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Assange l’archange

Faut-il être vraiment niaiseux et ramolli du bulbe pour s'exciter de la sorte devant le confettis des papyrus de WikiLeaks. Depuis deux semaines, petites gens d'en bas et vieux croûtons d'en haut palpitent de tous leurs orifices à l'idée de découvrir ce que racontent diplomates et espions aux gratte-papier et autres ronds-de-cuir de leurs administrations respectives.
Plus de 250 000 fiches que les médias nous ont tartinées en long, en large et en travers, évoquant toutes les grosses courges de la planète, des tas d'infos confidentielles échangées en catiminette entre les services diplomatiques, des cancans secrets siphonnés, des ambassades piratées, des James Bond qui ont codé des câbles classés top secret, le tout transmis via des circuits aussi sophistiqués que biscornus... Tout ça pour apprendre quoi ? Que Barbichu et le Signoret sont... contre l'implantation. Édifiant !
Julian Assange n'avait vraiment pas besoin de se fouler la rate : tous les pompistes de Ras Naqoura à Kornet el-Saouda le savaient depuis lulure... Le scoop est d'autant plus instructif que la greffe palestinienne chez nous s'annonce durable !
Sinon, l'hurluberlu nous annonce que Abdallah Ben Abdel-Zizou d'Arabie est sectaire et ne peut pas encadrer la trombine du Chah persan Ahmadinejad, que Nicolas Sarkozy est irascible et autoritaire, que Silvio Berlusconi est vaniteux et partouzeur, que Kadhafi est dictateur et grimpe aux rideaux avec sa gourgandine ukrainienne. Curieusement en revanche, pas un mot sur Nabih Berry. Il pourra ainsi mesurer son influence.
Pourtant, que d'échanges débiles dans les salons de Beyrouth où l'on cause ! Les plus frappés des animateurs prennent soudain des airs de conspirateurs inspirés : « Justement, j'allais vous appeler, j'ai des infos. Figurez-vous que, selon un document, le chien du concierge du boucher de ma cousine, qui habite la banlieue sud, fait caniveau commun avec celui de la tante du beau-frère de la nourrice d'un des faux témoins. C'est fou ce que ça raconte, des odeurs d'urine. En tout cas, sachez que le chien est prêt à témoigner. »
Brave Winston Churchill, qui disait : « Puisque l'intelligence de l'homme a des limites, pourquoi faut-il que sa bêtise n'en ait pas ! »

gabynasr@lorientlejour.com
Faut-il être vraiment niaiseux et ramolli du bulbe pour s'exciter de la sorte devant le confettis des papyrus de WikiLeaks. Depuis deux semaines, petites gens d'en bas et vieux croûtons d'en haut palpitent de tous leurs orifices à l'idée de découvrir ce que racontent diplomates et espions aux gratte-papier et autres ronds-de-cuir de leurs administrations respectives. Plus de 250 000 fiches que les médias nous ont tartinées en long, en large et en travers, évoquant toutes les grosses courges de la planète, des tas d'infos confidentielles échangées en catiminette entre les services diplomatiques, des cancans secrets siphonnés, des ambassades piratées, des James Bond qui ont codé des câbles classés top secret, le tout transmis...
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