occasion, les autres qui débarrassent le plancher ! Ce ne sont plus des soldes, mais une braderie pur jus. Naguère, le pays avait bien flotté six mois durant sans chef de l'État, végété un semestre entier sans Parlement. Alors perdre un gouvernement au-dessous du niveau de la mer, dont les ministres de toute façon ne pouvaient se blairer ni au propre ni au figuré, y a pas vraiment de quoi fouetter une chatte. Ne jamais oublier que les Libanais ont le bonheur facile. Quand il y a trente ans le pays barbotait dans la mouise guerrière, le bipède local de base se tapait un orgasme dès le retour du courant électrique. À juste titre d'ailleurs, puisque la jouissance était brève, à la mesure de la lumière prostatique qui, à l'époque, était dispensée. « C'est notre tour pour...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut