Autre absent des regards, autre nostalgie : Sayyed Barbu, qui nous avait pourtant habitués aux apparitions télévisées théâtrales, assorties d'effets de manche et de turban sur fond d'obsession anti-israélienne et de parano antiaméricaine guignolesques.
C'est fou comme dans ce pays il suffit de peu de choses pour semer la poisse. Une semaine durant, le Libanais de base, doté d'une intelligence de base, aura vécu au rythme des vapeurs de cette classe politique andropausée, le cœur au triple galop au milieu de l'hystérie des fan clubs et autres seconds couteaux des uns et des autres, pour finalement se faire renvoyer cou-couche panier dès que les patrons ont repris langue et que leur pouls est revenu à la normale.
Un qui doit bien se marrer, c'est Michel de Sleimanie, obligé à chaque crise d'inviter, l'un après l'autre, les margoulins officiels pour un brin de causette au Château et tenter de faire redémarrer la laverie des cœurs chère à son prédécesseur Émile Ier. Quelle idée ! C'est un peu comme demander à Mohammad Raad de s'inscrire à la Ligue des droits de l'homme ou à Nasser Kandil d'aller en week-end initiatique avec le dalaï-lama.
Entre ceux qui tressent des lauriers à Abdallah ben Abdel-Zizou d'Arabie, ceux qui jouent les rase-moquette devant Bachar d'Assadie et ceux qui se consument d'amour pour le chah persan semi-barbu, les deux camps rivaux ne sont pas sortis de l'auberge. Quelles sont leurs vraies intentions ? Il serait bon qu'ils les précisent sans trop tarder, avant que la rumeur ne vire à la tumeur.
Bref, encore une semaine pour rien ! Ni budget, ni électricité, ni projets de développement... et une dette en érection préfigurant un priapisme inflationniste durable. À ce régime, l'automne passera vite, et d'ici à l'hiver, les feuilles de Taëf et Doha s'en iront rejoindre leurs consœurs pour égayer la saison des feuilles mortes.
C'est bon de se sentir gouverné ■
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