Rechercher
Rechercher

Habemus bordelum !

On s'était dit que le laboratoire s'est quelque peu assagi, qu'il s'est habitué à une certaine forme bancale de stabilité, aux horaires fantasques de production, aux poussées d'adrénaline un peu plus espacées. Puis bernique ! Nous y revoilà : redistribution de cartes, de turbans, de soutanes, et l'on se retrouve sunnites, chiites et chrétiens gros clans comme devant.
Le plus cocasse, c'est qu'en même temps on s'instruit ! Incroyable mais vrai : on vient d'apprendre ainsi qu'à Damas, il existe un pouvoir judiciaire indépendant du pouvoir politique. Faut pouvoir le dire sans éclater de rire. On a déjà vu des arrêts cardiaques pour beaucoup moins que ça.
Des années durant, on a pensé que là-bas il n'y a que des juges gratte-papier, dont on ne peut tracer le portrait qu'avec une gomme, qu'ils sont bouffés par des ronds-de-cuir galonnés et mégalos, concentrant en eux toutes les boursouflures de l'ego théâtral. Bref, une justice qui, si elle ne va pas jusqu'à recevoir d'instruction du pouvoir en place, ne rate pas en revanche l'occasion d'aller au-devant de ses moindres désirs.
Puis sont venus les mandats d'arrêt, et... Barbichu qui tombe du cocotier !
Faut quand même rendre justice au baron de Koraytem. Depuis que le tsar Assadovich a décidé de lui faire sa fête, il ne moufte plus. Bon, il laisse bien échapper un petit gaz rageur de temps à autre, mais pour l'essentiel, il regarde passer les trains. Forcé d'attendre que les Syriens sortent le lapin de leur chapeau, cet homme pourtant pétri de certitudes a le sentiment tenace de pédaler dans le cirage. Alors plutôt que de faire n'importe quoi, pour le moment il ne fait rien. Il est passé de Dieu le Père à Dieu le pépère. Comme le temps passe ! Adieu les croisades, bonjour les bras croisés...
Question TSL, les Syriens quant à eux ont planqué leurs miches depuis longtemps. Dès le départ, les sous-fifres du Baas avaient gentiment expliqué aux enquêteurs internationaux leur concept de la « justice de proximité ». Une sorte de « Head & Breakfast » où le tarif est à la tête du client. Sauf qu'à l'époque, selon eux, Rafic Hariri avait été tué à l'insu de leur plein gré et que de toute façon s'ils ont menti, c'était de bonne foi.
Si fait que dans toute cette histoire, c'est le gouvernement libanais qui se retrouve à poil. Quand on pense aux 30 neurones qui s'échappent chaque semaine de 30 cerveaux réunis en Conseil des ministres... En tout cas, Michel de Sleimanie, lui, a compris le truc : à chaque fois que ses clampins butent sur un sujet qui fâche, il ajourne la castagne. À ce train, il finira bien par entrer dans le Guinness Book des Reports ■

gabynasr@lorientlejour.com
On s'était dit que le laboratoire s'est quelque peu assagi, qu'il s'est habitué à une certaine forme bancale de stabilité, aux horaires fantasques de production, aux poussées d'adrénaline un peu plus espacées. Puis bernique ! Nous y revoilà : redistribution de cartes, de turbans, de soutanes, et l'on se retrouve sunnites, chiites et chrétiens gros clans comme devant. Le plus cocasse, c'est qu'en même temps on s'instruit ! Incroyable mais vrai : on vient d'apprendre ainsi qu'à Damas, il existe un pouvoir judiciaire indépendant du pouvoir politique. Faut pouvoir le dire sans éclater de rire. On a déjà vu des arrêts cardiaques pour beaucoup moins que ça. Des années durant, on a pensé que là-bas...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut