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On passe les plats...

Depuis les années 60 au siècle dernier, les Libanais en auront vu passer des demi-dieux exotiques. Du fanfaron Nasser au roitelet d'Assadie, en passant par Kadhafi master ès-lubies de Libye, puis le hâbleur Arafat, jusqu'à un conquistador hébreu affublé d'un nom de paquet de lessive... À chaque fois, le guignol du moment avait droit à une communauté locale qui lui passait les plats avant de s'étaler à ses pieds, jouant les rase-moquette.
Dans la grande série « Coucou, la voilà » chère aux exhibitionnistes, la visite choc de la semaine aura incontestablement été celle de ce fervent humaniste d'Ahmadinejad. Un excité comme on les aime, rigolo au dernier degré : les mauvaises langues racontent que chaque année à son anniversaire, il envoie un message de félicitations à sa mère ! Bref, c'est au tour des chiites maintenant de manier le plumeau.
Virée polie chez Michel de Sleimanie, on aurait dit le roi des Belges en visite de courtoisie : moulinette diplomatique sur la stabilité locale et régionale, le processus de paix et naninanère... Certes, le tenancier du Château ne l'a pas fait fléchir. Disons qu'il a tenté de le faire réfléchir un peu, ce qui en soi était déjà énorme.
Puis changement de ton quelques kilomètres en contrebas, où le chah persan retrouvait les siens. La tournée de Jésus en Galilée ! Le rêve, le nirvana, le pied... et l'imagination qui s'emballe : une petite villa avec jardinet sur les contreforts de la banlieue sud, un canon antiaérien sur le toit, des missiles nucléaires à perte de vue, et des pasdaran ruraux qui gambadent autour. Ubu continue de frapper...
Avec son habituelle langue de bois débitée à la scie, le génie des Carpates iraniennes s'est brusquement découvert pur-sang arabe. Et en quelques citations simili-religieuses, les deux tiers des bipèdes qui peuplent la planète se sont du coup retrouvés dans la poubelle des mécréants. Visiblement, il a la sourate qui se dilate, le président barbu.
Non content d'encourager les Palestiniens à s'expédier au paradis des 70 vierges, notre bonhomme remet ça avec les Libanais. Tant que c'est pas lui qui va au casse-pipe... Ses partisans locaux lui ont quand même fait un triomphe. Avec des pensées puissantes comme celles-là, ils auraient même acclamé un réverbère !
Trop facile aussi : mourir pour ses idées ne prouve pas qu'elles soient bonnes ■

gabynasr@lorientlejour.com
Depuis les années 60 au siècle dernier, les Libanais en auront vu passer des demi-dieux exotiques. Du fanfaron Nasser au roitelet d'Assadie, en passant par Kadhafi master ès-lubies de Libye, puis le hâbleur Arafat, jusqu'à un conquistador hébreu affublé d'un nom de paquet de lessive... À chaque fois, le guignol du moment avait droit à une communauté locale qui lui passait les plats avant de s'étaler à ses pieds, jouant les rase-moquette. Dans la grande série « Coucou, la voilà » chère aux exhibitionnistes, la visite choc de la semaine aura incontestablement été celle de ce fervent humaniste d'Ahmadinejad. Un excité comme on les aime, rigolo au dernier degré : les mauvaises langues...
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